Passer au contenu

Test Assassin’s Creed Shadows : de l’ombre et de la lumière

Attendu comme le jeu qui pourrait sauver la tête d’Ubisoft, Assassin’s Creed Shadows sort ce jeudi 20 mars. Nous l’avons testé, pour le meilleur et pour le pire.

Bousculé de toutes parts, Ubisoft mise sur l’une de ses licences phares pour sortir la tête de l’eau. Le studio franco-canadien lance Assassin’s Creed Shadows, dernier opus de l’une des licences les plus célèbres au monde.

Après l’accueil glacial des dernières versions, Ubisoft revenait aux fondamentaux l’année dernière avec Mirage, un épisode qui, malgré des défauts indéniables, se révélait plutôt agréable. Un avis que n’ont pas partagé les investisseurs : Mirage n’aura pas suffi à redresser la barre d’une entreprise en sérieux déclin.

Le poids qui pèse sur les épaules de Shadows est colossal. Un échec pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l’éditeur français qui a déjà opéré plusieurs vagues de licenciements.

Assassin’s Creed Shadows nous plonge donc dans le Japon féodal, un univers très apprécié des joueurs (notamment les Français) et déjà exploré par Sony avec le très réussi Ghost of Tsushima. Shadows permet-il à Ubisoft de passer de l’ombre à la lumière ? Réponse dans notre test.

Nous avons testé Assassin’s Creed Shadows en version Digital Deluxe sur Xbox Series X (99,99 euros / 89,99 euros sur PC). L’édition Standard est proposée à 79,99 euros sur console et 69,99 euros sur PC. Vous pouvez télécharger le jeu par ici.

Acheter Assassin’s Creed Shadows sur Xbox Series

Acheter Assassin’s Creed Shadows sur PS5

Ce qu’on a aimé d’Assassin’s Creed Shadows

Le scénario et la plongée dans le Japon féodal

« Japon, 1579 — le pays suit une voie brutale vers l’unification, guidé par la volonté de fer du daimyo Oda Nobunaga (…) Après l’invasion brutale de la paisible province d’Iga, une jeune shinobi se lance dans un voyage pour accomplir une promesse impossible, tandis qu’un samouraï légendaire trouve un nouveau but en affrontant les démons de son passé. ». Voilà le pitch de cet Assassin’s Creed Shadows.

Dans cette nouvelle aventure, le joueur incarne tantôt Naoe, la jeune shinobi, agile et discrète, tantôt Yasuke, un samurai charismatique, plus lent mais capable d’une grande brutalité dans les combats.

Comme les précédents opus, AC Shadows brille par son scénario construit autour de cinq arcs principaux (dont nous ne dévoilerons pas les détails pour des raisons évidentes). Après une introduction d’une petite heure, on enfile le costume de Naoe, motivée par un désir de vengeance suite à l’assassinat de son mentor. Au fil de l’histoire, la jeune shinobi se transforme en véritable cheffe de guerre, parcourant les terres nipponnes en quête d’alliés afin d’assouvir sa soif de vengeance.

Test Assassins Creed Shadow Equipe
© Ubisoft

Basé sur un récit classique, le scénario d’Assassin’s Creed Shadows s’étoffe et se complexifie petit à petit. Jusqu’à ce que les destins des deux héros finissent par se croiser. Pour améliorer l’expérience, un mode immersif permet de faire parler les personnages en japonais. Et ça fonctionne ! Malgré des dialogues parfois pauvres et une synchronisation labiale peu convaincante, on se laisse prendre au jeu.

L’ensemble est soutenu par des références historiques crédibles (attention, c’est une fiction, les faits historiques sont donc au service de l’intrigue), ainsi que des décors, des costumes et des paysages qui nous plongent complètement dans l’aventure. Le scénario et l’univers créés par Ubisoft figurent sans doute parmi les principaux points forts d’Assassin’s Creed Shadows.

Le temps de jeu

« Combien de temps doit durer un jeu pour en avoir pour son argent ? Vous avez 4 heures ». La question du temps de jeu est un sujet complexe dans l’univers du jeu vidéo. Avec la hausse spectaculaire des prix, les joueurs souhaitent en profiter au maximum. Bonne nouvelle, AC Shadows affiche un temps de jeu confortable sans pour autant s’éterniser.

Comptez une douzaine d’heures dans l’arc de Naoe avant de pouvoir incarner aussi Yasuke et accéder pleinement au monde ouvert. Ensuite, comptez 50 à 60 heures de jeu pour terminer la quête principale. Une petite dizaine d’heures supplémentaires sont à prévoir pour terminer les quêtes annexes (très intéressantes au demeurant).

