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Portrait — 8 choses à connaître sur Julie Chapon, l’entrepreneuse qui révolutionne notre assiette

Rien ne la prédestinait à entreprendre. Pourtant, Julie Chapon peut aujourd’hui être érigée en exemple dans la French Tech.

À seulement 37 ans, Julie Chapon est à la tête de l’une des startups les plus florissantes de l’écosystème de la French Tech : Yuka. Découvrez 8 faits sur cette entrepreneuse passionnée, engagée dans la promotion d’une alimentation plus saine.

Un parcours académique ordinaire

Née à Meulan-en-Yvelines en Île-de-France et aînée de trois enfants, Julie Chapon définit son enfance comme « heureuse » dans un portrait paru dans Libération en 2019. En 2007, elle intègre l’École des hautes études commerciales du Nord (EDHEC) à Lille, après avoir effectué ses classes préparatoires économiques et commerciales au lycée Sainte-Croix de Neuilly. Elle obtient son diplôme en 2011, et doit alors se lancer dans le monde du travail. Mais à l’époque, elle est encore bien loin du monde de l’entreprenariat.

Cinq ans chez Wavestone

C’est « par dépit » et sans trop savoir à quoi dédier sa vie qu’elle décroche rapidement un poste chez Wavestone, explique-t-elle dans un entretien accordé à Stratégies. Dans ce cabinet de conseil, elle passe cinq ans à accompagner les entreprises au cours de leur transformation digitale. Mais si elle gagne bien sa vie, Julie Chapon s’ennuie dans sa profession, et prend la décision de démissionner.

Le déclic du Hackathon

En 2016, son meilleur ami François Martin et son frère Benoît proposent à Julie Chapon de participer à un hackathon à la Gaîté Lyrique, à Paris. Lors de ce type d’événements collaboratifs, des développeurs, concepteurs, ingénieurs, entrepreneurs et autres professionnels de la technologie se réunissent pour créer des solutions innovantes à un problème donné. Dans ce cas, celui de l’alimentation.

Les trois compères imaginent un objet connecté en forme de carotte, conçu pour analyser et décrypter les étiquettes des produits alimentaires. Ce concept leur vaut la victoire : c’est la naissance de Yuka, et une révélation pour Julie Chapon.

Le développement de Yuka

Très vite, Julie Chapon, François Martin et Benoît Martin veulent aller plus loin. Leur projet initial permet de scanner les étiquettes des produits alimentaires une fois que les produits se trouvent à la maison. Développer une solution pour les déchiffrer avant même leur achat s’avère d’autant plus pertinent.

L’application Yuka est lancée en 2017. Le concept est simple et direct : les utilisateurs peuvent scanner le code-barre des produits alimentaires en grande surface, ce qui leur permet de connaître rapidement leur composition. Grâce à une interface intuitive, on voit directement si des substances dangereuses sont présentes dans le produit. Les biens cosmétiques et hygiéniques ont depuis été rajoutés à son catalogue.

Une note sur 100 points est attribuée à chaque produit, qui est accompagné d’un code couleur (vert, jaune, orange, rouge) associé à celle-ci. Yuka s’appuie sur diverses sources pour son évaluation, dont des bases de données ouvertes, le Nutri-Score, des organismes officiels (EFSA, ANSES, CIRC), et des études indépendantes.

L’ascension fulgurante de Yuka

C’est un immense succès pour Julie Chapon et ses collègues. En janvier 2018, soit un an après son lancement, l’application atteint déjà le 1 million d’utilisateurs. Elle est aujourd’hui présente sur 12 marchés différents, comptabilisant 56 millions d’utilisateurs.

Un tel succès permet à Yuka de non seulement avoir une influence positive sur les consommateurs en les encourageant à acheter et manger plus sain, mais aussi sur les géants de l’industrie agro-alimentaire. Et c’est bien là toute sa force. Des grands groupes comme Nestlé et Intermarché ont modifié la composition de certains de leurs produits pour améliorer leur évaluation sur la plateforme.

De son côté, Fleury Michon fait désormais référence à Yuka dans son discours stratégique, tandis que Bjorg et Caudalie, ont fait du score de l’application un indicateur clé de leur performance. Au cours de son histoire, l’entreprise a remporté trois procès contre le lobby de la charcuterie.

L’aventure américaine de Julie Chapon

Julie Chapon déménage aux États-Unis en 2023. Objectif : accompagner l’immense croissance de Yuka dans le pays, marché à énorme potentiel où l’application a été lancée en janvier 2022. Les chiffres sont impressionnants : la plateforme voit 20 000 nouveaux utilisateurs américains la rejoindre chaque jour.

En 2020, moins de 50 % du chiffre d’affaires de la société provenait de sa version premium qui offre, entre autres, une fonctionnalité de recherche avancée ainsi qu’un accès complet à la base de données de Yuka. Aujourd’hui, plus de 90 % de ses revenus sont générés par la version premium. Une dynamique qui peut être attribuée à la spécificité du marché américain, où les consommateurs sont beaucoup plus enclins à payer des abonnements.

Une autre manière de diriger

La direction de Yuka se distingue par son originalité dans le monde des startups. La société n’a pas de PDG. Plutôt, ce sont ses trois cofondateurs qui prennent les décisions conjointement. En revanche, c’est bien Julie Chapon qui est plus mise en avant dans les médias, les frères Martin ayant privilégié un rôle dans l’ombre.

Co-écriture un livre

Julie Chapon a co-écrit un livre intitulé Le guide de l’alimentation saine avec le nutritionniste Anthony Berthou. Publié le 14 octobre 2020, l’ouvrage vise à expliquer les principes fondamentaux de la nutrition de manière détaillée et pédagogique, en complément de l’application Yuka. Il contient 36 recettes adaptées aux saisons ainsi que 400 images visant à vulgariser l’information.

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