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« Une priorité tactique » : tout savoir sur Bird of Prey, l’arme fatale d’Airbus pour traquer les drones kamikazes

Face à la menace croissante des drones kamikazes, Airbus vient de dégainer son arme fatale : le Bird of Prey, un intercepteur 100 % autonome capable de chasser seul ses cibles.

L’Europe est en plein réarmement. Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et l’embrasement du Moyen-Orient cette année, les États cherchent à renforcer drastiquement leurs capacités de défense, particulièrement face à l’émergence des drones kamikazes. Ces engins, peu coûteux à fabriquer, sont programmés pour foncer sur leur cible et exploser à l’impact. De quoi profondément bouleverser la guerre moderne, rendant obsolètes de nombreux systèmes de défense traditionnels, pas assez aptes à intercepter des menaces aussi nombreuses qu’imprévisibles.

Et justement, Airbus vient de franchir une étape majeure. Ce lundi 30 mars, le géant industriel annonce le premier vol de démonstration réussi de son drone intercepteur autonome, le Bird of Prey, développé en partenariat avec la startup de défense Frankenburg Technologies. « Défendre contre les drones kamikazes est une priorité tactique qui doit être traitée de toute urgence », rappelle Mike Schoellhorn, PDG d’Airbus Defence and Space. Un constat partagé par l’ensemble des états-majors européens.

Drone Airbus Intercepter
© Airbus Defence and Space GmbH 2026

Des missiles ultra légers

Le Bird of Prey est un drone de combat sans pilote, basé sur un appareil existant d’Airbus, le Do-DT25. Son prototype mesure 3,1 mètres de long pour 2,5 mètres d’envergure, et pèse 160 kilogrammes au décollage. Lors de cet essai, il emportait quatre missiles air-air Mark I. La version opérationnelle, elle, pourra en transporter jusqu’à huit.

Leur rôle est primordial : ils ne pèsent pas plus de 2 kilogrammes chacun et mesurent seulement 65 centimètres, ce qui en fait les intercepteurs guidés les plus légers jamais développés. Autonomes une fois tirés, ils fonctionnent en mode « tire et oublie » : ils n’ont plus besoin de l’opérateur après le lancement. De même, leur portée atteint 1,5 kilomètre, et ils sont équipés d’une ogive à fragmentation conçue pour neutraliser la cible à courte proximité, sans impact direct nécessaire.

Bird Of Prey
© Airbus Defence and Space GmbH 2026

Lors de l’essai, réalisé sur un terrain d’entraînement militaire dans le nord de l’Allemagne, le Bird of Prey a opéré de manière entièrement autonome. Il a détecté, identifié et classifié un drone kamikaze de taille moyenne, avant de l’engager avec un missile Mark I. Le tout sans intervention humaine. Une démonstration qui souligne la capacité du système à agir vite, dans un environnement complexe et surtout, à moindre coût. « Nous créons une nouvelle courbe de coût pour la défense aérienne », promet Kusti Salm, PDG de Frankenburg Technologies.

À noter que le Bird of Prey est conçu pour s’intégrer à l’architecture OTAN via le système de gestion de combat intégré d’Airbus, ce qui lui permettrait d’agir en complément des défenses existantes. Airbus et Frankenburg prévoient d’ailleurs de mener de nouveaux essais avec une ogive réelle d’ici à la fin 2026, avant une présentation aux potentiels clients militaires.

  • Airbus a testé avec succès son drone intercepteur autonome Bird of Prey en Allemagne.
  • Il a détecté et neutralisé seul un drone kamikaze grâce à un missile ultra léger de 2 kilogrammes.
  • De nouveaux essais avec ogive réelle sont prévus d’ici à la fin 2026.

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