D’aucuns diront qu’ils en attendent plus d’un jeu vendu près de 100 euros. Nous estimons que le grand public, cible de cette licence, en aura pour son argent. À titre de comparaison, nous avions terminé Assassin’s Creed Mirage en moins de 30 heures.

Loin de nous l’idée de relancer ce débat, nous estimons qu’une cinquantaine d’heures est un temps de jeu raisonnable pour un produit culturel vendu à ce prix.

L’infiltration

L’originalité de cet opus réside dans la possibilité d’incarner deux personnages. On fera vite le tour de Yasuke, le samouraï, personnage lent que l’on utilise surtout pour des phases de combats brouillonnes avec de nombreux ennemis. Les amateurs du mode bourrin prendront un plaisir non dissimulé, même si ce gameplay se révèle répétitif (nous y reviendrons).

L’expérience la plus intéressante (en tout cas celle qui colle le plus à la philosophie Assassin’s Creed) reste l’infiltration. Avec Naoe, les développeurs ont poussé un peu plus les curseurs afin d’obliger les joueurs à redoubler d’attention dans ces phases de jeu.

Grâce à son entraînement de ninja, Naoe est capable de s’infiltrer dans tous les bâtiments, comme le faisaient ses ancêtres assassins, mais en mieux. Capable de s’étaler comme une crêpe à plat ventre, Naoe peut aussi se camoufler dans les zones d’ombre (Shadows, vous l’avez ?). Les mécaniques de jeu permettent d’éteindre ou d’allumer des points lumineux afin de se dissimuler au mieux. Rien de neuf dans le monde vidéoludique, mais ces petites nouveautés apportent de la matière à l’exercice d’infiltration.

Test Assassins Creed Shadow Infiltration
© Ubisoft

Pour aller plus loin, Naoe dispose d’un arsenal d’armes afin d’éliminer les ennemis ou les distraire. Le shuriken ou le kunai permettront de les tuer alors que la bombe fumigène et la bombe d’attraction/distraction aident à prendre la fuite ou se déplacer plus discrètement. Là encore, rien de nouveau (on disposait déjà de ces outils dans de précédents opus), mais « ça fait le taff ».

Comme toujours, les arbres de compétences permettent d’améliorer les talents d’infiltration, d’élimination ou de détection des menaces. De nouvelles animations inspirées des techniques des shinobis renforcent l’immersion. Pas mal.

Enfin, Naoe possède un grappin lui permettant de se hisser sur les toits comme Batman, la vitesse et la distance en moins. Dans un souci de réalisme, les développeurs autorisent une grimpette verticale (façon montée à la corde) ou, dans certains cas, des déplacements dignes de Tarzan pour passer d’un toit à l’autre. N’espérez donc pas vous déplacer dans les airs comme Spiderman, c’est impossible.

Cela n’enlève en rien le plaisir que l’on prend à éliminer plusieurs dizaines d’ennemis un à un en s’aidant des éléments de décor. Ubisoft semble avoir trouvé un juste milieu pour rendre l’exercice d’infiltration un poil plus complexe pour les habitués tout en ne perdant pas les néophytes.

La gestion du QG

Test Assassins Creed Shadow Qg
© Ubisoft

Comme dans tous les Assassin’s Creed, les héros se retrouvent dans un QG pour organiser leurs opérations ou suivre leurs quêtes. Avec Shadows, Ubisoft va plus loin puisque le camp de base devient presque un mini-jeu dans le jeu.

Au début de l’aventure, Naoe retrouve une alliée dans une ferme entourée de terres. Puisqu’une guerre se prépare, c’est ici que notre aventurière va construire son armée. AC se transforme alors en « SimCity » allégé. Les ressources récoltées au fil des quêtes et des voyages permettent en effet de construire des bâtiments (écuries, postes de recrutements), de les positionner sur notre territoire ou de renforcer les défenses (créer des remparts etc.).

La construction de ces différents bâtiments permet ensuite de faire appel à des soutiens, notamment des éclaireurs qui pourront déterminer le point exact d’une cible à atteindre sans avoir à se déplacer à l’autre bout de la carte. Cette dimension stratégique apporte une nouvelle dynamique à la licence. Une très bonne idée.

