C’est dans ce contexte plutôt morose que Fujifilm a annoncé le X-Half, un compact numérique apportant un rafraîchissant souffle créatif. Nous n’avons pas résisté à la tentation de le prendre en main. Voici ce qu’on en pense.
Verticalité obligatoire

L’aspect le plus étonnant du X-Half, c’est son orientation verticale. Son capteur 1’’ est de type 3:4, donc orienté à la verticale. Ce choix peu commun est totalement assumé : le X Half se destine aux utilisateurs de réseaux sociaux, là où l’écrasante des images sont postées en format portrait. Plus besoin de recadrage ou de rotation après la prise de vue, il suffit de partager la photo ou la vidéo.
L’appareil mesure environ 10 × 6,4 × 4,5 cm et pèse 240 g. Il se glisse facilement dans une poche de pantalon ou dans un sac sans trop l’alourdir. Son objectif à focale fixe est un 32 mm ouvrant à f/2,8 (équivalent 24×36), soit exactement ce que le constructeur proposait sur ses appareils jetables QuickSnap… Difficile de ne pas y voir un hommage à la photographie argentique des années 80 !
D’ailleurs, le X-Half intègre 13 simulations de film (Velvia, Classic Chrome, Acros…) et 26 filtres créatifs (fuites de lumière, film expiré, double exposition…) Cela permet de produire directement des images à l’esthétique vintage actuellement en vogue. Le X-Half conserve un viseur optique de type tunnel à la précision parfois relative.

Il dispose d’un écran principal vertical 3:4 tactile de 2,4 ’’ ainsi que d’un second en forme de gélule allongée. Le premier affiche les menus de paramétrage tandis que le second affiche le nom de la simulation de film active. Il reprend le concept de « fenêtre de contrôle » des reflex grand public des années 80 et 90, où l’on prouvait voir les références de la pellicule chargée.
L’ergonomie est simple, intuitive, fidèle aux appareils télémétriques d’antan : commandes physiques, molette d’exposition, focus manuel possible, autofocus visage/œil, levier de réarmement afin de faire avancer le négatif. Un vrai retour vers le passé, avec une électronique performante. Le X-Half produit des images de 17,7 Mpxls uniquement en JPEG (pas de prise en charge du RAW). Il dispose d’une plage ISO de 200 à 12 800 et d’un flash LED pouvant surseoir à un manque d’éclairage. La captation vidéo peut se faire en Full HD 24 ou 30 im/sec, toujours en mode vertical.
Des modes de prise de vues originaux
En plus de la prise de vue classique au travers du viseur optique (ou de l’écran LCD), le X-Half propose des modes pour le moins originaux.
Le mode « appareil photo argentique » a pour ambition de calquer le fonctionnement des appareils argentiques. Pour cela, vous devrez choisir un type de pellicule virtuelle et son nombre de vues (36, 54 ou 72). Après validation, on profite pleinement des joies simples de la photographie traditionnelle.

Le cadrage avant déclenchement ne pourra se faire qu’au travers du viseur optique. Une fois l’image mise en boîte, on pensera à réarmer avec le levier afin de préparer la prochaine prise de vue. Impossible aussi de prévisualiser le résultat sur l’écran : il faudra patienter jusqu’à la fin de la pellicule avant de pouvoir la développer.
L’opération s’effectue en contactant le X-Half à son smartphone en Wifi + Bluetooth via l’app compagnon. La pellicule virtuelle est transférée, puis « développée » : encore un peu de patience et l’on pourra enfin admirer ses images…
Cela risque de frustrer certains utilisateurs pressés de voir leurs images et les fera réfléchir sur la notion de cadrage et de prise de vue à l’ancienne. En cas d’impatience chronique, le seul moyen d’avoir accès aux photos avant la fin de la pellicule virtuelle est de… retirer la carte mémoire ou la batterie. Le X-Half revient alors à son mode de fonctionnement par défaut.
Le mode 2-en-1 est quant à lui nettement plus moderne. En actionnant le levier de réarmement, l’utilisateur peut créer une composition qui fusionnera les deux prochaines prises de vues. Il peut s’agir de deux photos, de deux vidéos ou un mix des deux dans un seul fichier. Cela incite le photographe à questionner sa fibre créative et à esquisser une narration visuelle.

La création d’images 2-en-1 reste aussi possible après la prise de vue, en passant par l’app compagnon. Mine de rien, ce mode est une réponse directe aux carrousels d’images pullulant sur les réseaux. Cela force l’utilisateur à réfléchir sur la composition finale et sur ce qu’il souhaite exprimer.
Une très bonne qualité d’image
Et la qualité des images, dans tout cela ? Est-elle à la hauteur de la promesse de Fujifilm ? Oui, incontestablement. Les photos produites sont d’excellente qualité : le piqué est impeccable, tout comme le respect colorimétrique (en fonction de la simulation de pellicule choisie, bien sûr !) La latence au déclenchement est quasi nulle, l’autofocus s’avérant rapide et précis.
Bien entendu il peut y avoir des déceptions, notamment en mode argentique. Le cadrage final peut différer de l’intention initiale, le viseur optique n’étant pas d’une grande précision. C’est notamment le cas sur les plans rapprochés, le défaut de parallaxe n’étant pas corrigé puisque le viseur ne passe pas par l’objectif.
Les simulations de film et les effets proposés sont d’excellente qualité. Bon point pour l’app compagnon, assez facile à utiliser et offrant elle aussi quelques possibilités intéressantes. Fujifilm s’est même payé le luxe de rendre le X-Half compatible avec ses imprimantes à films instantanés Instax. Il suffit d’activer la connexion Bluetooth afin de pouvoir envoyer les images vers le périphérique, sans passer par un smartphone.
Notre avis sur le Fujifilm X-Half
Ce petit boîtier au look vintage cache bien son jeu, puisqu’il ressemble à un traditionnel compact numérique. Ses concepteurs ont eu l’idée d’orienter son capteur à la verticale, façon portrait. L’objectif ? Susciter l’adhésion des utilisateurs de réseaux sociaux, où les images fixes et animées sont partagées en format vertical, tout en leur donnant une idée de ce qu’était la photo argentique.
Mais attention, pas n’importe comment : le X-Half est équipé d’un capteur 1″ performant et de simulations de films réussis, l’ensemble produisant de belles images. Les simulations de films argentiques et les effets créatifs s’avèrent eux aussi de très bonne facture. Mention spéciale pour le mode de fonctionnement « argentique », qui impose le fonctionnement d’un appareil traditionnel (pas de visualisation, impossible d’accéder aux photos avant la fin de la pellicule, etc). On déplore en revanche l’absence de certification d’étanchéité ainsi que l’impossibilité de shooter en RAW (compréhensible vu le positionnement, mais frustrante).
Le X-Half est vendu 799 €, soit le prix d’un compact expert ou d’un hybride numérique d’entrée de gamme. Ce prix, que nous jugeons élevé, en fait un produit de luxe qui risque de ne pas rencontrer son public. C’est dommage.
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