Depuis des mois, on savait que DJI, le leader mondial incontesté des drones civils, travaillait sur une technologie de navigation au sol. On imaginait un rover, un véhicule autonome… c’est finalement un aspirateur robot. Mais quel aspirateur ! Le ROMO P (P pour Premium) ne ressemble à rien de ce que nous avons testé jusqu’ici.
Tandis que le marché est saturé de robots qui se ressemblent tous (une galette blanche ou noire, une station massive, deux serpillières rotatives), DJI arrive avec une proposition radicale. Il souhaite appliquer sa maîtrise de la détection d’obstacles et de l’aérodynamisme au nettoyage des sols. La promesse ? Le « triangle d’or » : un appareil vraiment autonome (zéro intervention), une couverture parfaite (coins et bords) et une puissance de nettoyage brute. Rien que ça. On l’a laissé patrouiller chez nous pendant six semaines : voici notre avis sur cet appareil vendu la bagatelle de 1 899 €.
La transparence avant tout
Oubliez le plastique blanc immaculé ou le noir laqué qui prend la poussière. Le DJI ROMO P joue la carte de la transparence totale. Que ce soit le robot lui-même ou sa station de base, tout est translucide.
C’est un choix audacieux, mais on adore. L’appareil semble tout droit sorti d’un film de science-fiction du genre « 2001, l’odyssée de l’espace ». On voit les composants internes, les circuits imprimés, les réservoirs d’eau et même le flux des déchets lorsqu’il se vide. DJI appelle cela une « esthétique mécanique » qui transforme l’appareil en œuvre d’art. Fallait tout de même oser pour un appareil de nettoyage ! C’est aussi une preuve de confiance : quand on montre l’intérieur, c’est que la finition est irréprochable. Et elle l’est. L’ingénierie est digne d’un drone haut de gamme.
La station de base, bien que massive, se fait plus discrète visuellement grâce à cette transparence qui « allège » sa silhouette dans la pièce. Elle embarque tout ce qu’il faut pour tenir 200 jours sans maintenance : sac à poussière, réservoirs d’eau propre et sale, cartouches de détergent / désodorisant.

Le robot est constellé de capteurs. À l’avant, un ensemble de caméras binoculaires fish-eye et trois LiDARs à semi-conducteurs. C’est la même techno que sur les voitures autonomes ou les drones industriels. Tout est intégré et aucune tourelle ne dépasse. Le ROMO P est donc très plat, ce qui lui permet de passer plus facilement sous les meubles bas.
Une app, beaucoup de possibilités
Le ROMO P se paramètre à l’aide de l’app compagnon DJI Home (déjà connue des utilisateurs de stations électriques DJI Power). Son interface est épurée, sobre, très « tech ». La connexion au Wi-Fi s’effectue en moins de 2 minutes, puis vient l’inévitable mise à jour initiale (comptez une dizaine de minutes, tout compris).
Avant de pouvoir officier, le robot doit procéder à la cartographie initiale des lieux. L’opération est entièrement automatique, notre rôle se réduisant à allumer les lumières dans toutes les pièces à explorer et à vérifier que les portes sont ouvertes. Les murs, le mobilier et les éventuels obstacles apparaissent au fil de l’exploration. En une dizaine de minutes, il parcourt sans encombre les 54 m² auxquels nous lui avons donné accès. Il se paie le luxe d’identifier les pièces (salon, cuisine, chambre, salle de bain, etc.) et les types de surfaces (sols durs, tapis ou moquette).
Le type de nettoyage et son intensité sont ajustables pièce par pièce afin de répondre à tous les besoins. On pourra même créer des programmes spécifiques (comme « salle de jeux après une journée pluvieuse », par exemple) et les déclencher au besoin. Enfin, un assistant vocal est intégré, mais il ne parlait pas encore français au moment de ce test.
L’app propose des fonctionnalités classiques mais poussées : murs virtuels, zones interdites, et surtout une personnalisation extrême du nettoyage. On peut régler la puissance d’aspiration, le débit d’eau, mais aussi la stratégie d’évitement des obstacles (standard ou prudent). Les propriétaires d’animaux domestiques apprécieront le mode « animal » qui adapte la vitesse de rotation des brosses afin de ne pas effrayer votre compagnon à quatre pattes.
Une caméra logée à l’avant permet de surveiller sa maison à distance. Ou plus exactement, ce qui se passe au ras du sol, celle-ci ne pouvant être orientée. La qualité d’image est fluide et une interface de pilotage permet de diriger le robot comme un drone terrestre. Idéal pour vérifier qu’on a bien fermé une porte ou que tout se passe bien au domicile.
Navigation et détection d’obstacles : un sans-faute !
Les drones de DJI excellent par leur capacité d’évitement des obstacles en vol. Inutile de vous dire qu’on attendait le ROMO P au tournant sur ce point : saura-t-il éviter les pièges d’un appartement ?
La réponse tient en un seul mot : oui. La navigation du ROMO P est tout simplement la meilleure que nous ayons testée à ce jour. Là où les concurrents peuvent parfois hésiter devant un câble noir sur un tapis sombre, le ROMO P le contourne avec une aisance réjouissante.

