Elle fut rapidement éclipsée par une concurrence plus innovante. Avec sa série X, Insta360 a méthodiquement conquis le marché, faisant passer la caméra 360 du gadget pour early adopters à l’outil de création de contenu grand public.
GoPro peut-il rattraper son retard ? Il le pense et empile des caractéristiques techniques alléchantes, comme le passage en 8K, l’ajout d’un mode LOG qui devrait séduire les pros ainsi qu’une gestion des couleurs sur 10 bits. Cela suffira-t-il pour convaincre les utilisateurs potentiels, surtout après l’arrivée surprise de DJI sur le segment avec la très réussie Osmo 360 ? Afin de nous faire une idée, on l’a analysée sous toutes les coutures et testée pendant un mois.
Solidité et ergonomie avant tout
Côté design et ergonomie, pas de gros changement en vue. Si l’on excepte quelques stries sur la face avant et le passage du logo en bleu, la Max 2 est strictement identique à la Max 1. Ha si, il y a quand même une différence appréciable : la nouvelle venue bénéficie embarque en plus de l’attache traditionnelle GoPro un filetage 1/4 ’’ standard.
Mine de rien, cette petite attention est appréciable ! Ne comptez pas en revanche réutiliser des batteries des GoPro Black ou de la première Max : elles ne sont pas compatibles. GoPro aurait mieux fait de s’inspirer de DJI qui utilise le même format d’accumulateurs pour ses Osmo traditionnelles et la version 360. Dommage.
La Max 2 est étanche jusqu’à 5 mètres de profondeur. En la matière, GoPro déçoit un peu : la DJI Osmo 360 descend à 10 mètres, et l’Insta360 X5 caracole à 15 mètres, toujours sans caisson. Les amateurs de plongée et de snorkeling passeront donc leur chemin, ou devront attendre un éventuel caisson de plongée dédié. C’est un peu décevant pour une marque qui a bâti sa réputation sur une utilisation tout-terrain hardcore.
Pour le reste, rien à redire : la caméra bénéficie d’une construction soignée et inspire confiance. En cas de casse des objectifs, GoPro propose enfin un kit de remplacement instantané. Vendu 50 euros, il comprend deux objectifs en verre ainsi qu’un outil de remplacement. Il est conçu pour être utilisé sans passer par la case SAV, le remplacement pouvant être effectué sur le terrain. On ne peut qu’applaudir cette excellente idée. Elle n’est pas nouvelle puisque Insta360 propose un kit semblable pour la X5 et la X4 Air. Celui de GoPro semble toutefois un peu plus simple à installer.
8K, pour quoi faire ?
Le principal reproche adressé à la GoPro Max était sa résolution insuffisante, compte tenu de ses ambitions. La Max 2 corrige cela en passant de 5,6 K à une vidéo 360° en 8K (7680×3840 pixels) à 30 images/seconde.
Pourquoi la 8K est-elle si cruciale ? Pour 99 % des utilisateurs, l’intérêt premier d’une caméra 360, n’est pas de créer des vidéos sphériques. Ce qui la rend intéressante, c’est la possibilité de recadrage à volonté en postproduction. Lors de la captation, la caméra enregistre absolument tout ce qui se trouve autour d’elle, rendant inutile le cadrage.
Celui-ci s’effectue a posteriori, en extrayant des séquences « plates » dont on choisit les angles de prise de vue. À partir d’un seul enregistrement, il est possible de créer des vidéos très différentes : suivre un sujet puis passer en vue POV s’effectue en un clic, faire basculer l’horizon, etc.
Avec 5,6K, extraire une vidéo « plate » traditionnelle n’était pas toujours satisfaisant. Il fallait éviter de zoomer pour ne pas perdre en définition et l’on peinait parfois à atteindre une qualité Full HD propre.
En enregistrant en 8K, les plans Full HD extraits sont d’une netteté irréprochable tout en offrant une latitude de zoom et de recadrage jusqu’alors réservée aux caméras professionnelles. La 4K s’avère exploitable, mais il faudra éviter de zoomer ou de recadrer trop violemment la scène afin de préserver la qualité finale.
La 8K de la Max 2 est qualifiée par GoPro de « 8K véritable » : aucun pixel noir ou superposé (nécessaires pour la couture des bords) n’est comptabilisé dans les fameux 8K. Le constructeur explique que l’image se compose d’au moins 3840 pixels actifs sur deux axes, par capteur. La résolution effective est ainsi supérieure de 16 à 21 % à celle de ses concurrents.
On peut même s’aventurer à l’extraction de plans 4K qui ne feront pas saigner les yeux. La Max 2 propose enfin un mode mono-objectif crédible en 4K 60 im/sec (ou Full HD 60 im/sec). D’après nos tests, elle remplace sans problème une caméra tout-terrain dans bien des situations.
Encodage 10-bits
Au niveau technique, la Max 2 supporte la captation au format GP-LOG, indispensable aux vidéastes professionnels ainsi que l’encodage couleur sur 10 bits. Elle rejoint la DJI Osmo 360 dans la cour des grands en capturant plus d’un milliard de nuances.
