Il y a quelques années, OnePlus était l’une de mes marques de smartphones préférées. Le OnePlus 5T est même en bonne position dans le classement des téléphones qui m’ont le plus marqué (en bien).
Pendant plusieurs années, les choix opérés par la marque me parlaient. On avait en main des téléphones de geek à prix contenu pouvant rivaliser avec les plus premium de ses concurrents sur ce qui comptait vraiment. La définition originelle de « flagship killer ». Pour y arriver, il fallait évidemment faire quelques concessions, mais sur des détails généralement acceptables (avec toutefois un bémol en photo sur les premières générations).
Puis, la marque a connu plusieurs chamboulements. Elle a perdu sa totale indépendance au sein du groupe BBK (Oppo, Vivo, Realme et OnePlus), l’interface logicielle s’est rapprochée de celle d’Oppo et son fondateur, Carl Pei, est parti fonder une nouvelle marque, Nothing.
Huit ans après le 5T, qu’en est-il des nouveaux produits de la marque ? Ont-ils gardé le même ADN ? Sont-ils toujours d’excellents rapports qualité-prix adressés à un public de geeks ? J’ai testé le OnePlus 15 pendant plusieurs jours pour vérifier.
Prix du OnePlus 15
Le OnePlus 15 possède deux déclinaisons en fonction de l’espace de stockage disponible. Une version à 979 euros pour 256 Go et une autre à 1129 euros pour 512 Go. Trois coloris sont disponibles : Infinite Black (noir), Ultra Violet (violet) et Sand Storm (blanc).
Une fiche technique qui parlera aux geeks
Instant transparence. Quand une marque envoie un téléphone en test aux journalistes spécialisés, il s’accompagne généralement d’une fiche technique plus ou moins complète. Sur ce point, OnePlus a toujours été et reste la marque qui donne le plus de détails. On y trouve non seulement la liste des composants, mais des chiffres précis et des explications bien plus complètes que ce que fournissent les autres constructeurs. Plus qu’un simple discours marketing, c’est un véritable document détaillant l’appareil et les choix qui ont été effectués. Pour nous, c’est réellement appréciable et cela prouve que OnePlus a confiance en ses produits.

Il faut dire que l’élément central du OnePlus 15 n’est autre que le Snapdragon 8 Elite Gen 5, le processeur mobile le plus puissant sur le marché actuellement. Ce choix n’est pas uniquement utile pour celles et ceux qui jouent sur smartphone, il a un impact direct sur la fluidité au quotidien, sur la connectivité et donc les performances du Wi-Fi, de la 4G/5G et du Bluetooth ou encore sur le traitement des photos, des vidéos et de l’IA générative.
Couplé à 12 ou 16 Go de RAM LPDDR5X et 256 à 512 Go de stockage UFS 4.1, le OnePlus 15 ne déçoit jamais. Même sur des usages lourds comme des jeux gourmands, du traitement photo ou du montage vidéo, le OnePlus 15 reste stable et ne chauffe pas beaucoup. Genshin Impact par exemple tourne en qualité maximale à 60 FPS sans dépasser les 40° et les titres qui le permettent comme PUBG affichent un solide framerate oscillant entre 117 et 120 FPS. Cette prouesse est permise grâce à un système de refroidissement composé essentiellement d’une petite chambre à vapeur de 5731 mm², d’une couche de graphite pour mieux conduire la chaleur en dehors des points chauds et d’une meilleure gestion des ressources du CPU. C’est une réussite.
Une autonomie incroyable
L’un des critères que j’appréciais particulièrement sur les smartphones de OnePlus à l’époque, c’était leur capacité à toujours être disponibles. Non pas que leur autonomie soit irréprochable, mais l’intégration très tôt de la charge rapide me permettait d’être sûr que 15 minutes de charge suffiraient à terminer une journée très intense. Le OnePlus 15 va plus loin.
À son bord on retrouve deux batteries de 3650 mAh chacune, soit 7300 mAh au total (ou 27,6 Wh). Cette énorme capacité est permise par sa batterie silicium-carbone (une évolution des batteries Lithium-ion traditionnelles remplaçant le graphite de l’anode par un composite de silicium-carbone) et BBK Electronics l’a bien compris : on retrouve cette technologie sur tous les smartphones premium du groupe (Oppo, OnePlus, Vivo et Realme).
Le résultat est époustouflant, et je pèse mes mots. Il m’est très souvent arrivé d’écrire dans un test que vous pourrez pousser jusqu’à deux jours sans chargeur avec une utilisation frugale de votre téléphone ; avec le OnePlus 15, c’est devenu la norme en usage intensif. J’ai par exemple tenu deux jours alors que je réalisais mes tests de performance du téléphone (benchmarks et jeux 3D), et il me restait encore 17 % de batterie au moment de le brancher. Finir une journée avec 70 à 80 % de batterie restante n’est plus un rêve avec le OnePlus 15, c’est un jeudi.

