Depuis quelques années, on ne peut pas dire que les marques de smartphones innovent beaucoup. Samsung tente bien d’installer le format pliant comme la prochaine révolution, mais les consommateurs ne semblent pas encore y adhérer. D’aucuns diront que la situation pourrait changer avec l’introduction d’un iPhone flexible. Si l’on en croit les rumeurs, ce n’est pas pour tout de suite.
En attendant, les constructeurs améliorent leurs recettes par petites touches. Chaque nouvelle génération accueille une puce plus puissante, un écran plus spectaculaire et des appareils photo toujours plus perfectionnés. Mais depuis maintenant trois ans, notre bilan après chaque test est toujours le même : ne changez que si votre smartphone a plus de 3 ou 4 ans.
Avec son Galaxy S25 Ultra, Samsung parvient-il à nous faire changer d’avis ? Peut-il convaincre les consommateurs de débourser près de 1 500 euros pour accéder à “la nouvelle ère du smartphone” ? Sur le papier, pas vraiment. À l’exception de sa puce de dernière génération, de son nouveau capteur photo de 50 MP (associé à l’ultra grand-angle) et de son design à peine redessiné, le Galaxy S25 Ultra est en fait en tous points identique au Galaxy S24 Ultra. À un détail près : sa recette logicielle a été revue de fond en comble, avec supplément IA, évidemment.
Est-ce suffisant pour succomber aux charmes du Galaxy S25 Ultra ? Pour le savoir, nous l’avons utilisé quotidiennement pendant presque un mois.
Notre test du Galaxy S25 Ultra en vidéo
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Une nouvelle façon d’utiliser un smartphone

Faire cohabiter “l’excellence matérielle avec la révolution logicielle” : voilà la promesse faite par Samsung lors de sa conférence de présentation des Galaxy S25. Puisque, sur le papier, le matériel change peu, intéressons-nous d’abord au logiciel.
One UI 7 : la meilleure version d’Android ?

Le Galaxy S25 Ultra intègre Android 15 avec One UI 7, toute dernière version de la surcouche maison. L’interface gagne en légèreté avec des menus transparents, de nouvelles animations, ainsi qu’une disposition plus intuitive des différents éléments.
L’inspiration Apple n’est pas très loin, en témoigne la séparation du centre de contrôle et de la barre de notifications de part et d’autre de la caméra avant. La Now Bar, petite pilule affichant des éléments contextuels (minuteur, trajet, Uber, contrôle de la musique etc.), reprend le principe de la Dynamic Island de l’iPhone, à un détail près : elle est positionnée en bas de l’écran.

Copieur Samsung ? Pas vraiment. Les OS mobile tendent à s’inspirer les uns les autres pour proposer la meilleure expérience possible. Apple, par exemple, a lancé les widgets bien des années après les constructeurs de smartphones Android. Et tout le monde (surtout les fanboys) a trouvé cela génial. Voilà pour le jeu des comparaisons.
Pionnier des grands smartphones, Samsung a développé OneUI pour rendre l’utilisation à une main plus facile. Avec un mastodonte comme le Galaxy S25 Ultra, on l’en remercie. Fonctionnalités, menus, options de personnalisation, paramètres : tout a été pensé pour nous faciliter la tâche. Et ça marche ! OneUI 7 est sans doute possible l’une des meilleures version d’Android, si ce n’est la meilleure.
Galaxy AI plus fort qu’Apple Intelligence

Cette année, Galaxy AI prend une nouvelle dimension. Samsung explique que l’arrivée de l’IA dans les smartphones en 2024 n’a pas été accueillie avec tellement d’engouement, la faute à de nombreuses frictions pour accéder aux différentes fonctionnalités. Il est vrai que l’intelligence artificielle sur smartphone tient pour le moment d’un empilement de fonctions gadgets que l’on utilise finalement très peu au quotidien.
Partant de ce constat, les ingénieurs Samsung ont travaillé à une meilleure intégration de l’IA pour la transformer en véritable assistant personnel. Ils ont donc repris toute les fonctionnalités existantes, en ont ajouté deux ou trois (pourquoi pas) et ont mieux intégré le tout. On retrouve donc les outils de traduction, de retranscription, d’aide à l’écriture ou encore de retouche photo. S’ajoute à cela la Gomme audio qui permet de “nettoyer” le son d’une vidéo pour mieux entendre un élément précis (le plus souvent la voix).
Samsung déploie aussi Now Brief : chaque matin, avant chaque évènement et chaque soir, le smartphone affiche une série d’informations contextuelles en fonction des habitudes de l’utilisateur (météo, rendez-vous, trafic etc.). Si l’idée est bonne, l’exécution se révèle laborieuse. En effet, les informations fournies sont réduites à la météo, au calendrier et aux alarmes. Autant d’éléments que l’on peut afficher dans un widget. Dommage.