Concrètement, on bénéficie d’une plage dynamique bien plus étendue. Il devient possible de récupérer en postproduction des détails dans les ombres bouchées et les hautes lumières brûlées. Le GP-LOG offre une base neutre pour un étalonnage précis en postproduction. Bien entendu, les profils colorimétriques GoPro habituels restent disponibles afin de contenter les utilisateurs traditionnels.
Les séquences produites sont de très bonne tenue en forte ou moyenne luminosité, ce qui n’est guère surprenant pour un produit GoPro conçu avec l’outdoor en ligne de mire. Nous n’avons pas eu le loisir de tester le rendu d’une capture sous-marine, mais gageons qu’elle devrait être au moins correcte.
Lorsque la luminosité baisse, l’image perd un peu en qualité. Elle reste tout à fait correcte, mais l’extraction de séquences 4K fait apparaître un léger fourmillement sur les zones sombres.
La Max 2 embarque 6 microphones (contre 4 chez ses rivales) pour une capture audio spatiale immersive. Mais surtout, le traitement de la réduction du vent, souvent le point faible des caméras d’action, s’est avéré très efficace lors de nos tests. Bon point aussi pour la connexion d’écouteurs Bluetooth à la caméra afin de les transformer en micro sans-fil.
La caméra est alimentée par une batterie extractible de 1960 mAh. Selon la résolution, le débit et le mode utilisé, elle nous a permis de tenir entre 60 et 150 minutes. Les baroudeurs prévoiront l’achat d’un ou deux exemplaires supplémentaires, ainsi que du chargeur rapide optionnel.
Interface soignée, app bien pensée
Conçue pour être manipulée du bout d’un doigt, l’interface de la Max 2 est identique à celle des caméras d’action Hero Black. Elle s’avère simple, réactive et efficace, y compris en pleine action. On apprécie la possibilité de créer des raccourcis écran personnalisés selon ses besoins ainsi que la présence d’un contrôle vocal efficace.

L’app compagnon Quik donne accès à l’ensemble des paramètres et contrôles depuis l’écran d’un smartphone. Elle propose aussi le montage et l’édition des séquences manuellement ou à l’aide de modèles prédéfinis. Dans un cas comme dans l’autre, pas besoin d’être un pro de la vidéo pour s’en sortir ! Le cadrage s’effectue a posteriori en fonction des désirs du réalisateur.
L’app utilise un mécanisme d’images clés : il suffit d’en définir deux et elle se débrouille pour générer un mouvement fluide afin de passer de l’une à l’autre. Quelques exemples sont visibles dans la vidéo que nous avons intégrée à ce test. Produire ses séquences à partager sur les réseaux sociaux est amusant, rapide et réellement intuitif.
Si l’app s’avère satisfaisante, elle n’est pas encore au niveau de sophistication de ce que propose Insta360. Elle brille en revanche par les technologies de stabilisation HyperSmooth mises en oeuvre qui offrent un rendu « drone » même si la caméra est salement secouée lors de la captation (au bout d’une perche de 1,5 m en vélo, par exemple).

On peut bien entendu récupérer les rushes afin de les traiter sur un ordinateur. Il faudra pour cela installer l’application GoPro Player. Nettement moins complète que la version pour smartphone, elle permet essentiellement de préparer les séquences afin de les assembler dans un logiciel de montage traditionnel.
Les utilisateurs de Premiere Pro, After Effects et DaVinci Resolve peuvent aussi passer par GoPro ReFrame, un plugin gratuit qui permet de traiter les vidéos depuis le logiciel. Détail agréable : la version actuelle du plugin fonctionne avec n’importe quel fichier 360, y compris avec ceux de DJI ou Insta360.
Notre avis sur la GoPro Max 2
À l’issue de nos tests, force est de constater que la Max 2 corrige bien des défauts de la Max 1. On apprécie notamment la qualité des séquences en Full HD ou en 4K ainsi que la simplicité d’utilisation de l’app compagnon. L’autonomie s’avère correcte pour une caméra de cette catégorie, mais on envisagera rapidement l’achat d’une ou deux batteries supplémentaires.
Pour le reste, on retrouve avec plaisir ce qui a fait le succès des caméras GoPro : une interface simple et intuitive, une belle qualité d’image en bonne luminosité et surtout une stabilisation quasiment parfaite. Le son capté s’avère de bonne tenue et l’atténuation de bruits parasites (souffle du vent) fait très bien son boulot.
Nous n’avons pas grand-chose à reprocher à la Max 2, si ce n’est une chauffe non négligeable lors de la captation 8K ainsi qu’une étanchéité limitée 5 mètres de profondeur (10 mètres pour la DJI Osmo 360 et 15 mètres pour l’Insta360 X5). C’est d’autant plus regrettable que GoPro ne propose pas de caisson étanche au lancement.
Côté prix, la Max 2 est disponible pour 420 euros : elle se situe donc entre l’Osmo 360 (348 euros) et l’Insta360 X5 (590 euros). Ce positionnement tarifaire nous semble correct : DJI casse les prix afin d’imposer son premier modèle, tandis qu’Insta360 confirme son positionnement haut de gamme avec un produit premium sans réelle concession.
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