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Les smartphones Android menacés ? Le clash entre Arm et Qualcomm s’intensifie

Quand les géants des puces électroniques s’affrontent, c’est l’avenir des smartphones Android qui est en jeu.

Le conflit entre ARM et Qualcomm prend une nouvelle dimension ; ARM menace de révoquer la licence de conception de ses processeurs pour reprendre le contrôle sur l’utilisation de sa technologie. Qualcomm pourrait perdre l’accès aux droits de propriété intellectuelle nécessaires pour concevoir des puces basées sur l’architecture ARM. Ce qui est important de comprendre ici, c’est que Qualcomm a besoin de cette licence pour pouvoir légalement concevoir et vendre ses puces mobiles Snapdragon, qui sont fondés sur cette architecture.

Sans cette dernière, l’entreprise américaine n’aurait plus le droit d’utiliser les technologies brevetées d’ARM pour créer de nouvelles puces. Cette décision pourrait avoir des répercussions majeures sur l’industrie des smartphones Android, dont la très grande majorité utilise justement des puces Snapdragon.

Une bataille juridique entre deux soeurs

Le géant britannique ARM a adressé à Qualcomm un préavis de 60 jours pour mettre fin à leur accord de licence. Cette décision fait suite à l’acquisition par Qualcomm de la startup Nuvia en 2022, une opération qui aurait dû s’accompagner d’un renouvellement des accords de licence si l’on en croit ARM. Ce dernier exige même la destruction des designs développés par Nuvia, estimant que leur propriété intellectuelle ne peut être transférée sans son autorisation.

De son côté, Qualcomm rejette catégoriquement ces accusations. Un porte-parole de l’entreprise de San Diego a même qualifié cette démarche de « tentative de perturbation du processus juridique » et d’« intimidation envers un partenaire de longue date ». Le fabricant américain maintient que ses accords actuels couvrent déjà les opérations de Nuvia et ses nouveaux processeurs Oryon. Un sacré sac de nœuds.

Un bras de fer aux enjeux considérables

L’issue de ce conflit pourrait bouleverser l’industrie mobile. Si aucun accord n’est trouvé à l’issue du préavis, Qualcomm pourrait être contraint de cesser la commercialisation de ses produits ou s’exposer à de lourdes sanctions financières. Les effets sur le marché pourraient être très importants : ralentissement, voire arrêt total de la production, augmentation des coûts dû à un changement de fournisseurs, inertie dans le développement de nouvelles puces, etc.

Les processeurs Oryon, fruit de l’acquisition de Nuvia, représentent un enjeu stratégique immense pour Qualcomm. Contrairement aux Cortex d’ARM, ces CPU peuvent équiper aussi bien des smartphones que des ordinateurs portables tournant sous Windows. Une opportunité en or pour rivaliser directement avec les solutions d’ARM et pour diversifier son marché au-delà des smartphones. Le procès prévu pour la fin d’année, au mois de décembre, devrait apporter des éclaircissements sur cette situation complexe qui maintient toute l’industrie mobile en haleine.

  • ARM menace de révoquer la licence de Qualcomm, mettant en péril la conception des puces Snapdragon et l’avenir des smartphones Android.
  • L’acquisition de Nuvia par Qualcomm est au cœur du conflit : ARM exige un renouvellement de licence et la suppression des designs créés sans son autorisation.
  • Une rupture entre ARM et Qualcomm pourrait bouleverser la production de smartphones toute entière.

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