Quelques jours avant sa traditionnelle Google I/O, l’entreprise dévoilait son Pixel 8a, version plus abordable de son cru 2024. À l’instar de ses concurrents, le constructeur suit religieusement son calendrier traditionnel.
Comme chaque année, le Pixel 8a hérite des principaux atouts des modèles premium avec forcément quelques concessions. « Forcément », car il est commercialisé au tarif de 549 euros, soit près de deux fois moins que ses grands frères. Google parvient-il encore une fois à trouver le parfait équilibre ? Spoiler alert : oui.
Prix et disponibilité du Google Pixel 8a

Le Google Pixel 8a est d’ores et déjà disponible au prix de 549 euros en version 128 Go. La modèle avec 256 Go de stockage est proposé à 609 euros. Il se décline en quatre coloris : Noir Volcanique (modèle de test), Bleu Azur, Vert Aloe et Porcelaine.
Pour le lancement et jusqu’au 26 mai 2024, Google propose plusieurs offres sur ses accessoires. Pour tout achat d’un Pixel 8a, 3 mois d’abonnement à YouTube Premium sont aussi offerts.
Compact et élégant

Esthétiquement, le Pixel 8a est… un Pixel. Google ne réinvente pas la roue et opte pour un design très proche de ses modèles premium. Tout de plastique vêtu, il se distingue d’abord par ses courbes arrondies (dans les coins et sur les tranches) ainsi que son module photo s’étirant sur toute la largeur de son dos.
Le choix du plastique pourrait en décevoir certains, ce n’est pas mon cas. D’abord, parce que le traitement du matériau est ici bien plus qualitatif qu’il y a plusieurs années. En trois mots, l’illusion est parfaite.
Ensuite, il permet à Google de proposer un smartphone léger (188 g seulement), ce qui, combiné à son format compact, facilite la prise en main. Ainsi, on se plait à manipuler le Pixel 8a à une main sans craindre la chute (il est tout de même certifié IP67 pour les plus maladroits) ou à le glisser dans une poche où il se fait oublier.
Le seul reproche que l’on puisse faire aux designers de Google se trouve sur la face avant. Pour une raison incompréhensible, l’écran est entouré de larges bandes noires franchement disgracieuses. Pour le reste, ce Pixel 8a est un petit bonbon.
Petit écran, grande qualité

En dehors de ces bordures noires d’un autre temps, l’écran du Pixel 8a est une franche réussite. Google opte pour une dalle OLED Full HD de 6,1’’ avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz. Modèle milieu de gamme oblige, le constructeur se passe de technologie LTPO (trop coûteuse) ce qui réduit la variation de fréquence de 60 à 120 Hz (et non de 1 à 120 Hz pour les modèles premium). Théoriquement cela peut avoir une incidence sur l’autonomie. En pratique le Pixel 8a s’en tire très bien sur ce terrain (j’y reviendrai).
Au quotidien, l’écran du Pixel 8a se révèle donc confortable en toutes circonstances et dans tous les environnements. Son excellente luminosité permet de jouir d’une très bonne lisibilité dans des conditions extrêmes (en plein soleil par exemple). Les amateurs de multimédia en auront aussi pour leur argent : regarder un film ou une série sur le Pixel 8a est une expérience agréable malgré sa « petite » diagonale d’écran. Un presque sans faute.
Puce haut de gamme

Le Pixel 8a embarque la même puce Tensor G3 que ses grands frères. Associée à 8 Go de RAM et 128 ou 256 Go de stockage, elle offre un niveau de performances digne d’un smartphone premium.
Comme les Pixel 8 et 8 Pro, le 8a ne brille pas dans les classements des différentes applications de benchmarking. Cela s’explique par l’architecture de la puce qui se concentre sur le NPU, responsable du bon fonctionnement de l’intelligence artificielle. Rien de nouveau chez Google puisque le constructeur s’est toujours distingué par cette approche.
Concrètement, cette particularité ne détériore aucunement l’expérience. Le Pixel 8a peut tout faire, des usages les plus répandus (navigation web, réseaux sociaux, messagerie) au plus exigeants en ressources (photographique, vidéo, jeu). Il se distingue par son excellente dissipation thermique : même après de longues sessions de jeu, je n’ai jamais ressenti la moindre surchauffe.
Pensé pour l’IA

