La révolution du pliant n’aura pas lieu. Leader incontesté de ce marché de niche (il faut dire qu’il est quasiment seul), Samsung propose cette année une évolution en douceur de ses deux smartphones pliants. Enfin presque. Le prix, lui, est loin d’être doux. Le Galaxy Z Fold4 – vous savez celui qui se déplie pour devenir tablette – est commercialisé à partir de 1 799 euros.
Que change cette nouvelle version ? Sur le papier, Samsung promet un format plus confortable au quotidien mais surtout une autonomie améliorée ainsi qu’un appareil photo enfin digne d’un modèle ultra-premium.
Le sud-coréen explique aussi avoir apporté quelques nouveautés logicielles rendant le format pliant plus pertinent, notamment en matière de productivité. Qu’en est-il réellement ? Réponse dans notre test complet.
Prix et disponibilité du Galaxy Z Fold4

Le Galaxy Z Fold4 est disponible au prix de 1799 euros en version 256 Go. Pour une capacité de 512 Go, comptez 1919 euros. Le Z Fold4 s’adresse donc à un public de niche mais ne fait face à aucune concurrence sur le marché français. Pour le moment…
Pour le lancement de ses nouveaux smartphones pliants, Samsung propose un bonus de reprise de votre ancien smartphone pouvant atteindre 300 euros ou une paire de Galaxy Buds2 offerte. Un petit coup de pouce bienvenu.
Pareil mais différent
Comme le Z Flip4, le Z Fold4 n’est pas un bouleversement esthétique dans la courte histoire de la gamme. Samsung semble persuadé que ce format représente l’avenir et se contente donc de peaufiner sa recette.
Comme son petit frère, le Z Fold4 a donc fait une petite cure de minceur (264 g contre 271 g pour le modèle précédent) et a musclé son jeu. Le verre de protection couvrant l’écran intérieur est désormais un Gorilla Victus+, le plus solide à l’heure actuelle. Dans le même temps, le Z Fold4 est certifié IPX8 (résistant à l’eau, pas à la poussière).
Bien que plus svelte, le dernier smartphone/tablette de Samsung dispose toujours de deux écrans de 6,2’’ et 7,6’’ (nous y reviendrons). Pourtant, ses dimensions ont été revues. Cette nouvelle génération est moins haute (-2,9 mm), un peu plus large (+2 mm) et sa charnière est plus fine. Pour conserver les mêmes tailles d’écrans, Samsung a donc réduit les bordures : le ratio de l’écran interne atteint désormais 90%.
Quoi d’autre ? Rien. Le capteur sous l’écran intérieur est toujours là (et toujours aussi mauvais), l’espace entre les deux dalles lorsque le smartphone est replié n’a pas disparu, et la pliure n’a pas été retravaillée.
Malgré tout, le format plus tassé se révèle bien plus agréable au quotidien. La prise en main est plus confortable, la répartition du poids plus équilibrée. Comme quoi, quelques millimètres peuvent faire une grande différence.
Ecrans larges
La grande nouveauté du Galaxy Z Fold4, c’est donc l’élargissement de ses lignes et donc, par ricochet, de ses écrans. S’ils affichent les mêmes diagonales que les dalles du Z Fold3 (6,2’’ pour l’externe et 7,6’’ déplié) les écrans du Z Fold4 sont donc moins haut mais plus larges.
Pour l’écran externe, cela facilite grandement les manipulations à une main ainsi que la frappe sur le clavier. Les touches virtuelles sont plus espacées ce qui permet de répondre confortablement aux messages. Un petit rien qui fait toute la différence puisque le Z Fold4 est selon nous le premier modèle à vraiment pouvoir s’utiliser comme un smartphone plus classique.
Une fois déplié, le Z Fold4 prend la forme d’une tablette un poil plus carrée. Pourquoi ce choix ? Samsung explique que les utilisateurs ne tournaient pas l’écran pour regarder les vidéos et que les bandes noires autour du contenu étaient donc trop larges (flemmards). Avec un format plus carré, plus besoin de se froisser un muscle pour regarder une vidéo Youtube. Ouf, on a frôlé la tendinite.

Et la qualité d’affichage dans tout cela ? Samsung étant passé maître dans l’art de la calibration, les deux dalles AMOLED sont d’excellente facture. Elles remplissent toutes les deux les critères d’un écran de smartphone premium : haute définition, taux de rafraîchissement adaptatif de 120 Hz.
En quelques chiffres (obtenus dans notre laboratoire de test 01Lab), l’écran externe affiche une luminosité moyenne de 1 065 cd/m2 (jusqu’à 1 388 cd/m2 en HDR) avec des contrastes infinis et un Delta E de 2,57 en mode naturel. L’écran intérieur est tout aussi convaincant avec une luminosité moyenne de 1 081 cd/m2 (pic à 1 257 cd/m2), des contrastes infinis et un Delta E de 2,1 en mode naturel.
Concrètement, le Galaxy Z Fold4 offre une expérience multimédia unique sur le marché. Non seulement son format hybride permet de se trimballer un écran géant dans la poche, mais en plus la qualité d’affichage est remarquable. Les joueurs et boulimiques de vidéos seront donc aux anges.
Seul petit reproche : Samsung n’a pas retravaillé la petit pliure. OPPO a démontré qu’il était possible de l’affiner avec son Find N. Ici, elle est encore un peu trop épaisse même si on l’oublie vite à l’usage. Pour 1 799 euros, on est en droit de chipoter un peu non ?
Cap sur la productivité