En revanche, côté intégration, Samsung passe au niveau supérieur. Alors qu’il était auparavant nécessaire de fouiller un peu partout pour trouver les fonctionnalités d’IA, tout peut désormais s’activer à la voix. Une pression sur le bouton d’alimentation ne déclenche pas Bixby mais Gemini, l’IA de Google. L’assistant de Samsung ne disparaît pas pour autant : il travaille en étroite collaboration avec Gemini.
À l’instar de Siri dans Apple Intelligence, Bixby se charge des recherches internes et des opérations entre les différentes applications. Gemini, lui, récupère les informations dont l’utilisateur a besoin en fouillant dans les milliards de données disponibles sur le web, en temps réel.

Comment cette association de bienfaiteurs nous aide-t-elle ? Plutôt que vous faire de longs discours, concentrons-nous sur des exemples concrets. Les recherches longues de certains réglages dans les paramètres sont de l’histoire ancienne. Pour trouver solution à son problème, il suffit de le demander à l’IA. Par exemple, dites-lui que votre écran manque de fluidité et elle affichera les réglages d’écran permettant d’ajuster la fréquence de rafraîchissement. Demandez si vous avez la dernière mise à jour logicielle et elle vous conduira dans les réglages correspondants. Vous supportez une équipe de sport ? Demandez à l’IA d’ajouter tous ses matchs à votre calendrier. Google fouillera sur le web, Bixby ajoutera les évènements à l’application Google Agenda ou Samsung Calendar, à votre convenance. Temps d’opération : moins de 5 secondes.

Pour étendre les possibilités à d’autres applications, Samsung a travaillé de concert avec quelques développeurs d’applications tierces. Ainsi, il est possible de déclencher des actions groupées afin de gagner encore plus de temps. Depuis une vidéo Youtube, on peut demander à l’assistant de résumer le contenu puis de créer une note dans Google Keep ou Samsung Notes. Autre exemple : on peut demander à l’assistant de trouver les meilleurs restaurants thaï aux alentours, avec des menus végétariens, pouvant accueillir des animaux et envoyer un message à une personne de son répertoire sur WhatsApp.
L’IA est aussi capable de fouiller dans les applications de productivité. À la question “peux-tu me trouver le dernier email de Samsung ?” l’assistant effectue une recherche dans Gmail, fournit une réponse ainsi qu’un lien pour atteindre cet email.
Si certaines actions se soldent parfois par un échec, la plupart du temps l’IA tombe juste. Le gain de temps est phénoménal : au doigt mouillé, notre temps d’écran a diminué d’environ 30% depuis que l’on utilise le Galaxy S25 Ultra.

Samsung aurait-il trouvé la formule magique ? Pas tout à fait, mais il est en bon chemin. Bien que Galaxy AI ne soit pas parfait, Samsung s’impose incontestablement comme la marque la plus avancée dans l’intégration de l’IA sur smartphone, bien loin devant Apple Intelligence, qui a fait tant rêver les fans d’Apple avant de se transformer en pétard mouillé.
Rappelons également que l’IA sur smartphone n’est apparue qu’en 2024. Nous n’en sommes donc qu’au début de cette nouvelle ère. Un virage que Samsung négocie mieux que n’importe quelle autre entreprise du secteur : bien loin de l’accumulation de fonctions gadgets (même s’il y en a toujours), Galaxy AI transforme réellement la façon d’utiliser un smartphone.
Reste à voir la stratégie qu’adoptera le coréen en matière de déploiement. Jusqu’à fin 2025 “au moins”, Samsung promet de proposer Galaxy AI gratuitement. Une mise à jour des Galaxy S24 devrait “en toute logique” apporter ces dernières nouveautés. Et après ? Interrogés à de multiples reprises sur la possibilité de faire payer certaines fonctionnalités IA aux utilisateurs, les cadres de Samsung ont chaque fois botté en touche . Wait and see.
Le Galaxy S25 Ultra, un smartphone ennuyeux ?

