Dans les années 90, comme des millions de joueurs, vous étiez peut-être l’heureux possesseur d’une Super Nintendo. Une console 16 bits que vous aviez alors connectée à une petite TV cathodique, installée dans votre chambre par un papa un minimum adepte des « nouvelles technologies » de l’époque. Un confort de jeu alors incroyable pour passer des heures sur Mega Man X, Zelda : A Link to the Past, Yoshi’s Island ou encore Super Castlevania IV. Toutefois, il existait une manière encore plus stylée de profiter de la Super Nintendo. En effet, sur ses terres natales, le constructeur Sharp avait commercialisé une TV intégrant directement la console de Nintendo : la Sharp SF1. Et c’était purement incroyable (mais c’est aujourd’hui hors de prix, forcément…).
Parce qu’on n’a pas toujours eu un écran 4K devant les yeux, un smartphone OLED HDR dans la main et des manettes sans-fil sur les genoux, PasTech vous propose un petit retour rafraîchissant dans le passé, à la (re)découverte de certains produits emblématiques qui ont fait (ou pas) l’Histoire de la tech. Alors on dit 5, 4, 3, 0, et puis paf, PasTech !
Une TV avec Super Nintendo intégrée chez Sharp ??
Pour ce nouvel épisode de PasTech 🍉, retour quelques décennies en arrière, au tout début des années 90. Le jeu vidéo est en plein essor, et Nintendo explose les compteurs au Japon, grâce à sa Super Famicom (lancée en fin d’année 1990), qui arrivera un peu plus tard chez nous sous l’appellation Super Nintendo. Boosté par le succès de sa Famicom (l’équivalent nippon de notre NES), Nintendo se prépare à affronter une demande sans précédent, et c’est bien le cas, la console 16 bits étant alors impossible à acheter sur l’archipel dans les semaines suivant sa sortie. Plus d’un million de joueurs nippons ont l’intention de s’offrir la machine à sa sortie, mais Nintendo n’a prévu que 300 000 exemplaires au lancement…

Au fil des semaines, Nintendo va parvenir à satisfaire la demande, mais tout comme c’est le cas aujourd’hui avec les nouvelles PS5 et Xbox Series X, il faut se montrer très (très) patient, et parfois malin, pour mettre la main sur la console 16 bits, et découvrir enfin ce nouveau Super Mario World. Toutefois, certains joueurs vont décider de bifurquer vers un tout autre produit, signé Sharp. Il s’agit de la Sharp SF1, une TV cathodique hybride intégrant à son bord… une Super Famicom !
Sharp, un partenaire historique pour Nintendo
En effet, il faut savoir que Sharp est alors un partenaire historique pour Nintendo. La firme aura ainsi été à l’origine de divers jouets dans les années 70, sans oublier la gamme Game & Watch, mais Sharp a également mis au point la Twin Famicom, une machine (assez magnifique) qui permet de profiter des jeux au format Famicom, et qui intègre également un lecteur Disk System. Aussi, quelques jours seulement après la commercialisation de la Super Famicom, Sharp lance son étonnant CRT 21G-SF1.
Un écran CRT hybride donc, doté d’une diagonale de 21’’, et intégrant sur sa crète un port cartouche Super Famicom, ainsi que les boutons Power, Reset et Eject. A cela s’ajoute la présence de deux ports manettes situés quant à eux dans le coin inférieur gauche. Le tout était livré avec deux manettes estampillées SF1, avec un câble plus long que celui des manettes Super Famicom classiques.

Outre les boutons inhérents à toute TV cathodique classique, un petit switch permet de basculer entre les différents modes, dont un mode dédié bien sûr à la Super Famicom. Les paramètres vidéo sont également disponibles, mais accessibles uniquement depuis la télécommande livrée, laquelle permet également de réinitialiser un jeu ou encore d’opter pour un mode dédié à la pratique du jeu vidéo.

La Super Famicom à bord de la Sharp SF1 est reliée au système en S-Video, pour une qualité d’affichage située au-dessus du RCA, mais en-dessous du RGB. Quel dommage toutefois que Sharp ait doté sa TV d’une sortie audio mono (au lieu d’une vraie sortie stéréo), avec un simple haut-parleur situé sur le côté gauche de la TV…
TV Sharp 14G-SF1 Super Famicom 14 pouces.#Nintendo #SuperFamicom #Sharp #SF1 pic.twitter.com/RNeeM75DGi
— Yamafuda – 山札 (@Yamafuda) September 12, 2022
A l’arrière, on retrouve bien sûr les connectiques d’une TV classique (de l’époque), avec en prime ici un port EXT et un Multi Out. Ce dernier permet d’exporter le son et l’image de la Super Famicom intégrée vers un autre téléviseur. De son côté, le port EXT (différent de celui de la Super Famicom), est censé accueillir les futures extensions de la Super Famicom (comme le Satellaview).
Non pas une, mais deux TV Sharp SF1 !
A noter toutefois que seuls certains joueurs fortunés (et impatients) ont alors craqué pour le Sharp SF1, ce dernier étant affiché à environ 1000 dollars, quand la Super Famicom était vendue environ 200 dollars.
Selon l’excellent Gaming Historian, Sharp a commercialisé 10 000 unités à la mi-décembre, et malgré un tarif très salé, le constructeur a « profité » de l’impatience de certains joueurs, qui ont alors trouvé ici une occasion de contourner la pénurie de Super Famicom. Quelques années auparavant, Sharp avait également lancé une TV C1, intégrant cette fois une Famicom.

Pour la petite histoire, il n’existe en réalité pas un modèle de Sharp SF1, mais bien deux. En effet, si dans un premier temps, la marque a proposé un écran de 21’’, quelques mois plus tard, c’est une version dotée d’un écran de 14’’ (le Sharp 14G-SF1) qui est arrivée en boutiques. Une version un peu plus compacte, et donc un peu moins chère.
Des machines hybrides aussi chez SEGA
Malgré le côté « unique » de la TV signée Sharp, cette vision hybride était loin d’être propre à Nintendo et son partenaire. En effet, du côté du grand rival de l’époque, à savoir SEGA, en 1993, on décide là aussi d’intégrer la Mega Drive dans un autre produit, à savoir le Mega PC.

Il s’agit ici non pas d’une TV cathodique, mais plutôt d’un ordinateur standard, mis au point par Amstrad, lequel disposait d’un cache coulissant en façade, permettant de switcher entre les modes « ordinateur » et Mega Drive (avec évidemment un port cartouche pour accueillir les jeux), sans oublier une manette dédiée. On y retrouve en effet une carte ISA SEGA (50Hz sur la version EUR) qui comprend le nécessaire de la Mega Drive, et qui s’enfiche directement sur la carte-mère Amstrad 386sx.

Un ordinateur hybride aujourd’hui très rare, qui n’aura été commercialisé que très peu de temps, le hardware ayant rapidement été dépassé, sans compter un prix de vente exorbitant, dépassant les 10 000 Francs de l’époque. Parmi les autres produits hybrides SEGA, le Japon avait également eu droit au TeraDrive, soit un PC fabriqué cette fois par IBM, intégrant là aussi un hardware de SEGA Mega Drive. Mais cela est une autre histoire…
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Merci pour cette passionnante lecture de week-end, je ne connaissais pas ces machines mais pourriez-vous enlever le vilain S qui traîne au bout de “format” dans “des jeux au formats Famicom” ?
Amicalement
Olga, chasseuse de fautes
C’est fait ! Merci 😉