Surtout, Google vend son Pixel 8a comme un smartphone « totalement IA ». Grâce à l’intégration de sa puce haut de gamme, la marque peut proposer toutes les fonctionnalités d’intelligence artificielle de ses modèles premium. Et cela fait toute la différence avec ses concurrents.
Samsung, pour ne citer que lui, a choisi de réserver ses principales nouveautés logicielles à ses smartphones premium. Galaxy AI, qui a fait tant de bruit, n’est donc pas disponible sur le Galaxy A55, modèle pourtant le plus vendu chaque année par la marque.
En optant pour une stratégie totalement opposée, Google tape dans le mille. L’expérience logicielle truffée d’IA fait mouche, d’autant que les fonctionnalités apportées se révèlent très utiles au quotidien.
Je pense par exemple à la traduction instantanée permettant d’échanger avec un interlocuteur dont on ne connaît pas les rouages de la langue en apostrophant tout simplement Google Assistant. Je pense aussi au filtre anti-spam permettant de se débarrasser du démarchage téléphonique. Je pense enfin à Clear Voice, une fonctionnalité qui éclaircit la voix dans les environnements bruyants pour de meilleurs conversations téléphoniques.
De la personnalisation aux paramètres en passant par l’optimisation de la batterie ou des performances, les ingénieurs ont développé pléthores de fonctionnalités alimentées par cette intelligence artificielle. Comme ses grands frères, le Pixel 8a respire l’IA, pour mon plus grand plaisir.
Cerise sur le gâteau, le Pixel 8a bénéficie aussi du suivi des mises à jour majeures de 7 années (inauguré sur les Pixel 8 et 8 Pro). Non seulement cela lui assure une certaine longévité mais aussi de recevoir les dernières fonctionnalités logicielles, notamment celles en lien avec l’intelligence artificielle Gemini, projet d’avenir de Google.
Coureur de fond

La gamme Pixel n’a jamais vraiment brillé par son endurance. Mais il faut tout de même reconnaître que Google ne ménage pas ses efforts pour améliorer tout cela. Force est de constater que les choses vont bien mieux depuis l’arrivée des puces Tensor G, sans pour autant faire des Pixel des références de l’autonomie.
Grâce à une batterie de 4 500 mAh et l’optimisation de la puce Tensor G3, le Pixel 8a confirme la bonne dynamique de la marque. S’il n’atteint pas les meilleurs scores sur les tests d’autonomie du 01Lab, il reste suffisamment endurant pour satisfaire les besoins d’un utilisateur exigeant.
Durant mes quelques jours de test, j’ai régulièrement multiplié les usages avancés comme la photo, la vidéo, l’édition de fichiers lourds, le jeu… En moyenne, je tenais une bonne journée avant de passer par la case recharge. Pour une utilisation standard on peut donc tabler sur une journée et demie d’autonomie.
En revanche, je suis passé par la case recharge tous les soirs, la puissance de charge limitée à 18 W (que Google qualifie de rapide) étant insuffisante pour une charge ponctuelle en plein milieu de journée. Comptez plus d’une heure pour une charge complète.
Bonne nouvelle, le Pixel 8a est compatible avec la recharge sans fil. Là encore, les temps de charge sont très longs (environ 2 heures). Reste qu’en prenant l’habitude d’une charge nocturne quotidienne, ce petit défaut reste acceptable.
Imbattable en photo (et vidéo)