D’un point de vue matériel, le Galaxy S25 Ultra évolue peu par rapport à son prédécesseur, qui n’apportait pas de franche amélioration par rapport au Galaxy S23 Ultra, lui-même assez proche du Galaxy S22 Ultra. En réalité, le smartphone a atteint un tel niveau de maturité qu’il est très difficile pour les constructeurs de nous surprendre encore. Même Apple, dont les revenus dépendent pour moitié des ventes d’iPhone, peine à créer un effet whaou.
Toutefois, dire que le Galaxy S25 Ultra n’apporte aucune nouveauté serait au mieux exagéré, au pire mensonger. Bien que très proche du Galaxy S24 Ultra, son design change par petites touches. Toujours constitué de titane, il arbore cette année des bordures plates et des coins arrondis, comme les autres modèles de la gamme. Une façon pour Samsung d’apporter une homogénéité à l’ensemble.
La prise en main se veut plus agréable : plus fin (-0,4 mm) et plus léger (-10 g), le S25 Ultra jouit surtout d’une meilleure répartition du poids. On ne s’en plaindra pas sur un modèle de ce gabarit. Samsung en a aussi profité pour agrandir légèrement l’écran : la dalle s’étire désormais sur une diagonale de 6,9” soit 0,1 pouce de plus que celle du S24 Ultra. Cela se ressent-il à l’usage ? Absolument pas.
Nouvelle puce Snapdragon 8 Elite

L’intégration de la puce Snapdragon 8 Elite est en réalité la seule nouveauté marquante du Galaxy S25 Ultra. Utilisé pour fournir une IA réactive, le tout dernier processeur de Qualcomm délivre une puissance phénoménale qui affole les compteurs des différentes applications de benchmark. En conséquence, le S25 Ultra peut tout faire, très vite et très bien. De la retouche photo au montage vidéo en passant par le jeu, rien ne semble effrayer la Snapdragon 8 Elite.
On soulignera tout de même que le throttling (procédé consistant à réduire les performances afin de maintenir une température décente sous le capot) se révèle important : nous avons constaté des chutes spontanées de l’ordre de 40% avec des jeux 3D gourmands. Pas de quoi gâcher l’expérience mais suffisant pour le mentionner.
Nouvel ultra grand-angle

Le Galaxy S25 Ultra est aussi le modèle de la gamme à voir son matériel photographique légèrement amélioré. Désormais, l’objectif ultra grand-angle est associé à un capteur de 50 MP (contre 12 MP pour le S24 Ultra) pour produire des clichés plus détaillés. Difficile pour un regard non averti de percevoir une quelconque différence avec les photos produites par un S24 Ultra. À la limite, les photos de nuit sont plus détaillées dans les zones périphériques, encore que.
Samsung admet avoir surtout travaillé sur l’optimisation du traitement numérique de l’image. Là encore, les bénéfices sont difficiles à observer à l’oeil nu sur un écran de smartphone. Ceci étant dit, le Galaxy S24 Ultra avait atteint un tel niveau d’excellence photographique qu’il nous semble difficile de faire mieux. Le Galaxy S25 Ultra reste donc une référence de la photo sur smartphone.