Comme l’année dernière, Samsung livre son Galaxy Z Fold4 avec le dernier processeur de Qualcomm. Les benchmarks sont sans appel, la Snapdragon 8+ Gen 1 est une bête de compétition et permettra à n’importe quel utilisateur de s’épanouir.
Le problème de cette puce est qu’elle donne du fil à retordre aux ingénieurs en matière de gestion thermique. Bonne nouvelle, le Galaxy Z Fold4 dispose de beaucoup plus d’espace sous sa coque pour laisser circuler l’air. Ainsi, ce modèle ne présente aucun problème de température, bien au contraire. Avec un maximum de 26,5° durant nos benchmarks (exercice le plus éprouvant), il ne souffre donc d’aucune fièvre.
Cela tombe bien puisque Samsung adresse la gamme Fold à un public pour qui le smartphone est avant tout un outil de productivité.
Interface (ré)adaptée

Après avoir rendu le Fold compatible avec un stylet (c’est toujours le cas et il ne se loge toujours pas dans le châssis, dommage), Samsung s’attaque plus sérieusement à la partie logicielle. Si le constructeur a abordé Android 12L (une version adaptée aux smartphones pliants) dans son pitch, la version embarquée dans notre modèle de test est bien Android 12, si l’on en croit les informations disponibles dans les paramètres.
Néanmoins, la surcouche OneUI 4.1 apporte son lot d’optimisations pour ce format si particulier. Ainsi, la plupart des applications Samsung s’affichent avec une interface différente sur grand écran, plus complète pour une meilleure productivité. Mention spéciale à l’application photo dont la disposition s’adapte à différents niveaux de pliure. Certaines applis partenaires comme Youtube ou Netflix s’adaptent aussi au format tablette, mais elles ne représentent encore qu’une infime partie du Play Store.
La grande nouveauté du Galaxy Z Fold4 est l’intégration d’une barre des tâches en bas de l’écran que l’on peut supprimer dans les paramètres si on la considère comme superflue. Ce serait selon nous une erreur tant elle facilite l’utilisation en multitâche et multifenêtrage (un simple glisser/déposer suffit à personnaliser l’interface). D’ailleurs, il est désormais possible d’afficher quatre applications simultanément sur l’écran contre trois sur le modèle précédent.
Pour le reste, on navigue sur une version on ne peut plus classique de OneUI 4. Toujours riche en personnalisation, cette surcouche facilite aussi l’utilisation à une main (lorsque le Fold4 est replié) et jouit d’une richesse de petites fonctionnalités bien senties. On soulignera cependant que la charte graphique commence un peu à vieillir. Un petit refresh ne serait pas de refus.
Le Galaxy Z Fold4 s’impose donc comme le smartphone/tablette ultime pour les amateurs de productivité. Sa puissance et ses optimisations logicielles donnent un peu plus de pertinence au format pliant même s’il n’existe pas encore la fameuse killer feature qui rendra ce format incontournable pour le grand public.
Quid de l’autonomie ?

Le Galaxy Z Fold4 pouvant endosser le costume de smartphone ou de tablette à l’envie, il convient donc d’aborder la question de l’autonomie en deux points. Lorsqu’il endosse le rôle de smartphone (avec son écran replié), le Galaxy Z Fold4 affiche une excellente autonomie. Selon notre laboratoire 01Lab, il tient 14h57 en utilisation polyvalente et 12h54 en streaming vidéo.
Dans cet exercice, le Galaxy Z Fold4 se révèle aussi très bon une fois son écran déplié. Son autonomie en streaming vidéo passe à 07h10. En revanche, l’autonomie polyvalente dégringole à 07h24, un résultat plutôt décevant.
Car le bilan de ces tests est sans appel : le Galaxy Z Fold4 fait à peine mieux que le Z Fold3 lancé l’année dernière. Il faut dire que Samsung a conservé une batterie similaire (4 400 mAh) pour une puce plus puissante. On en déduira donc qu’il y a du mieux en matière d’optimisation de la consommation d’énergie, mais rien d’extraordinaire non plus.

