Nous sommes en 2011. Alors que Michel Denisot anime Le Grand Journal sur Canal+, une série d’un nouveau genre fait son apparition. Bref casse les codes avec un format ultra court, un rythme effréné, une pluie d’idées à la seconde, un humour percutant, un regard mordant sur la vie et des répliques aujourd’hui devenues cultes.
Les 82 épisodes de Bref, d’une durée de trois minutes maximum, ont marqué toute une génération. Revenir plus d’une décennie plus tard, c’est un défi ambitieux de la part de Kyan Khojandi et Bruno Muschio. D’autant que les créateurs de la série ont choisi un nouveau format, plus en adéquation avec ce qu’ils avaient envie de nous raconter. Soit ça passe, soit ça casse. Verdict ?
Bref, c’est quand même moins bien
Pour être honnête, j’étais particulièrement excitée de retrouver Bref et le nouveau format ne me semblait pas une si mauvaise idée. Mais quand j’ai lancé le premier épisode de cette nouvelle cuvée, c’est la douche froide. C’est long, c’est un peu ringard et c’est trop facile. Le protagoniste en est toujours au même point, contrairement à son entourage, après plus d’une décennie. Sauf que nous, on a évolué depuis la fin de la diffusion de Bref en 2012. C’est peut-être cela, le problème…
Alors que le premier épisode dure 38 minutes, le ressenti est interminable. Peut-être avions-nous trop d’attente… Mais on a du mal à se dire que c’est bel et bien le retour d’une série plébiscitée par son regard acéré sur l’existence et ses réflexions universelles sur les absurdités du quotidien. Le narrateur est coincé dans une boucle infernale, enchaînant les ruptures, les jobs de merde et les galères de thunes. On ne peut pas s’empêcher de grincer des dents face à la “femme de sa vie” qui vient de le larguer, personnage de surface qui n’a pour elle que son côté foufou et dévergondé. En 2025 ?
Après des retrouvailles chaotiques, Bref.2 surprend avec les épisodes 2 et 3. C’est moins lourd, et c’est surtout beaucoup plus intelligent. Sans en dire trop pour ne pas gâcher votre expérience, ils abordent une thématique délicate avec beaucoup de finesse et de subtilité. En essuyant mes larmes à la fin de ces deux épisodes, j’en oublierai presque le début particulièrement décevant de Bref.2.
Mais dans l’ensemble, Bref.2 manque de subtilité et s’amuse avec de (beaucoup trop) grosses ficelles. Si cette nouvelle saison est truffée de bonnes idées, ces dernières sont desservies par un matraquage pesant. Même lorsqu’une scène est marrante ou bien amenée, elle est trop longue. Ce qui enlève tout le plaisir… Le souci, c’est le format. Six épisodes d’une quarantaine de minutes, cela représente un véritable grand écart. Là où la première saison n’offrait aucun répit avec un rythme effréné, on se surprend à regarder sa montre à (presque) chaque épisode. Entre quelques idées intéressantes, parfois même rafraîchissantes, on a l’impression que les créateurs meublent. Pourtant, le format permet aussi d’approfondir la crise existentielle du protagoniste. Peut-être aurait-il mieux valu couper la poire en deux pour la durée des épisodes.
Bref.2 souffre de dialogues moins percutants, d’effets visuels vraiment pas jolis et d’un scénario globalement prévisible. La conclusion est trop attendue et on devine la fin dès le premier épisode. C’est dommage car cela vient amoindrir toutes les idées qui en valent la peine.
Néanmoins, c’est intéressant, voire galvanisant, d’assister (enfin) à la remise en question du narrateur incarné par Kyan Khojandi et de le voir (enfin) évoluer et s’épanouir. Malgré ses défauts, cette saison est à l’image du protagoniste : pleine de bonne volonté. Bien qu’elle ne soit pas toujours là, la petite étincelle n’est pas complètement éteinte.
Le casting de Bref.2 est composé de visages familiers, comme Baptiste Lecaplain, Bérengère Krief, Alice David ou encore Keyvan Khojandi, qui sont tous de retour. On apprécie les petits nouveaux dans l’aventure, à l’instar de Jean-Paul Rouve, extrêmement touchant dans le rôle d’un voisin vivant par procuration, et de Laura Felpin, la nouvelle colocataire du narrateur.
J’aurais aimé encenser le retour de Bref et être plus indulgente sous couvert de nostalgie et de petites lunettes roses. Mais la réalité, c’est que Bref.2 m’a déçue, alternant entre une exécution maladroite, un format inadapté et de bonnes idées qui méritaient mieux. Bref, j’ai vu les 6 épisodes de Bref.2 sur Disney+.
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