Changement de look, grosse batterie, partenariat avec Bose… Le Poco F8 Ultra fait table rase du passé et se réinvente totalement par rapport à son prédécesseur. Pourtant il conserve certains atouts de son ancêtre, avec notamment sa charge rapide, mais aussi des performances de pointe.
En avril, je disais du F7 Ultra qu’il « avance des arguments redoutables » et que « avec un support logiciel un poil plus long et une interface moins encombrée, ce serait sans aucun doute un incontournable absolu ». Cette nouvelle génération vient-elle corriger ces défauts et relever ses exigences ? Voyons cela ensemble.
Prix et disponibilité du Poco F8 Ultra
Vous avez le choix entre deux versions pour ce Poco F8 Ultra, l’une avec 12 Go de RAM et 256 Go de stockage à 833 euros et l’autre avec 16+512 à 903 euros. Des offres de précommandes permettent de faire respectivement descendre ces tarifs à 700 et 750 euros.
Deux coloris sont annoncés : noir mat et bleu denim.
Ce qu’on a aimé sur le Poco F8 Ultra
Son design inspiré de l’iPhone 17 Pro
Tous vos amis sont tout à coup devenus des adeptes du orange “gilet de BTP” depuis septembre dernier ? Peut-être ont-ils été attirés par la nouvelle robe de l’iPhone 17 Pro. Je ne suis moi-même pas conquis par ce coloris et ce qui me plaît le plus avec le dernier-né d’Apple, c’est plutôt l’organisation de son “plateau”, cette large excroissance au dos de l’appareil accueillant ses modules photo.
Le Poco F8 Ultra reprend cette bonne idée à son compte et l’exécution est irréprochable. On passe d’un dos bi-ton à un revêtement mat uniforme du plus bel effet, d’un amas de textes règlementaires à un sobre logo de marque et d’un appareil photo circulaire dans l’angle à ce plateau qui occupe la quasi-totalité de la largeur du téléphone. L’ensemble est plus agréable à l’œil et mieux équilibré aussi bien visuellement que physiquement.

Autre bonne nouvelle : le dos marque très peu. Que ce soit les traces de gras déposées par vos doigts ou les rayures infligées par vos clés au fond de votre poche, cela ne semble pas être un problème pour le verre poli du Poco F8 Ultra. On sent le soin apporté dans la conception. Notez que cela vaut pour le modèle noir testé ici, mais que la version bleue arbore un « matériau nano-tech » à la place (imitation denim).
Le téléphone respire d’ailleurs la solidité. Il est dense et solide (il est par ailleurs certifié IP68), mais cela s’accompagne d’une petite prise de poids : 218 grammes contre 212 pour son prédécesseur. La différence est faible, mais se ressent dans les doigts au quotidien.
Le son signé Bose
Sur smartphone, en raison des contraintes de place, le son manque souvent de profondeur et de détails. La configuration habituelle consiste à recréer de la stéréo avec un haut-parleur principal sur la tranche inférieure et le haut-parleur d’appels utilisé en complément. Le résultat est généralement déséquilibré et plat.
Ici, Poco s’est associé à Bose pour intégrer « de tout nouveaux composants acoustiques » conçus par les ingénieurs du spécialiste américain de l’audio. On a donc un troisième haut-parleur… à l’arrière du téléphone, intégré dans l’excroissance du bloc photo.

C’est aussi original qu’efficace. Par rapport à un smartphone traditionnel, ce système audio 2.1 est plus puissant et mieux détaillé. On retrouve d’ailleurs la signature Bose avec un accent sur les médiums pour détacher les voix, mais aussi un renforcement des graves pour des basses plus profondes. Sur des sons techno par exemple, la différence est flagrante, passant d’un simple “top top top” à un véritable “boum boum boum” tout en gardant les chants bien distincts au premier plan. On a là le nouveau mètre étalon du marché pour l’audio.
Autre avantage plus discret : même en bouchant l’un des haut-parleurs par mégarde, il en reste toujours au moins deux de fonctionnels. Terminé les gymnastiques pour éviter d’obstruer un orifice.
Une puce à tout faire
Sur le volet des performances, je pourrais vous parler du Snapdragon 8 Elite Gen 5 en long, en large et en travers. De son procédé de gravure “3 nm”, de ses performances énergétiques, de son architecture ou de ses performances dans les différents benchmarks analytiques. Je pourrais aussi vous parler de ses performances dans les jeux, coucher sur papier le nombre de FPS que j’ai atteint durant mes sessions de jeu en détaillant les réglages choisis. Je pourrais même évoquer cette petite chauffe que j’ai ressentie lors de la compilation des shaders de Wuthering Waves, sans véritable impact en jeu par la suite. En réalité c’est ce que je dis très souvent dans ces colonnes quand je teste un téléphone, alors vous devez déjà le savoir.

