Ce weekend, la directive américaine qui interdit l’accès aux puissants modèles Claude Fable 5 et Claude Mythos 5 par les ressortissants étrangers a rappelé au monde entier qu’il dépend des technologies américaines. En France, cette décision a suscité de vives réactions. “La décision de Washington de couper l’accès aux modèles les plus puissants d’Anthropic doit nous réveiller. Dans la course à l’intelligence artificielle, une nation qui dépend des autres pour sa technologie est une nation qu’on peut débrancher du jour au lendemain”, a réagi l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruneau Retailleau. “L’Europe ne peut pas se contenter d’être un marché ouvert dépendant des technologies conçues, financées et contrôlées ailleurs. Elle doit investir davantage, soutenir ses innovateurs et se donner les moyens de maîtriser les technologies qui détermineront la puissance au XXIe siècle”, a, quant à lui, écrit Benjamin Haddad, le ministre délégué chargé de l’Europe.
Et, justement, Sébastien Lecornu vient d’annoncer une série de mesures qui visent à pousser l’intelligence artificielle en France, à la veille de l’ouverture du salon VivaTech à Paris. Parmi ces mesures, il y a l’annonce d’un investissement supplémentaire de 655 millions d’euros dans l’IA, via le programme France 2030. Dans la vidéo de l’annonce, publiée sur X, le Premier ministre souligne aussi l’importance du développement d’IA de pointe en France, car le pays ne peut pas dépendre “du bon vouloir de certains partenaires” qui sont capables de couper l’accès aux nouveaux modèles d’Anthropic.
Comme l’électricité hier, comme Internet il y a trente ans, l’intelligence artificielle change déjà nos vies.
Le temps des expérimentations est terminé. J’ai décidé d’accélérer la transformation de l’État :
→ un assistant conversationnel souverain commun pour tous les agents… pic.twitter.com/bAMDPEKqVh
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) June 16, 2026
La France va désormais généraliser l’IA pour gagner du temps
Sébastien Lecornu affirme également que le temps le temps de l’expérimentation avec l’IA est maintenant terminé, et que la France va procéder à une transformation de l’Etat via cette technologie. Parmi les annonces phares, il y a le déploiement d’une IA souveraine et commune pour tous les agents publics, ainsi que le déploiement d’un assistant santé sur Ameli, d’ici la fin de l’année. Celui-ci pourra orienter le public et guider celui-ci dans son parcours de soin.
L’objectif est de permettre à l’Etat de gagner en efficacité grâce à l’intelligence artificielle, tout en protégeant les données en utilisant des solutions souveraines. “Notre souveraineté numérique n’est pas négociable”, a déclaré le Premier ministre, à ce sujet. Par ailleurs, le gouvernement va aussi progressivement déployer de véritables agents d’IA capables de réaliser des actions, sous la supervision d’un agent, dans certains ministères. Au ministère de l’Intérieur, les agents pourraient, par exemple, fluidifier le traitement des visas.
Sinon, le gouvernement va continuer à privilégier les solutions technologiques françaises, lorsque cela est possible. Et le Premier ministre vient d’ailleurs d’annoncer que la DGSI choisi la solution de la société française ChapVision pour remplacer celle du géant américain Palantir. Pour rappel, le cofondateur de cette société, Peter Thiel, est un proche de Donald Trump.
- La France annonce un investissement supplémentaire dans l’IA, via le programme France 2030
- Le Premier ministre souligne l’importance du développement de systèmes d’IA de pointe en France pour ne pas dépendre des États-Unis
- L’Etat va aussi généraliser l’utilisation de l’IA par ses agents pour gagner en efficacité
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