Historiquement, Google n’a jamais vraiment mis le paquet sur la partie matérielle de ses appareils photo. Quand ses concurrents lançaient des modèles à 3 ou 4 capteurs, lui se contentait d’un seul, préférant optimiser ses algorithmes de traitement. Chacun sa spécialité.
Le Pixel 8a s’inscrit dans cette philosophie et n’intègre que deux capteurs : un de 64 MP associé à un objectif grand-angle et un de 13 MP associé à un ultra grand-angle. À l’avant, le caméra selfie de 13 MP est en charge d’immortaliser vos plus beaux égo-portraits.
Sans atteindre le niveau d’excellence des Pixel 8 et 8 Pro, le 8a rivalise aisément avec certains modèles du segment premium. Une prouesse rendue possible par l’optimisation des algorithmes de traitement d’image dont Google a le secret.
En pratique, les photos shootées avec la caméra principale sont tout bonnement excellentes. Le piqué, la colorimétrie, la luminosité, rien ne laisse penser que la photo provient d’un smartphone à 500 euros. Tout juste pourrais-je reprocher une tendance à surexposer le ciel au détriment du premier plan en contrejour, mais ces rares petits défauts se corrigent grâce aux outils d’édition par IA.
En basse lumière, la caméra principale se révèle tout aussi convaincante même si elle n’atteint pas le niveau d’un modèle ultra-premium. Les points lumineux (lampadaires par exemple) sont mal gérés par l’IA : cela se traduit par des halos lumineux ou un effet tâche. Rien de rédhibitoire, le Pixel 8a délivrant des performances photographiques nettement supérieures à ses concurrents.

L’ultra grand-angle s’inscrit dans cette dynamique même si les résultats sont logiquement moins séduisants qu’avec la caméra principale. En plein jour, aucune photo ne m’a vraiment choqué. En revanche, en basse lumière, la distorsion et le bruit numérique sont plus présents.
Quid des photographies prises à distance ? En l’absence de téléobjectif, Google confie cette tâche aux seuls algorithmes. Capable de monter jusqu’à un zoom numérique 8x, le Pixel 8a excelle en zoom 2x, convainc en zoom 4x et reste correct en zoom 8x.
Enfin, le Pixel 8a saura satisfaire les amateurs de portraits. Bien que le bokeh paraisse parfois trop artificiel, les résultats restent convaincants grâce, notamment, à un détourage précis et une teinte des peaux très réalistes.
Google parvient à surprendre sur le terrain de vidéo. Capable de filmer jusqu’en 4K à 60 im/s, le Pixel 8a se distingue par sa stabilisation au cordeau. Les scènes tournées en courant m’ont agréablement surpris.
La véritable attraction de ce modèle réside dans l’intégration de l’IA dans les outils d’édition. Côté photo, on retrouve la gomme magique, la fonction retouche (permettant de détourer, effacer ou déplacer des éléments), l’amélioration automatique et tout ce que l’on a pu découvrir dans nos tests des Pixel 8 et 8 Pro.
Côté vidéo, la Gomme audio fait son effet. Cette fonctionnalité permet d’isoler la voix des bruits environnants et du vent, avec la promesse de ne plus avoir besoin de micro pour tourner des vlogs. Surprise : ça marche (vraiment bien) ! À tel point que je m’interroge sur la nécessité de m’équiper d’un micro sans fil.
Mon avis sur le Google Pixel 8a
En dehors de quelques tous petits défauts (bordures d’écrans larges, charge lente), le Pixel 8a a tout pour plaire. Compact et léger, il est agréable à utiliser au quotidien. Son écran OLED lumineux associé à d’excellentes performances en font un appareil taillé pour les utilisateurs exigeants, y compris les joueurs.
Ajoutons à cela une bonne autonomie, une compatibilité avec la charge sans fil ainsi qu’un appareil photo digne de la réputation de Google. Surtout, le Pixel 8a hérite de toutes les fonctionnalités d’intelligence artificielles inaugurées sur les Pixel 8 et 8 Pro. Pour 549 euros, avec, en prime, un suivi des mises à jour de 7 ans, ce Pixel 8a est un vrai coup de coeur.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.






