Au lieu de cela, je vais me contenter de dire qu’il s’agit de la puce la plus puissante du marché et que ça fait déjà quelques années qu’il est difficile de trouver sur Android des usages qui mettent à genoux les processeurs modernes. Mais au-delà de la simple puissance brute déployée par le GPU, cette puce présente d’autres avantages, à commencer par sa connectivité.
On retrouve du Wi-Fi 7, de la 5G encore plus rapide que sur la génération précédente, du Bluetooth 6.0, la compatibilité avec le codec audio AptX et ses variantes, et caetera. Petite précision tout de même : le modem est ici amputé de sa bande Wi-Fi 6 GHz. Un manque qui ne se fait pas ressentir puisque sur mon réseau fibre (8 Gbps), à 1,5 mètre de distance de la box, le Poco F8 Ultra s’avère bien plus rapide au téléchargement que mon Pixel 9 Pro, disposant pourtant de toutes les bandes.
L’eSIM est enfin disponible
Poco corrige ici un défaut de sa gamme. En plus des deux emplacements pour des cartes SIM physiques, le F8 Ultra peut désormais utiliser une eSIM (qui remplace alors la SIM2).
Pour rappel, l’eSIM est une SIM virtuelle qui malgré une exécution encore parfois chaotique (pour les transferts d’un opérateur à l’autre surtout), s’avère particulièrement pratique pour les personnes ayant l’habitude de voyager et de changer de SIM à la volée.
Un écran dans les standards actuels
L’écran du Poco F8 Ultra étire sa diagonale, passant de 6,67 pouces à 6,9. Sa définition en revanche parcourt le chemin inverse en passant du 1440p au 1200p, ce qui réduit sa résolution de 526 PPP à 416 PPP. C’est dommage, mais soyons honnêtes : personne ne le remarquera à l’œil nu. D’autant plus que ces métriques ne prennent pas en compte la couche de sous-pixels, qui « active chaque sous-pixel rouge, vert et bleu » alors que la plupart des écrans OLED s’arrangent pour réduire le nombre de pixels bleus, gourmands en énergie et moins durables. Xiaomi promet ainsi une plus grande finesse et une meilleure gestion énergétique.

Laissons les détails techniques aux labos et concentrons-nous plutôt sur l’expérience. Avec son rafraichissement 120 Hz, sa luminosité (HBM) de 2000 nits et sa large colorimétrie 12 bits, l’écran du Poco F8 Ultra n’a pas grand-chose à envier aux meilleurs du marché. Sur le papier, il existe des écrans plus lumineux, moins réfléchissants ou avec une meilleure réactivité tactile. Dans les faits, j’ai beau tester des smartphones toutes les semaines, seul le Galaxy S25 Ultra m’a réellement impressionné en la matière grâce à son traitement anti-reflets. Les autres ne se différencient qu’à la marge et les différences perçues sont davantage liées à du réglage qu’à un véritable gap de qualité.
Le point faible de cet écran ne concerne pas directement l’affichage. Son taux de rafraichissement ne varie qu’entre deux valeurs : 60 et 120 Hz et manque donc de granularité. Il y a peu de chances que vous vous en rendiez compte à l’œil nu, mais votre batterie ressentira la différence par rapport à un concurrent pouvant descendre jusqu’à 1 Hz.
Une très bonne autonomie
L’année 2025 marque un véritable tournant pour l’autonomie de nos smartphones. On voit arriver de plus en plus de téléphones munis d’une batterie à la capacité étendue, comme ce Poco F8 Ultra. Alors que son prédécesseur possède des cellules de 5300 mAh au total, on passe ici à 6500 mAh.

Au quotidien, la différence est flagrante. Ce qu’il était possible de faire en début d’année en utilisation modérée, il est désormais possible de le faire en utilisation intensive. C’est-à-dire que si vous teniez huit heures à scroller sur Instagram et à regarder YouTube, vous pourrez dorénavant tenir huit heures à jouer. À ce rythme, il est plutôt simple de tenir deux jours sans avoir à recharger son téléphone, voire un peu plus si votre utilisation est frugale.
Cette autonomie très confortable est un bonheur, mais il faut s’attendre à ce qu’elle devienne la règle dans cette gamme de prix. Le OnePlus 15 par exemple est meilleur en la matière !
Ce qu’on aime moins sur le Poco F8 Ultra
Une hausse de prix non négligeable
Je terminais mon test du Poco F7 Ultra avec la phrase « un incroyable rapport qualité-prix qui vous en donne pour votre argent ». À 750 euros, il se positionnait comme un flagship killer à prix abordable.