Et au quotidien alors ? Pour une utilisation soutenue, le Galaxy Z Fold4 tient largement la journée, à condition de ne pas forcer sur le jeu avec l’écran déplié (dans ce cas tablez plutôt sur une journée). Les utilisateurs s’en servant comme outil de travail pourront pousser jusqu’à une journée et demie grand maximum, ce qui n’est pas mal du tout.
Comme le reste du catalogue premium Samsung, le Galaxy Z Fold4 est fourni sans chargeur (pas de petites économies même sur un smartphone à 1800 euros). Avec le chargeur optionnel de 45W, il faut 01h18 de recharge au Z Fold4 pour retrouver toute son énergie. C’est long. Trop long. En revanche, les 50% (autorisant une bonne demie journée d’utilisation) sont atteints en 27 minutes. C’est mieux, même si ces performances sont loin d’égaler celles des meilleurs modèles en la matière.
Enfin un appareil photo digne de ce nom

Les précédents Z Fold souffraient de deux défauts majeurs : l’autonomie et la qualité photo. Comme nous venons de l’expliquer, Samsung a corrigé le tir sur le premier point mais qu’en est-il de la photographie ?
Bonne nouvelle, le coréen s’est enfin décidé à intégrer des capteurs dernier cri dans son smartphone le plus cher. Pour être certain de ne décevoir personne, il a donc repris la configuration des Galaxy S22 et S22+, à savoir :
- un capteur de 50 Mpxl (1/1,57″ ; 1 µm) avec objectif grand-angle (f/1,8 – champ de vision 83°), stabilisation optique
- un capteur de 12 Mpxl (1/2,55″ ; 1,4µm) avec objectif ultra grand-angle (f/2,2 – champ de vision 123°)
- un capteur de 10 Mpxl (1/3,94″ ; 1 µm) avec téléobjectif (f/2,4 – zoom 3x), stabilisation optique, Dual Pixel AF

Ceux qui suivent l’actualité de la marque remarqueront que le Z Fold4 ne dispose pas du nec plus ultra de la photographie chez Samsung. Le S22 Ultra reste logiquement le modèle le mieux équipé, le Z Fold4 n’ayant pas vocation à s’imposer comme une référence de la photographie, mais plutôt à offrir une expérience unique.
Pourtant, les trois modules intégrés ici lui permettent bien de se hisser parmi les meilleurs photophones du marché. Sans atteindre le niveau d’un iPhone 13 Pro Max, d’un Find X5 Pro, d’un Pixel 6 Pro ou d’un Mi 11 Ultra, le Z Fold4 saura répondre aux attentes des utilisateurs exigeants.
Le matériel photographique associé aux algorithmes de traitement permettent d’obtenir d’excellents clichés de jour comme de nuit. On notera le retour du traitement colorimétrique agressif avec des couleurs parfois trop saturées pour sembler réalistes. Dommage, Samsung avait commencé à se débarrasser de cette sale manie avec les S22/S22+.


Grâce à ses trois capteurs, le Z Fold4 se montre polyvalent notamment pour la photo à longue distance ou les portraits. Si l’ultra grand-angle mériterait encore quelques ajustements, l’ensemble reste convaincant. En vidéo, le Galaxy Z Fold4 se montre tout aussi séduisant que les S22/S22+. Son petit embonpoint rend même les vidéos plus stables.
Impossible d’aborder la partie photo sans mentionner l’interface adaptée au format tablette. L’application photo devient alors un véritable écran de contrôle avec un aperçu des photos shootées sur un tiers de l’écran, le cadrage sur un autre tiers et les touches sur le dernier tiers.

Elle tire également partie de l’écran externe : on peut prendre des selfies avec les capteurs principaux ou tourner des vlogs avec un retour caméra. Bien vu.
Notre avis sur le Galaxy Z Fold4
Si vous attendiez une révolution, vous serez déçus en découvrant le Galaxy Z Fold4. Cette nouvelle génération ne bouleverse pas les codes de ce marché encore très jeune. Samsung reprend une recette qu’il maîtrise, change quelques ingrédients jusque-là un peu fades (autonomie, qualité photo) et la saupoudre de nouvelles épices (format légèrement revu, quelques nouveautés logicielles).
Si le Galaxy Z Fold4 est sans aucun doute le smartphone ultime pour la productivité et le multimédia, il n’est pas encore parfait. Celles et ceux qui ne souhaitent pas manipuler un smartphone trop lourd préfèreront toujours un combo smartphone (dans la poche) + petite tablette (dans le sac). La recharge est encore trop lente, l’autonomie perfectible et les fonctionnalités rendant ce format incontournable n’existent pas encore.
À 1 799 euros, le Galaxy Z Fold4 est aussi un smartphone extrêmement cher, réservé à un public pour qui le smartphone est un outil de productivité ou aux geeks. Dans tous les cas de figure, le futur du smartphone reste encore encore réservé aux plus fortunés d’entre nous. Comme un grand cru.
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Galaxy Z Flip4
1 799€On aime
- Nouveau format plus confortable
- Ecrans magnifiques
- Performances au top et autonomie améliorée
- Interface mieux optimisée
- Enfin un appareil photo premium !
On aime moins
- Pas de chargeur fourni
- Charge lente
- Ultra grand-angle perfectible
- Pas de grands changements par rapport au Z Fold3
- Prix extrêmement élevé




























C’est un très beau modèle