On ne s’est pas arrêtés en si bon chemin et on a régulièrement parsemé le parcours d’obstacles plus ou moins vicieux. Il a victorieusement évité le câble de charge d’un smartphone roulé en boule sous le bureau, une brique de LEGO, une chaussure traînant dans le couloir et même notre carte de transport Navigo, de la taille d’une carte de crédit. Bluffant !
Le ROMO P peut aussi détecter les liquides. S’il se trouve face à un verre de jus d’orange renversé dans la cuisine (ou à une flaque d’urine laissée un animal) , il ne va pas repeindre le carrelage avec ! Ses capteurs le détectent et il le contourne (ou adapte son nettoyage si vous lui demandez). Sa capacité à naviguer sous les meubles, même dans l’obscurité grâce aux capteurs LiDAR, est excellente. Il possède même un éclairage frontal si l’on désire suivre son trajet dans le noir. Mais le plus impressionnant est qu’il ne se cogne jamais, contrairement à la plupart de ses concurrents.
Lavage et nettoyage à gogo
DJI annonce une puissance d’aspiration de 25 000 Pa, alors que les haut de gamme actuels tournent autour de 10 000 à 18 000 Pa. S’agit-il là d’une ruse marketing éhontée ou de la vérité ?
Entre les deux, en fait. Sur sol dur, la moindre poussière fine ou celle incrustée dans les joints de carrelage disparaît sans autre forme de procès. Le flux d’air de 20 litres/seconde arrache tout. Nous avons compliqué un peu sa tâche en versant un peu de sucre en poudre et de la terre fine (simulant de la litière pour chat) : un seul passage a suffi pour faire place nette.
La puissance parle enfin !
S’il détecte un tas de saleté, il ralentit la rotation de ses brosses latérales afin de ne pas éjecter les particules autour de lui avant de les aspirer. C’est ce genre de détail qui montre que DJI a bien étudié les frustrations des utilisateurs. Sur les tapis, la puissance parle. Le ROMO P les détecte et booste l’aspiration au max. Ses deux brosses rotatives anti-emmêlement (une en caoutchouc, une avec poils) font un travail remarquable sur les cheveux longs et les poils d’animaux. Après quelques semaines d’utilisation, nous n’avons pas retrouvé de cheveux, de poils ou de fils enroulés autour des brosses : tout est envoyé vers le bac de collecte.
Le ROMO P ne se contente pas d’aspirer : il brosse et il lave. Pour cela, DJI l’a équipé de deux serpillières rotatives à l’arrière et de deux brosses latérales à l’avant. Celles situées sur le flanc droit ont la particularité d’être montées sur des bras articulés. Cela permet d’aller chercher la saleté dans les coins, zone habituellement inaccessible aux robots circulaires. Le résultat s’avère diablement efficace : la serpillière atteint efficacement le mur après que la brosse a rabattu les saletés se trouvant à sa portée, y compris sous les plinthes.
Un mot sur l’autonomie et la charge. Le ROMO P passe de 0 à 100 % en 2 h 30 et l’autonomie s’avère largement suffisante pour nettoyer à fond notre appartement, puisqu’il restait 65 % d’énergie en fin de cycle. D’après DJI, une charge permet de couvrir une surface importante. S’il manque de batterie, il rentre, charge ce qu’il faut, et repart finir le boulot.
Le robot embarque un réservoir d’eau de 164 ml, ce qui lui permet de garder ses patins humides en permanence sans retourner à la base toutes les cinq minutes. Il dose l’eau et le détergent en fonction du type de pièce (mention spéciale pour le mode dégraissage de la cuisine), de la saleté, du type de sol et des indications fournies par l’utilisateur.
Station de base hi-tech
La station de base vide la poussière, remplit l’eau, lave les patins et les sèche. Au lieu de simples picots en plastique qui frottent le tissu des serpillières, elle utilise quatre jets d’eau à haute pression pour les « karcheriser ». L’eau sale est ensuite aspirée par un large conduit de 16 mm afin d’éviter toute obstruction. Le résultat est probant : les patins ressortent plus propres qu’avec les systèmes par friction classiques. Et surtout, le fond de la station reste étonnamment propre, puisque nous n’avons pas constaté de boue stagnante à nettoyer à la main chaque semaine. DJI promet 200 jours de tranquillité. En 6 semaines, nous n’avons rien eu à faire, si ce n’est vider l’eau sale et rajouter un peu d’eau propre.

Last but not least, le silence. Le robot s’avère discret la plupart du temps, le bruit qu’il produit en utilisation hardcore (dégraissage) restant moindre que celui d’un aspirateur traditionnel. La station n’est pas en reste, puisqu’elle intègre un système de suppression du bruit à trois étages (chambres insonorisées, silencieux longs). Le vidage du bac à poussière, moment généralement assourdissant (genre 747 au décollage, on exagère à peine), est ici nettement moins audible : on entend du bruit, mais il est étouffé. On profitera de ce moment afin d’admirer le trajet des saletés, matérialisées par des LEDs perceptibles au travers des tuyaux semi-transparents. DJI nous avait prévenus : on est plus proche de l’œuvre d’art que du simple aspirateur robot !
DJI ROMO P : l’avis de Presse-Citron
Pour une première, c’est une jolie réussite : DJI n’est pas venu faire de la figuration. Le ROMO P est sans conteste l’aspirateur robot le plus intelligent et le plus autonome que nous ayons testé. Sa capacité à naviguer dans un environnement bordélique (jouets, câbles) sans jamais se bloquer tient presque du miracle.
Son design transparent ne plaira pas à tout le monde (les versions A et S sont plus classiques si besoin), mais il a le mérite de l’originalité. Si vous avez le budget (1 899 €) et que vous voulez le summum de la technologie actuelle, le ROMO P est la nouvelle référence. Pour les autres, les modèles ROMO A (1 599 €) ou S (1 299 €) offrent la même intelligence de navigation pour un peu moins cher, en sacrifiant quelques raffinements, comme le détecteur de graisse ou la transparence totale.
Durant la période des fêtes, DJI propose de belles réductions sur les trois modèles : le ROMO P passe à 1 499 €, le ROMO A à 1 349 € et le S à 799 €. On s’en doutait mais ces promotions le confirment : DJI se fait plaisir sur les marges et devrait proposer des réductions substantielles assez régulièrement.*
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