Tous ceux qui prédisent la fin du télétravail dans les années à venir se trompent lourdement. C’est du moins ce qu’estime Michael Hicks, économiste à l’université Ball State dans l’Indiana, qui a travaillé sur cette problématique. Au contraire, l’économiste estime quant à lui que ce mode d’organisation va s’installer sur la durée et deviendra la norme, tandis qu’une minorité d’emplois continueront d’évoluer sur site faute d’alternatives.
L’expert commence par fournir des données chiffrées incontestables qui concernent les États-Unis. Chez l’Oncle Sam, seulement 5 % des Américains travaillaient à distance en 2019. Aujourd’hui, 38 millions de personnes sont entièrement en télétravail, tandis que 32 à 33 millions travaillent partiellement (entre un et quatre jours par semaine) depuis chez eux.
Des salaires inférieurs en télétravail ?
Et selon lui, ce mouvement ne va pas ralentir, loin de là. De fait, il pense même que la plupart des salariés seront en télétravail d’ici quelques années, à l’exception de tous ceux pour lesquels c’est impossible : notamment dans les usines, le commerce en détail, et les lieux qui accueillent du public.
Comment expliquer cette tendance ? Selon lui, la génération âgée entre 19 et 24 ans plébiscite le télétravail à des niveaux inédits. En face, la génération des baby-boomers est attachée au travail au bureau, mais elle va progressivement prendre sa retraite. Dès lors, une écrasante majorité des salariés sera bientôt en faveur de ce mode d’organisation.
D’après l’économiste, cette évolution aura toutefois des conséquences sur les rémunérations. Ainsi, tous ceux qui acceptent de venir travailler sur site recevront une prime d’encouragement. Il en va de l’attractivité de ces emplois qui, sans cela, ne trouveraient pas preneur.
À l’inverse, il estime que les employés en télétravail pourraient voir leurs salaires un peu diminuer. « Bien entendu, le travail à domicile est moins coûteux pour les travailleurs que le travail de bureau », assène l’expert en faisant référence aux frais de transport. Il oublie toutefois certaines dépenses liées au fait de rester à la maison : électricité, chauffage, absence de prise en charge de la restauration, matériel informatique…
Quoi qu’il en soit, ses propos contrastent avec les prises de position de nombreux grands patrons de la Tech qui souhaitent au contraire en finir avec le télétravail et demandent un retour sur site.
Pour ne citer qu’un seul exemple, Sam Altman, le président d’OpenAI, a récemment déclaré : « Je pense que l’une des pires erreurs commises par l’industrie technologique depuis longtemps a été de croire que tout le monde pouvait travailler à distance pour toujours, que les startups n’avaient pas besoin d’être réunies en personne et qu’il n’y aurait pas de perte de créativité ».
Les 3 infos à retenir :
- Un chercheur estime que le télétravail ne fera que croître dans les décennies à venir
- Il suggère que cela aura notamment des conséquences sur la rémunération des salariés
- Tout le monde n’est pas de cet avis, à commencer par les grands patrons de la Tech qui exigent un retour au bureau de leurs employés
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C’est les télé-travailleurs qui vont disparaitre…