Imaginons tout de même que vous en oubliiez de le charger et que vous n’ayiez plus assez de batterie pour finir la journée. La charge rapide à 120 W vous permettra de retrouver plusieurs heures d’autonomie en un rien de temps. Même sans fil, avec la technologie AirVooc à 50 W, le OnePlus 15 se recharge plus rapidement qu’un iPhone 17 Pro ou un Galaxy S25 Ultra en filaire. Sacrée leçon.
Seul bémol à cela : aucun chargeur n’est présent dans la boîte. Pour en profiter, il faudra donc débourser 50 à 70 euros de plus pour un chargeur capable de le recharger à pleine puissance.
Un smartphone pensé pour le multimédia
Pour le jeu comme pour les vidéos, le OnePlus profite de la qualité de l’écran Oled de 6,78 pouces. Sa définition de 2772 x 1272 pixels (Full HD+) n’a rien d’exceptionnel, mais combinée à son rafraîchissement variant de 1 à 165 Hz, et sa luminosité de 1800 nits (en High Brightness Mode), il répond toujours présent quand on a besoin de lui.

En plein soleil ? Lisible ! De nuit ? Il descend jusqu’à 1 nit pour ne pas vous brûler les rétines. Sur du jeu ? Des vidéos ? Du HDR/Dolby Vision ? Du traitement photo ? Check, check, check et re-check ! L’écran du OnePlus 15 est de grande qualité, capable de s’adapter à presque toutes les conditions. Pour rivaliser avec le Galaxy S25 Ultra, il ne lui manque que le revêtement antireflet.
À cela, il faut ajouter de puissants haut-parleurs stéréo. S’ils ont tendance à dévoiler une compression trop importante à plein volume, un réglage à 75 % suffit largement pour écouter n’importe quel contenu convenablement. Certaines basses fréquences sont toutefois sourdes et peuvent être enclines à résonner, recouvrant alors les autres et rendant l’ensemble moins clair. Toujours est-il qu’entre ce grand écran très lumineux et ce son puissant, j’ai trouvé plus agréable de consommer du contenu vidéo sur ce OnePlus 15 que sur mon Pixel 9 Pro ou sur l’iPhone 17.
Une conception solide
Être un « flagship killer » nécessite forcément de faire quelques concessions et, à la fin des années 2010, une partie d’entre elles concernait le design, notamment la résistance générale du téléphone. Cette époque est révolue.
Le OnePlus 15 est certifié IP66, IP68, IP69 et IP69K. Concrètement, cela signifie qu’il est pensé pour résister à l’infiltration de poussière, à une immersion jusqu’à deux mètres pendant 30 minutes et à des jets à haute pression et jusqu’à 80°C. Comme toujours, rappelons que ces certifications sont rassurantes, mais ne font pas office de garantie. Certains éléments peuvent s’abîmer avec le temps, devenir poreux et se mettre à laisser passer les fluides. Évitez donc de plonger volontairement votre OnePlus 15 dans la piscine pour vérifier.

Autre amélioration notable : le revêtement d’écran Gorilla Glass Victus 2. Ce n’est pas le Gorilla Glass Armor qu’on trouve actuellement chez Samsung, mais on a pu l’expérimenter sur le long terme avec le Galaxy S23, la résistance aux rayures est excellente.
Le design est d’ailleurs globalement réussi avec une véritable sensation de qualité en main malgré un poids relativement contenu au regard de ses dimensions (211 g). L’ajout de la Plus Key sur la tranche gauche pour lancer rapidement une fonction est bienvenu. Elle permet de lancer rapidement l’espace mental, l’appareil photo, l’enregistreur, d’activer la torche ou le mode Ne pas déranger, etc.). Seule ombre au tableau selon moi : les touches de volume sont positionnées très haut, ce qui peut les rendre compliqués à trouver à tâtons en mode portrait.

