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3 millions de logements vacants : comment résoudre le problème ?

La France fait face à une double crise des logements. L’accès à la propriété est très difficile, et dans le même temps, les multi propriétaires sont de plus en plus gourmands.

La France est dans une situation très particulière. D’un côté, le marché de l’immobilier est très (très) tendu. Les ventes et les locations se font en quelques heures et la réflexion est un luxe que plus personne n’a le temps de s’offrir. Dans le même temps, la métropole est engluée dans un problème tout aussi grave : celui des logements vacants.

Pour la chercheuse en économie Laure Casanova Enault, interviewée par nos confrères de BFM Business, il y en aurait plus de 3 millions en France. La faute selon elle, à des multi propriétaires qui voient l’immobilier comme un placement financier.

Des logements vacants, oui mais combien ?

La situation est encore plus délicate à Paris. Dans la capitale, 60% du parc immobilier est détenu par des multi propriétaires explique la scientifique. Et il n’est pas question ici d’une simple résidence secondaire, on parle bien d’un empire immobilier avec, a minima, 5 biens.

La mairie de Paris dresse le même constat et assure qu’un logement sur 5 entre ses murs est vacant. Des chiffres contestés par l’association nationale des propriétaires immobiliers. Son directeur Sylvain Grataloup assure qu’il n’y a que “très peu” de logements vacants, sans donner des chiffres précis.

L’agence parisienne de l’urbanisme avance elle le chiffre de 262 000 logements inoccupés pour l’année 2020. À titre de comparaison, la barre des 100 000 logements vacants n’avait été franchie qu’en 2013. Ce même rapport souligne que 18 648 logements étaient “durablement vacants” c’est à dire vide depuis au moins 2 ans.

Un lien de causalité difficile à prouver

Si le nombre de logements vacants a explosé ces 20 dernières années, et que dans le même temps l’accès à la propriété est devenu beaucoup plus complexe, cela ne veut pas nécessairement dire que les deux phénomènes sont liés. Certes ils sont survenus en même temps, mais il faut encore démontrer le lien de causalité qui les réunis.

C’est justement sur ce point que travaille Laure Casanova Enault, géographe et professeure à l’université d’Avignon. Elle pointe notamment plusieurs chiffres pour défendre son analyse. 68% des logements vacants sont détenus par des multi propriétaires.

53% des personnes qui détiennent entre 5 et 9 logements en ont au moins un de vacant. Une proportion qui dépasse même les 80% pour les déca-propriétaires (plus de 10 logements). Un phénomène qu’elle explique par une “aisance financière”. Le bien immobilier n’est pas là pour générer des revenus passifs, avec un loyer. Les multi propriétaires en ont plutôt fait une sécurité. Ils attendent également que le marché soit plus favorable pour vendre, et ainsi réaliser une plus value.

Une toute petite région de la ville de Paris est l’exemple poussé à l’extrême de ce constat. Il s’agit de l’île Saint Louis. Au coeur de la capitale, ce secteur rempli d’hôtels particuliers et d’appartements de luxe, a toujours fait rêver les personnes fortunées.

Dès 2013, Sophie Chevalier réalise un ouvrage sur le sujet. Elle parle alors de “pied à terrisation” de l’île. De riches hommes d’affaires y investissent, pour ne finalement venir que quelques mois à Paris. Ces appartements restent donc vides près de 9 mois sur 12. Un vrai manque à gagner pour la mairie, quand on sait que 100 000 personnes cherchent activement à se loger dans la ville lumière.

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