Depuis 2009, le monde de la technologie s’essouffle pour identifier Satoshi Nakamoto. Car ce pseudonyme cache l’inventeur du Bitcoin : il est aujourd’hui une figure mythique, non seulement pour son génie mathématique mais aussi pour sa discrétion absolue. À la tête d’un trésor estimé à 1,1 million de bitcoins, cet individu (ou ce groupe) possède une fortune capable de faire basculer l’économie numérique mondiale en un seul mouvement de fonds.
Et si son identité est restée méconnue, c’est par nécessité idéologique. Pour que le Bitcoin s’impose comme une monnaie décentralisée, il ne devait avoir ni visage, ni chef à arrêter ou à corrompre. Mais après seize ans de mystère, une enquête approfondie du New York Times vient de désigner un suspect plus que probable : l’informaticien et cryptographe britannique Adam Back.
Une empreinte numérique impossible à effacer
L’investigation s’est appuyée sur une analyse statistique massive. En passant au crible plus de 130 000 messages postés sur les forums spécialisés depuis les années 90, des experts en linguistique assistés par ordinateur ont découvert une signature unique.
Adam Back est le seul, parmi des milliers de candidats, à partager les mêmes manies d’écriture que Satoshi : l’usage de deux espaces après chaque point, des erreurs de ponctuation très spécifiques sur les termes techniques, et un mélange curieux d’orthographe britannique et américaine.
Plus troublant encore, le calendrier des activités coïncide parfaitement. Lorsque Satoshi commence à communiquer pour lancer le Bitcoin en 2009, Adam Back devient subitement silencieux. Dès que Satoshi disparaît officiellement en 2011, Back réapparaît sur la scène publique.
Enfin, sur le plan technique, Adam Back avait décrit les piliers fondamentaux du Bitcoin (rareté programmée, minage par la puissance de calcul) dès 1998, soit dix ans avant la publication du manifeste officiel.
Le face-à-face et l’aveu involontaire
Pour en avoir le cœur net, le journaliste John Carreyrou a rencontré le cryptographe au Salvador. Si ce dernier nie fermement être le créateur de la monnaie, sa position est très délicate. Car il dirige aujourd’hui une entreprise s’apprêtant à entrer en Bourse à New York, avouer détenir une fortune cachée de plusieurs dizaines de milliards de dollars déclencherait un séisme réglementaire et fiscal sans précédent.
Mais lors de l’entretien, Adam Back s’est emmêlé les pinceaux, en répondant à la première personne à une remarque sur Satoshi. Le lapsus le plus cher de l’Histoire ? Peut-être bien. S’il refuse toujours de fournir les preuves techniques qui l’innocenteraient, l’étau semble indéniablement se resserrer. Après plus d’une décennie, le créateur du Bitcoin n’est peut-être plus une légende, mais un homme d’affaires bien réel.
Après la publication de l’enquête du New York Times, Adam Back a publié un message sur X, se défendant d’être Satoshi Nakamoto. Il écrivait :
« Je ne suis pas Satoshi, mais j’ai été parmi les premiers à me concentrer sur les implications sociétales positives de la cryptographie, de la confidentialité en ligne et de la monnaie électronique, d’où mon intérêt actif, à partir de 1992 environ, pour la recherche appliquée sur la monnaie électronique et les technologies de confidentialité sur la liste de diffusion des cypherpunks, ce qui a conduit à Hashcash et à d’autres idées. »
i'm not satoshi, but I was early in laser focus on the positive societal implications of cryptography, online privacy and electronic cash, hence my ~1992 onwards active interest in applied research on ecash, privacy tech on cypherpunks list which led to hashcash and other ideas.
— Adam Back (@adam3us) April 8, 2026
- Des analyses linguistiques par intelligence artificielle révèlent qu’Adam Back est le seul suspect partageant les tics d’écriture et les erreurs de ponctuation spécifiques à Satoshi Nakamoto.
- L’enquête souligne une coïncidence temporelle troublante, Adam Back étant devenu totalement silencieux durant les deux années où le créateur du Bitcoin était actif.
- Lors d’une confrontation au Salvador, le cryptographe a semblé trahir son secret en répondant à la première personne à une citation attribuée à l’inventeur de la cryptomonnaie.
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