Peut mieux faire

Les graphismes

Comme on pouvait le craindre, Ubisoft ne fait pas taire toutes les critiques déjà faites aux jeux précédents de la licence. En réutilisant le même moteur graphique, l’éditeur tombe dans les pièges du passé. Ainsi, les graphismes de Shadows auraient pu gagner en détails, la modélisation des personnages laisse parfois à désirer pour un jeu AAA lancé en 2025.

Cette faiblesse technique s’observe surtout sur les textures des paysages (comme la végétation ou la faune), les détails des tenues ou encore les effets de l’environnement sur les éléments physiques (le vent, la pluie ou la nuit n’ont pas l’incidence escomptée sur le personnage). Même les cinématiques in-game ne nous ont pas impressionnés.

Enfin, sur Xbox Series X, la gestion du ray-tracing ne nous a pas semblé spectaculaire même si elle apporte un vent de modernité à la licence. Dommage, car les jeux de lumière et d’ombre sont très importants dans les phases d’infiltration. On en attendait un peu plus pour provoquer un effet wahou !

Belle consolation tout de même : le moteur Anvil a été mis à jour pour prendre en considération les saisons. La météo changeante affecte donc les décors et la façon de jouer. Une tempête de neige a une incidence sur la détection des ennemis par exemple. On aurait aimé que ce souci du détail soit aussi appliqué aux personnages, tenues, armes et autres éléments de décor.

Ce qu’on a moins aimé d’Assassin’s Creed Shadows

Le gameplay et les mécaniques répétitives

Ubisoft ne s’est vraiment pas foulé sur les mécaniques de jeu. En dehors des quelques ajustements pour l’infiltration et de la gestion du QG, on retrouve les codes de Mirage qui renouait un peu avec les tous premiers opus. On se rend donc d’un point A à un point B, on s’infiltre ou on bourrine les méchants puis on passe à l’objectif suivant. Les phases de combat sont brouillonnes (encore plus avec Yazuke qui dégomme tout sur son passage), la faute à une gestion de caméra discutable.

Les déplacements laissent aussi à désirer. Naoe, censée être une experte du parkour (des « épreuves » sont d’ailleurs disséminées sur la carte pour gagner des objets ou compétences) ne fait pas vraiment corps avec son environnement. Les enchaînements de courses et de sauts sont toujours aussi saccadés : le personnage met toujours un temps d’arrêt avec de se lancer. Jouer avec plus de fluidité et ainsi coller davantage au personnage supposé se déplacer avec agilité n’aurait pas été un luxe.

À notre avis, ce gameplay déjà vu, déjà critiqué mais toujours pas corrigé risque de refroidir les fans de la licence. Ce n’est pas faute d’avoir prévenu.

Acheter Assassin’s Creed Shadows sur Xbox Series

Acheter Assassin’s Creed Shadows sur PS5

Notre avis sur Assassin’s Creed Shadows

Au risque de doucher les espoirs d’Ubisoft, Assassin’s Creed Shadows n’incarne pas le renouveau du studio. Comme certains le craignaient, les principales critiques des précédentes éditions n’ont pas été prise en compte. Ainsi, la qualité graphique n’est pas des plus spectaculaires et les mécaniques de jeu sentent le réchauffé. Sur ces aspects, Ubisoft n’innove pas vraiment.

En revanche, le temps de jeu de 50 à 60 heures nous semble assez confortable pour un jeu vendu 80 euros (hors promo). L’éditeur peut aussi compter sur un scénario bien construit ainsi que sur son talent pour retranscrire toute l’ambiance d’une époque que nous n’avons pas connue, avec la dimension historique qui l’accompagne. Mention spéciale au mode immersif, en japonais !

Les quelques ajouts comme la gestion du camp de base, l’infiltration plus poussée et l’IA légèrement améliorée participent à l’immersion dans l’aventure. Cet Assassin’s Creed Shadows n’est pas le jeu de l’année, mais il reste un bon opus pour une licence qui patine depuis trop longtemps. Les fans les plus indulgents passeront donc un bon moment (c’est notre cas), les aficionados du Japon féodal aussi. De manière générale, ce Shadows reste l’un des meilleurs Assassin’s Creed de ces cinq dernières années. Pour ce que cela vaut.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Assassin's Creed Shadow

Dès 80€
8

Note générale

8.0/10

On aime

  • Scénario et ambiance
  • La gestion du camp de base
  • L'infiltration
  • Les saisons ont un effet sur la façon de jouer
  • Globalement un bon opus

On aime moins

  • Graphismes perfectibles
  • Mécaniques de jeu vues et revues
  • Combats brouillons
  • Déplacements toujours pas assez fluides