La pyramide de Djéser est bien moins connue que ses voisines à Gizeh, elle n’en demeure pas moins intéressante pour les historiens du monde entier. Construite vers 2650 avant J.-C, cette nécropole est la pièce maîtresse de Saqqarah, un important lieu de l’histoire égyptienne.
Même près de 5000 ans après sa sortie de terre, l’édifice intéresse toujours, et une étude publiée ce 24 juillet se penche sur le processus de conception de la pyramide. Cette recherche académique, publiée dans la revue Plos One, assure que les arrivées d’eau retrouvées dans la pyramide auraient permis d’alimenter un complexe système de propulsions hydrauliques. Le mécanisme aurait notamment facilité le transport des pierres, lourdes de plusieurs tonnes.
Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques français ont étudié des dizaines d’images satellites ainsi que des données recueillies directement sur le terrain par d’autres égyptologues. L’avis des scientifiques est unanime, le système a été dessiné pour faire monter la pression hydraulique en un point, au centre de la pyramide. En montant, l’eau aurait pu amener avec elle des blocs de pierre, comme le ferait aujourd’hui une pompe hydraulique.
Les scientifiques se sont notamment attardées sur la conception d’un barrage en particulier. Nommé Gisr el Mudir, cet édifice devait permettre de réguler l’arrivée d’eau sur le site de Saqqarah. Les historiens ont été fascinés par leurs découvertes sur les lieux. Ils ont même émis l’hypothèse que certaines constructions n’étaient pas là pour servir à l’acheminement des pierres, mais plutôt à la purification de l’eau, pour la rendre potable.
L’Égypte antique, un peuple proche de l’eau
Ce n’est pas un secret, la civilisation égyptienne durant l’Antiquité était très proche de l’eau. Tout le pays vivait au rythme de son fleuve, le Nil, véritable artère de la civilisation. Les pyramides de Gizeh et de Saqqarah se trouvent d’ailleurs non loin de lui et même des villes plus modernes comme la capitale actuelle du Caire est proche du Nil.
Dès l’Antiquité, les Égyptiens avaient une maîtrise aboutie de l’eau et de sa puissance. Ils subissaient les crues du fleuve et connaissaient très bien la capacité de l’eau à tout emporter. Auraient-ils réussi à utiliser cette force de la nature à leur avantage pour faciliter la construction de pyramides, c’est en tout cas l’hypothèse défendue aujourd’hui par trois scientifiques français, avec en tête Guillaume Piton, chercheur à l’INRA ? Il a co-écrit son étude avec Guillaume Morin, Pascal Bartout, professeur à l’université d’Orléans et Xavier Landreau.
Une invention antique
À titre de comparaison, la plus ancienne presse hydraulique connue au monde date du 3e siècle avant J.C. Elle a été construite par Archimède et porte son nom “la vis d’Archimède” capable de déplacer des grandes quantités d’eau en assez peu de temps pour l’époque.
La première pompe hydraulique “moderne” a elle vue le jour vers 1600 avec l’arrivée des “pompes à piston” beaucoup plus efficaces. L’invention du moteur à vapeur, puis à réaction, va permettre de faire entrer les pompes hydrauliques dans une toute autre dimension de puissance.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
Ce qu’il ne faut pas lire comme conneries… Affligeant…