Le Poco F8 Ultra monte en qualité et on pouvait donc s’attendre à une hausse de prix légitime. 20, 30, 50 euros ? Non, le modèle 12+256 passe à 830 euros, soit une hausse de 80 euros. Pour la version 16+512, on passe de 800 à 900 euros, je vous laisse faire le calcul (spoiler : +12,5 %). On a déjà vu des hausses encore plus sévères, je vous l’accorde, mais pour un challenger, ça pique. D’autant plus que le chargeur était inclus avec le F7 Ultra et ne l’est plus ici ; comptez 60 € de plus pour le bloc HyperCharge idoine sur le Xiaomi Store.
Une charge rapide, vraiment ?
Sans chargeur livré avec le téléphone, vous pourriez être tentés de faire comme moi et d’utiliser un chargeur générique. Pour recharger le Poco F8 Ultra j’ai donc utilisé, selon l’endroit où je me trouvais, un bloc secteur OnePlus 65 W ou un chargeur Anker 120 W (Power Delivery).

Avec une telle configuration, comptez environ une heure pour passer de 20 à 80 % et une bonne demi-heure supplémentaire pour arriver à 99 %. C’est fastidieux pour un téléphone qui se prétend doté d’une charge rapide.
Une interface encombrée
Derrière la marque Poco se cache Xiaomi et donc l’interface HyperOS. Il s’agit d’une interface proche d’iOS apposée sur Android 16, avec tout un lot d’applications Xiaomi venant encombrer le système. Intéressantes si vous souhaitez sortir de l’écosystème de Google, ces applications devraient toutefois être optionnelles. Idem pour les applications partenaires telles que Facebook, TikTok, Spotify, Amazon Music, Netflix, Opera News et AliExpress. A-t-on réellement besoin de deux agendas ? Deux télécommandes ? Deux apps de streaming musical ? Deux navigateurs ? Deux gestionnaires de fichiers ? Et la liste pourrait continuer.
Dans les paramètres, certaines informations sont manquantes. La version du système Google Play (qui représente une partie importante de la sécurité sur votre téléphone) ? Introuvable. Le temps d’écran depuis la dernière charge ? Introuvable. Le design des icônes se change dans la section Thèmes tandis que leur taille se trouve dans Personnalisation. Ajouter des fonctions, c’est très bien, mais encore faut-il que cela reste lisible.
La photo perfectible
La configuration photo du F8 Ultra est assez standard. On retrouve un triple module de 50 Mpx à l’arrière avec un grand-angle stabilisé, un téléobjectif périscopique stabilisé et un ultra grand-angle.
Les rendus sont généralement flatteurs, contrastés, (un peu trop) colorés et détaillés… tant que l’on ne zoome pas trop dans l’image. Si l’on s’intéresse de plus près aux bordures des images, on note souvent du bruit numérique, des zones sombres bouchées et un piqué qui perd en précision. On préfèrera donc se concentrer sur un recadrage au centre de l’image ou garder le cliché sans grossissement pour poster en petit sur les réseaux sociaux.
De nuit, on apprécie l’ambiance générée qui évite de trop surexposer, mais certaines zones perdent de facto en détails. Le piqué est beaucoup moins précis et les lumières fortes ont droit à un effet halo peu agréable.
À l’avant, c’est un capteur de 32 Mpx qui tient la barre. Très précis pour les autoportraits de jour, il se brouille à mesure que la luminosité se dégrade. Quant à l’arrière-plan, il ne faut pas trop y prêter attention sous peine de déceler par moment quelques artéfacts violets, signes d’une lentille de moins bonne qualité.
Mon avis sur le Poco F8 Ultra
En tenant compte des critères habituels, le Poco F8 Ultra est un téléphone qui se positionne au commencement du haut de gamme. Il présente de nets avantages, comme son bel écran, sa puce véloce ou sa bonne autonomie, en plus de corriger certains défauts de son prédécesseur, mais il peine encore à rivaliser avec des smartphones légèrement plus chers (OnePlus 15) ou sortis plus chers en début d’année, mais à un prix proche en promotion (Galaxy S25 Ultra). La faute à son interface encombrée, pleine de bloatwares inadmissibles à ce tarif, mais aussi à un volet photo qui peine à convaincre dans toutes les situations.

Oui, mais voilà, le Poco F8 ultra, ce n’est pas que ça. C’est aussi un concept novateur qui propose ce qu’aucun téléphone n’avait pensé à intégrer nativement avant lui : un véritable son 2.1 clair et puissant. Si vous regardez beaucoup de vidéos et écoutez beaucoup de musique sur les haut-parleurs de votre téléphone, le Poco F8 Ultra est celui qu’il vous faut, la qualité est remarquable. En revanche, si vous ne quittez jamais vos écouteurs ou votre casque, il perd alors son principal argument.
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