Du mieux en réalisation vidéo
Puisque la photo est maîtrisée, Samsung s’est concentré cette année sur la vidéo. La stabilisation se veut encore plus impressionnante (notamment en 8K) tout comme la qualité des images en basse lumière.
Surtout, le Galaxy S25 Ultra est capable d’effectuer un zoom continu sans saccades, un défaut des précédentes générations souvent relevé par les vidéastes. La précision des images produites avec les téléobjectifs se révèle tout bonnement bluffante. Si l’iPhone reste le meilleur smartphone pour la vidéo, le S25 Ultra le bat à plate couture dès qu’il s’agit de filmer un sujet à distance.
Enfin, Samsung intègre le mode LOG, équivalent du RAW pour la vidéo. Ce format s’adresse principalement aux professionnels de l’image souhaitant disposer d’un maximum de souplesse dans les réglages de colorimétrie en post-production. Cerise sur l’optique : contrairement à Apple, Samsung n’oblige pas l’utilisateur à connecter un disque dur externe pour enregistrer en LOG. Il faudra toutefois se montrer vigilant sur le volume de vidéos conservées dans la mémoire interne dans ce format qui occupe énormément d’espace de stockage.
Pour le reste, le Galaxy S25 Ultra est identique au S24 Ultra : même batterie, même autonomie, même vitesse de recharge (l’une des plus lentes du marché) et même technologie d’écran.
Prix et disponibilité du Galaxy S25 Ultra

Le Galaxy S25 Ultra est disponible depuis le 6 février 2025 à partir de 1 469 euros (256 Go). Il se décline en version 512 Go et 1 To aux tarifs respectifs de 1 589 euros et 1 829 euros. Samsung conserve donc les mêmes prix que le Galaxy S24 Ultra à sa sortie.
Le Galaxy S25 Ultra est proposé en Noir titane, bleu titane, argent titane et gris titane. Des versions noir absolu titane, or rose titane et vert titane sont aussi disponibles en exclusivité sur le site officiel de Samsung.
Dans la mesure où les fonctionnalités IA devraient être déployées sur les générations précédentes, il nous semble plus recommandable pour le moment de se tourner vers un Galaxy S24 Ultra, vendu moins de 1 000 euros. Le Galaxy S25 Ultra ne sera intéressant que d’ici quelques mois, lorsque son prix aura aussi baissé et uniquement pour les utilisateurs de Galaxy S22 Ultra ou modèle antérieur.
Notre avis sur le Galaxy S25 Ultra
Le Galaxy S25 Ultra est-il ennuyeux comme l’ont affirmé de nombreux testeurs ? À notre humble avis, absolument pas. Force est de constater que les évolutions matérielles sont minimes par rapport aux Galaxy S24 Ultra : le design change peu et la plupart des technologies utilisées sont les mêmes. L’ajout d’une puce de dernière génération et d’un capteur photo plus musclé ne changent pas vraiment la donne au quotidien.
Le Galaxy S25 Ultra symbolise en réalité toute la complexité de se réinventer sur le marché des smartphones en 2025. Les technologies disponibles à l’heure actuelle ne permettent plus de créer d’effet whaou. La prochaine révolution sera logicielle, en témoigne le tsunami IA qui a frappé le marché des smartphones l’année dernière.
Alors que 2024 marquait l’arrivée de tout un tas de fonctionnalités gadgets donnant la sensation d’un grand fouillis, Samsung est le premier à proposer un logiciel avec l’IA au centre des usages. Désormais, l’utilisateur ne cherche plus à atteindre les fonctionnalités d’intelligence artificielle, elles viennent à lui. Ainsi, le smartphone devient un véritable assistant personnel.
Bien sûr, Samsung a encore des progrès à faire, notamment pour embarquer avec lui les développeurs d’applications. Car sans eux, la magie de l’IA sur smartphone reste cloîtrée dans l’écosystème Google/Samsung. WhatsApp et Spotify sont les premiers à adhérer à cette nouvelle vision, le coréen a bon espoir d’en convaincre beaucoup d’autres.
Avec son Galaxy S25 Ultra et Galaxy AI, Samsung réussit donc là où Apple échoue depuis plusieurs mois avec Apple Intelligence. Il prend pour le moment une sacrée longueur d’avance, mais jusqu’à quand ? La plupart des fonctionnalités IA (notamment cross app) arriveront prochainement sur tous les appareils Android avec le déploiement de la nouvelle mise à jour Gemini. En parallèle, Apple Intelligence devrait débarquer dans nos contrées avec une version proche de celle de Samsung d’ici la sortie des iPhone 17. À nouvelle ère, nouvelle guerre.
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