Alors que 64% des Français rapportent toujours recevoir des appels indésirables cachés derrière un numéro inconnu ou masqué, un rapport de l’Arcep donne un avertissement aux opérations de démarchage téléphonique abusif. Cette technique aussi vieille que l’intégration d’une trame aux appels transmettant des métadonnées comme le numéro de l’appelant ne semble plus du tout favoriser le décrochage des personnes visées.
Il faut dire que le volume de ces appels n’a, semble-t-il, fait qu’augmenter ces dernières années, avec à l’autre boit du fil 24% des démarchés affirmant recevoir ce genre d’appels “tous les jours” quand 25% révèlent recevoir ce genre de démarchage sous forme de SMS tous les jours ou presque. L’Arcep souligne que 27% des personnes sondées voient cette pratique comme l’une des plus agaçantes.
Le démarchage téléphonique classique ne semble plus très efficace
Or, les intéressés ne sont plus très réceptifs à ce genre de pratiques. Car à en croire l’étude, 33% des sondés ne répondent “jamais à ces appels”, quand 32% disent le faire “rarement” et 27% seulement “parfois” – soit un total de 92% qui ne décrochent généralement pas lorsque le numéro de l’appelant est inconnu. La statistique n’est pas nouvelle, mais ce qui ressort de positif, c’est que le chiffre est en hausse de 2 points d’une année sur l’autre.
De quoi contribuer à une fatigue, des émetteurs de ce genre de communications ? Sans doute : 54% des personnes recevant ces appels bloquent ensuite le numéro. Tandis que 30% recherchent ensuite le numéro sur Google pour savoir s’il s’agit de spam plutôt que de rappeler. En conséquence, le nombre de fraudes rapportées par les sondés est en baisse : 60% en 2023 contre 65% en 2022. L’étude semble également pointer le début d’une baisse en fréquence de ces appels.
Les opérateurs, mais aussi les fabricants de téléphones, contribuent à rendre la pratique moins rentable pour les commanditaires. On trouve pêle-mêle des applications comme Orange Téléphone, ou les solutions natives intégrées sur iPhone, Samsung Galaxy ou les Google Pixel, entre autres. Reste à savoir ce qui pousse encore des acteurs à opter massivement pour ce genre de démarchage – de plus en plus lourdement encadré, et hors la loi dans de nombreux cas.
D’autant que d’autres formes de communication abusives émergent également du côté des applications de messagerie alternatives, notamment WhatsApp – où des fraudeurs, ajoutent des listings entiers à des groupes pour mieux vendre des conseils financiers douteux, ou mener des arnaques pyramidales, entre autres.
- Une étude de l’Arcep montre que le démarchage téléphonique soulève de nouveaux comportements de la part des abonnés.
- Une proportion grandissante ne répond plus à ces appels, quand il ne s’agit pas de bloquer carrément le numéro en question.
- Opérateurs et fabricants de smartphones mettent à disposition des solutions de plus en plus efficaces pour signaler et bloquer les numéros inconnus.
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Une solution très simple pour remédier à ce fléau serait d’augmenter le coût des nouveaux numéros de téléphone. La technique de ces sociétés de démarchage (qui travaillent pour de nombreux clients souvent) depuis quelque temps est de changer très souvent de numéro de façon à ne pas être bloqué et qu’une recherche sur Google ne dise pas que le numéro est du démarchage.
Si la création d’un nouveau numéro leur coûtait plus cher, tout leur business model s’effondrerait. Ils seraient contraints de garder leurs numéros plus longtemps et pourraient donc plus facilement être bloqués.
S’il y avait une vraie volonté politique, Bloctel fonctionnerait et le problème serait réglé depuis des années. Comme ça touche à des enjeux économiques, la nuisance du démarchage téléphonique est secondaire.