Passer au contenu

Les selfies tuent toujours et il faut arrêter de blâmer les victimes

Les selfies tuent ou blessent de nombreuses personnes chaque année. Pour un groupe de chercheurs, il faudrait arrêter de blâmer les victimes et considérer les selfies dangereux comme un problème de santé publique.

Pour de nombreux utilisateurs de smartphones, prendre un selfie fait partie du quotidien. Et si le fait de se prendre en photo n’a rien de mauvais, certains sont prêts à tout pour prendre le selfie parfait, quitte à risquer leur vie. Chaque année, des gens meurent en prenant des selfies. Et s’il est difficile d’avoir des données exactes, des chercheurs se sont déjà penchés sur le sujet. Une étude estime, par exemple, qu’entre janvier 2008 et juillet 2021, 379 personnes sont décédées en prenant un selfie. Il existe également une page Wikipédia qui liste les blessures et les décès liés aux selfies qui sont évoqués par la presse.

Le dernier incident listé sur cette page Wikipédia remonte à juin 2024. Au Mexique, une femme aurait pris un selfie trop près d’un rail, et a été percutée par une locomotive. En mai 2024, aux États-Unis, un ado de 17 ans s’est tiré une balle dans la tête alors qu’il prenait une vidéo pour les réseaux sociaux. Et en avril, au Royaume-Uni, deux universitaires se seraient noyés après être tombés dans une rivière, en voulant prendre un selfie.

Un problème de santé publique ?

En substance, de nombreuses personnes décèdent en voulant prendre des selfies, généralement pour poster la photo sur les réseaux sociaux. Mais pour Samuel Cornell, Amy Peden et Rob Brander, chercheurs à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, il faudrait une nouvelle approche. “Les médias présentent souvent les personnes impliquées dans des incidents de selfie comme étant stupides ou égoïstes”, expliquent-ils dans un article publié sur The Conversation, en 2023. Mais pour ceux-ci, il faudrait arrêter de juger ou blâmer les victimes, ce qui serait contre-productif, et considérer les selfies dangereux comme un problème de santé publique.

Concrètement, l’approche consiste à traiter ce problème de la même manière qu’on a traité le fait de conduire sans attacher sa ceinture, le fait de conduire un vélo sans casque, le tabac, ou la consommation excessive d’alcool. Les chercheurs expliquent qu’il s’agit de choses qui étaient auparavant normales, mais qui sont aujourd’hui considérées par la société comme risquées, grâce à la sensibilisation.
En plus des avertissements qu’on peut placer sur les lieux dangereux pour prendre des selfies, les chercheurs suggèrent qu’il faudrait également des messages qui s’affichent sur les applications pour smartphones, au moment où l’utilisateur s’apprête à prendre sa photo dans une zone risquée.

  • Une étude indique que 379 personnes sont mortes en prenant un selfie entre janvier 2008 et juillet 2021
  • Il existe aussi une page Wikipédia qui liste les décès et les blessures liés aux selfies (le dernier incident listé remonte à juin 2024)
  • Pour un groupe de chercheurs, il faudrait arrêter de blâmer les victimes et considérer ces selfies dangereux comme un problème de santé publique

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech

4 commentaires
4 commentaires
  1. La connerie devrait aussi être considérée comme un problème de santé publique alors. Il faudrait arrêter deux minutes de chercher à déresponsabiliser toutes les personnes qui font n’importe quoi. À un moment donné, quand tu cherches à faire un selfie pour faire des vues, te la péter, etc. et que tu en meurs, c’est que tu es con.

    1. Ah ben merci, enfin un peu de bon sens! C’est vraiment à la mode le “personne est responsable de rien” c’est un délire… ” Oh mais c’est pas sa faute s’il est violent, il a pas été aimé étant petit” ” Oh mais c’est pas sa faute s’il boit au volant, sa femme l’a quitté”… Tu m’étonnes qu’on vive avec autant de tarés autour de nous, rien n’est jamais leur faute…

Les commentaires sont fermés.