Un appareil photo qui fait le boulot
Le OnePlus 15 ouvre une nouvelle ère. Après cinq générations (sans compter les modèles T), le partenariat entre OnePlus et Hasselblad n’est plus. Le traitement des images n’est donc plus réalisé par les algorithmes du spécialiste suédois, mais par le DetailMax Engine. Ce moteur de photographie computationnelle va capturer plusieurs images et les fusionner pour un résultat combinant la définition du cadre de 50 Mpx et la luminosité de différentes images de 12 Mpx pour rendre en sortie un cliché de 26 Mpx. Mais avant de voir le résultat, intéressons-nous d’abord à la partie matérielle de ce triple capteur.

On a donc trois modules de 50 Mpx chacun :
- Le grand-angle principal : capteur Sony IMX906 avec stabilisation optique (OIS) et 6 lentilles pour une ouverture à f/1.8.
- Le téléphoto x3,5 : capteur Samsung S5KJN5 avec OIS et 4 lentilles pour une ouverture à f/2.8.
- L’ultra grand-angle x0,6 : capteur OmniVision OV50D et 6 lentilles pour une ouverture f/2.0.
On peut constater que malgré leur définition identique, les trois blocs sont très différents, mais aussi que le capteur principal a déjà un an : on peut par exemple le retrouver sur le Xiaomi 14T (356 euros au moment de la rédaction de ces lignes) et le Samsung Galaxy A56 (à partir de 276 € sur Amazon). Malgré cela, l’unité colorimétrique est préservée sur les différentes focales et les algorithmes de OnePlus génèrent un rendu net et détaillé même en faible luminosité.
Il y a tout de même deux contreparties à cela : les zones vraiment sombres sont à peine rehaussées, perdant ainsi en nuance, et le rendu semble très numérique sur certains clichés. Autre problème notable : l’ultra grand-angle est un cran en dessous des autres optiques, ce qui se ressent de nuit.
La caméra frontale, un Sony IMX709 de 32 Mpx avec un objectif 5P ouvrant à f/2.4, propose un bon niveau de détails en plein jour, mais se dégrade un peu de nuit.
Côté vidéo, tout y est : 8K à 30 FPS, 4K stabilisée jusqu’à 120 FPS et Dolby Vision. On aurait aimé un mode LOG et l’application de LUT comme sur le Find X9 Pro, mais il faut bien quelques détails pour justifier les 320 euros de différence.
Une interface efficace, mais imparfaite
Sur les anciens modèles, j’adorais OxygenOS. C’était une interface fluide, pleine de fonctionnalités et de personnalisations, avec en prime une touche esthétique personnelle reconnaissable au premier coup d’œil. Désormais, OxygenOS est un clone de ColorOS, l’interface d’Oppo.
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : ColorOS est une interface efficace, particulièrement complète, et OxygenOS l’est donc tout autant. Elle regorge de petites fonctionnalités intelligentes qui facilitent la vie au quotidien.
En bon tatillon que je suis, ce sont les petites imperfections qui viennent me crisper. L’ouverture d’un dossier au milieu de l’écran plutôt que sous le pouce par exemple. Le mode “Flux”, censé uniformiser les couleurs des applications, qui affiche un fond tantôt blanc, tantôt gris. L’absence d’option permettant l’activation automatique du clavier lors de l’ouverture du tiroir d’applications. L’absence de gomme magique dans Google Photos malgré l’intégration de Gemini. Et la liste peut continuer, mais ce sont là surtout des détails, parfois assez personnels.
Ce qui n’est pas un détail en revanche, c’est le support. Quatre ans de mises à jour Android et six ans de sécurité, c’est juste. Trop juste pour rivaliser avec Google, Samsung ou Apple. Dommage, l’intégration native d’Android 16 était pourtant un bon départ.
Mon avis sur le OnePlus 15
OnePlus a bel et bien conservé son image de marque geek, proposant un bon compromis entre l’ultra haut de gamme et un prix contenu. Le OnePlus 15 est extrêmement puissant, autonome comme aucun autre, rapide à charger et son prix d’appel sous les 1000 euros le rend plus accessible que le premium de chez Samsung ou Apple.

Vraiment ? Pas tout à fait. Le Galaxy S25 Ultra est déjà en vente depuis plusieurs mois et on peut occasionnellement le trouver en promo à un prix inférieur pour une qualité photo bien supérieure et une durabilité exemplaire avec sept ans de mises à jour garanties.
La principale question à se poser est donc de savoir si vous valorisez davantage la qualité photo ou l’autonomie. Dans le deuxième cas, foncez, vous ne devriez pas être déçus.
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