Cela fera bientôt quatre ans que ChatGPT, qui a popularisé l’intelligence artificielle générative, existe. Et, progressivement, l’impact que la technologie aura sur l’emploi se précise. L’apocalypse de l’emploi que certains avaient prédit n’a pas (encore) eu lieu, car l’effet de l’intelligence artificielle sur les embauches se fait ressentir plus lentement. Dans une étude sur le sujet, Anthropic, l’un des principaux concurrents d’OpenAI, expliquait que l’impact de l’IA ne serait pas brutal, comme celui du COVID-19, mais progressif, comme l’impact de l’arrivée d’internet ou le commerce avec la Chine sur l’emploi (cet impact pourrait donc nous échapper dans l’immédiat).
Cette théorie semble être soutenue par Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international. Selon CNBC, lors d’un panel, celle-ci a parlé de “tsunami”. Néanmoins, ce serait un “tsunami à déplacement lent”. Georgieva a aussi prévenu que les premières personnes qui devraient s’inquiéter sont les jeunes diplômés. “Normalement, ils commenceraient par ces emplois routiniers et répétitifs, puis graviraient les échelons”, a-t-elle expliqué.
Pour rappel, en 2024, le FMI avait déjà donné un chiffre. D’après celui-ci, 40 % des emplois dans le monde devraient être affectés par l’intelligence artificielle. Dans les économies avancées, ce taux serait de près de 60 %, tandis que dans les pays à faibles revenus, il serait plutôt de 26 %. Ces emplois concernés pourraient, un jour, être “augmentés (ndlr, assistés par l’IA), déclassés ou supprimés.”
Le travail de l’IA nécessite de moins en moins d’intervention humaine
En tout cas, la technologie a déjà énormément évolué depuis 2022. Et ses capacités continuent d’augmenter à chaque fois qu’une nouvelle génération de modèles sort. Aujourd’hui, on a accès à des agents d’intelligence artificielle qui sont capables d’accomplir des tâches complexes (ou même de la recherche scientifique) de manière quasi autonome. Et OpenAI, en testant les performances d’un modèle d’IA qui n’est pas encore sorti, a résolu des centaines de problèmes mathématiques ouverts. Et Anthropic, en faisant analyser une quantité massive de données, a réussi à identifier une technologie qui pourrait avoir des fonctions similaires à celles de CRISPR.
Récemment, Mistral a aussi lancé un modèle de pointe dont les performances sont comparables à celles des meilleures IA chinoises. Et, dans une interview avec France Inter, le patron de la startup française, Arthur Mensch, a expliqué que la nouvelle IA Mistral Large 4 est capable d’accomplir des tâches qui durent plusieurs heures, lorsqu’on lui donne un objectif. Et l’entreprise prévoit déjà de développer un modèle encore plus puissant, qui devrait être capable de produire des résultats similaires à ceux d’OpenAI en mathématiques. Dans cette interview, le patron de Mistral a également prévenu que, dans les cinq années à venir, les métiers vont profondément changer.
L’IA booste la croissance économique, mais à qui profitera-t-elle ?
Notons qu’Anthropic a déjà essayé de modéliser l’impact que l’IA aura sur l’économie américaine et sur l’emploi, en fonction de la façon dont la technologie va évoluer dans les prochaines années (d’ici 2030). Dans le scénario où il n’y aurait qu’une modeste contribution de l’IA à la croissance du PIB américain, il y aurait aussi très peu de déplacements d’emplois dus à l’intelligence artificielle.
En revanche, dans le scénario “extrême”, dans lequel la taille de l’économie américaine doublerait tous les 4,5 ans, l’impact sur l’emploi serait également maximal. “En tant que société, nous sommes bien plus riches que jamais, mais beaucoup moins de travailleurs occupent des emplois dans le domaine du savoir, et le chômage a dépassé les niveaux habituels en période de récession”, lit-on dans la description de ce scénario extrême.
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