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Les Français n’ont jamais fait aussi peu l’amour : les coupables sont connus

Il y a de nombreuses raisons pour expliquer ce désintérêt, mais le numérique n’y est pas étranger.

« Sur les applications de rencontre, on a l’impression que les hommes sont en surnombre, et je pense que ce n’est pas qu’une impression. » Jérémie ne cache pas sa déception quant à ces services qui étaient jadis présentés comme la solution idéale pour multiplier les expériences. Ses propos illustrent en tout cas l’impact du numérique sur nos vies privées et une tendance sociétale bien plus profonde.

Les Français font de moins en moins l’amour

D’après un récent sondage réalisé par l’Ifop, 43 % des Français seulement font l’amour au moins une fois par semaine. Cette proportion est en chute de 15 % par rapport à 2009. Cette évolution est encore plus marquée chez les jeunes. Ainsi, 30 % des 18-24 ans n’ont pas eu de rapport sexuel l’an dernier.

Ce constat ne semble d’ailleurs pas forcément être un problème pour bon nombre d’entre eux, même si 60 % des hommes font part d’une souffrance liée à cette nouvelle donne, contre seulement 30 % des femmes.

Les applications de rencontre accusées

Pour expliquer ce changement sociétal, les applications de rencontre sont souvent citées en exemple. Citée par nos confrères du journal espagnol El Periodico, Aurore Malet-Karas, docteure en neurosciences et thérapeute pour couples, souligne ainsi :

La drague est devenue une activité désagréable. Sur ces applis, il y a dix hommes pour une seule femme, ce qui engendre de la frustration de part et d’autre.

D’ailleurs, le fait que les rencontres soient considérées comme éphémères sur certains services peut parfois influer sur la qualité des rapports intimes, ce qui est de nature à générer encore plus de déception.

Cette souffrance que nous avons mentionnée plus haut est aussi finement exploitée par certains influenceurs d’extrême droite français qui surfent sur la vague pour vendre leurs idées réactionnaires.

La pornographie pointée du doigt

Parmi les autres tendances, l’accès facilité et massif à la pornographie semble également jouer un rôle dans cette diminution des rapports intimes. Diverses études ont d’ailleurs montré comment les jeunes et les adultes qui consomment massivement ces contenus peuvent éprouver une lassitude dans le cadre de rencontres réelles ou au contraire avoir des attentes irréalistes qui ne se concrétisent jamais.

Quand “Netflix & chill” oublie le chill

Toujours selon une enquête de l’Ifop, 31 % des Français auraient déjà évité un rapport sexuel au profit d’autres loisirs tels que regarder une série sur une plateforme de streaming, jouer à des jeux vidéo ou scroller leurs réseaux sociaux.

Ce niveau monte même à 50 % des jeunes hommes qui ont préféré regarder un contenu sur Netflix plutôt que de faire l’amour, contre 41 % des jeunes femmes. En clair, le “Netflix & chill” qui désigne une soirée de détente qui démarre par du streaming et se termine de manière coquine, accuse le coup.

Plusieurs études ont par ailleurs montré comment l’omniprésence des écrans dans nos foyers a tendance à réduire les relations sexuelles et l’intimité au sein d’un couple. Passer du temps devant nos smartphones, ordinateurs, télévisions et tablettes aurait un effet direct direct sur le désir.

Si, comme nous l’avons vu plus haut, ces évolutions génèrent des regrets chez certains, il ne faudrait pas dramatiser la situation. Comme l’expliquait François Kraus, directeur du pôle “Genre, sexualités et santé sexuelle” de l’Ifop en début d’année, nous sommes entrés dans « un nouveau cycle où la contrainte à avoir une vie sexuelle pour se faire “plaisir” ou “comme tout le monde” se fait moins forte ».

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4 commentaires
4 commentaires
  1. Bah ! Ça fait quand même longtemps qu’on se reproduit sans y réfléchir… Comme si il y avait urgence pour la planète !
    Maintenant qu’on voit où ça nous mène il est peut-être temps de ne plus se conduire comme des animaux. Ce qui n’empêche en rien les bons plans et les belles histoires. Le reste c’est du commerce d’États.

  2. Dans l’article, vous omettez un détail qui induit pourtant un changement de comportement assez significatif : les sex-toys. Les femmes ont désormais inclus cet accessoire au quotidien et consomme désormais du plaisir à la demande en excluant toute contrainte préalable Résultat, certaines sont très loin d’être à la recherche d’un homme qu’il faut séduire et savoir garder en multipliant les concessions.
    L’époque étant au consumérisme exacerbé, la priorité est de satisfaire son désir immédiatement avec un minimum d’effort. Reste, la reproduction, mais même là, ce n’est pas les moyens qui manquent pour se passer du monsieur et de son service .trois-pièces.
    On est bien loin des années 80′ avec ses rencontres débridées.
    De quoi déprimer n’importe quel démographe.
    ..

    1. Les sextoys existent aussi pour les hommes. Et sont très souvent aussi utilisés en couple.
      Le fait que les femmes ont moins envie de se faire chier à trouver un homme c’est peut être parce que la plupart des hommes sont des gros cons qui essaient de les forcer quand elles ont pas envie. (Et c’est un homme qui te dit ça)

    2. @Gruff, je suis totalement de votre avis, je n’aurais pas dit mieux et vraisemblablement moins bien. 🙂
      “L’époque étant au consumérisme exacerbé, la priorité est de satisfaire son désir immédiatement avec un minimum d’effort.”. En effet.

      Peut-être aussi envisager l’attractivité de la sexualité. Arts majeurs, arts mineurs et, pareillement, plaisirs majeurs et mineurs ? Fut une époque, décennies 70 et 80, où la libération sexuelle apparut comme une fontaine de jouvence, nous avions encore la mentalité des choses établies et ordonnées, notamment dans le rapport homme-femme (et pas forcément pour le meilleur tant les “gros cons” subsistent encore de nos jours), mais en même temps nous abordions puis vivions une véritable libération, celle des mœurs. Faut croire qu’on s’y est mal pris tant cette libération, une fois acquise, n’aura pas abouti à ce que l’on pouvait en espérer, le sexe reste une problématique, sociologique et à l’occasion individuelle. Comme quoi la libération, si nécessaire, n’est pas suffisante. Peut-être que, comme le chante Gainsbourg, “le sexe est sans issue”, à savoir qu’envisagé comme finalité addictive en fait une source de consommation comme une autre. Comme une autre, ainsi non plus un plaisir majeur mais mineur, comme la bouffe, le sport et que sais-je encore ? Vrai que dans un monde conçu comme source de plaisirs de consommation la sexualité a de sacrés concurrents : argent, gloire et beauté, en somme tout ce qui permet de paraître plutôt que d’être.
      Meilleurs vœux d’épanouissement à toutes et à tous.

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