Sonnez tambours, résonnez trompettes : la première liseuse à encre électronique couleur destinée au grand public est disponible en France ! Cette technologie, timidement apparue sur quelques produits confidentiels a fait saliver les geeks de la planète.
Le premier à s’y coller dans l’Hexagone fut Vivlio avec la Color, dont la distribution resta confidentielle. Mais cette fois, c’est du lourd puisque c’est Rakuten qui s’intéresse au sujet, par l’entremise de sa filiale canadienne Kobo. C’est donc la FNAC qui distribuera majoritairement les Clara Colour et Libra Colour, premiers modèles disponibles.

S’agit-il d’une simple évolution ou d’une révolution en matière d’affichage à faible consommation ? La couleur apporte-t-elle véritablement quelque chose ? Pour le savoir, nous avons passé quelques semaines avec la Libra Colour. Ce modèle haut de gamme peut être équipé en option d’un stylet afin d’autoriser la prise de notes.
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L’encre électronique : du monochrome à la couleur
Avant d’aller plus loin, il est peut-être bon de rappeler ce qu’est l’encre électronique. Une dalle à encre électronique a comme principale caractéristique de consommer très peu d’énergie. Sans rentrer dans les détails techniques, on retiendra qu’une impulsion électrique n’est nécessaire que lors de la génération d’une nouvelle page, celle-ci restant visible une fois l’alimentation coupée.
Des inconvénients non négligeables
Si elle limite la consommation électrique, l’encre électronique n’est pas la technique d’affichage la plus rapide, loin de là. Selon la technologie employée, il faut compter entre 0,5 et 1,5 seconde afin d’afficher une image. On est loin des 60, voire 120 im/sec proposées sur les dalles LCD traditionnelles.

De plus, l’affichage d’une nouvelle page (ou image) n’efface pas entièrement la précédente, ce qui détériore le confort visuel au bout de quelques pages parcourues. Afin d’y remédier, les liseuses « réinitialisent » régulièrement l’écran en le faisant clignoter brièvement toutes les 2 ou 3 pages.
Et la couleur fut !
La version couleur s’appuie sur la même technologie à laquelle s’ajoute une matrice de filtres colorés. Kobo utilise ici une dalle Kaleido 3 de 7″ de diagonale conçue par la société E-Ink. Elle est capable de reproduire 4096 teintes en 150 ppp (ou 300 ppp en monochrome), la technologie actuelle ne permettant guère mieux.
Concrètement, qu’apporte la couleur sur cette liseuse ? À la fois pas grand-chose… et beaucoup ! Pas grand-chose, si l’on se contente de lire des ouvrages traditionnels. Dans ce cas, les illustrations qu’ils contiennent bénéficieront de cette nouveauté (notamment la couverture des livres électroniques).

En revanche, elle sera nettement plus appréciable pour la lecture de BD ou d’ouvrages richement illustrés, à condition de se contenter de la taille réduite d’affichage. Petit problème, toutefois : les bulles d’une BD ou les légendes d’un graphique conçues pour une lecture en format A4 n’est pas évidente sur un écran de 7’’.
Il faudra donc zoomer sur le dessin afin de réussir à en lire le texte. Cela peut rapidement devenir lassant, l’opération s’avérant lente. Ou alors, se contenter d’ouvrages au format d’origine plus compact, comme les mangas, généralement publiés en format de poche.
Même si l’encre électronique couleur semble prometteuse, elle n’est pas encore parfaite. Les couleurs sont très pâles et ne restituent pas la réalité du document affiché. Le processeur de la liseuse n’est pause foudre de guerre, notamment lorsqu’il s ’agit de se déplacer dans une page graphique.
Vous l’avez compris, nous sommes un peu restés sur notre faim. L’aspect couleur est en revanche nettement plus intéressant si l’on utilise la Libra Colour comme bloc-notes électronique.
Bloc-notes intelligent
Comme l’Ellipsa 2E, la Libra Colour permet l’utilisation d’un stylet afin de surligner, dessiner ou prendre des notes. Il faudra pour cela acquérir le Kobo Stylus 2 (70 euros). Équipé d’une touche de fonction latérale et d’une gomme digitale, il se recharge en USB-C. Aucun emplacement interne n’est prévu pour le recevoir, mais il se fixe sur l’un des flancs à l’aide d’aimants quand on ne l’utilise pas.

Kobo propose deux types de carnets. Celui de base permet d’écrire n’importe où, exactement comme on le ferait sur une feuille de papier. Il est parfait pour griffonner des croquis ou prendre des notes rapidement. Le carnet avancé autorise la reconnaissance de l’écriture manuscrite ainsi qu’une mise en page plus évoluée, par exemple l’insertion de diagrammes ou d’équations mathématiques.
L’utilisation de la Libra Colour comme bloc-notes s’avère agréable. Mention spéciale pour la reconnaissance d’écriture manuscrite, vraiment performante. On apprécie aussi la possibilité d’exporter les carnets de notes vers Google Drive, Dropbox ou un ordinateur (connexion USB-C) en format Word, texte ou HTML. Dommage que le PDF ne soit pas proposé : ce standard de fait étant lisible sur de nombreux appareils.
Liseuse évoluée
Bien entendu, la Libra Colour est avant tout une liseuse destinée aux livres électroniques. Ceux-ci peuvent être acquis sur la boutique en ligne Kobo, disponible depuis l’interface, ou importés dans les 32 Go de mémoire de stockage. Dans ce cas, on passera par câble USB ou par la synchronisation avec le cloud Dropbox ou Google Drive.
L’interface de lecture est d’une grande simplicité d’utilisation et n’évolue pas véritablement par rapport à celle des modèles précédents. Selon leur format et les mécanismes de protection intégrés, il est possible d’ajouter des annotations, de surligneur un texte ou encore de dessiner au stylet. Le tout avec une petite latence, sûrement due à la jeunesse de l’encre électronique couleur.

Autre fonction intéressante, la lecture de livre audio que l’on se procure dans la boutique en ligne. La tablette étant dépourvue de haut-parleur, il faudra se munir d’un casque Bluetooth afin de pouvoir les écouter. Le résultat est plus que satisfaisant, à un détail près : il faut impérativement rester sur la page du lecteur audio, l’appareil ne semblant pas prendre en charge un véritable multitâches. Impossible donc de dessiner ou écrire tout en écoutant un bouquin. Dommage.
Et l’autonomie, dans tout cela ? Elle s’avère très bonne, voire excellente. En utilisation mixte (lecture de bouquins, prise de notes en couleurs, écoute de livres audio), notre exemplaire de test a atteint les trois semaines d’autonomie. Pour cela, nous avons conservé les paramètres par défaut (rafraîchissement de page standard et rétroéclairage adaptatif automatique).
Last but not least, la Libra Colour bénéficie d’une certification IPX8 lui permettant de survivre à une immersion de 60 minutes maxi à deux mètres de profondeur en eau claire.
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Notre avis sur la Kobo Libra Colour
La Libra Colour de Kobo fait partie des toutes premières liseuses équipées d’un écran couleur. Et pour un premier essai, force est de constater que le résultat est encourageant… mais pas parfait. Le principal reproche qu’on lui fera est la pâleur des couleurs affichées qui rend illusoire l’obtention d’un rendu fidèle.
De plus, la petite taille de l’écran ne facilite pas la lecture de bandes dessinées classiques, mais se prête plutôt bien au format compact des mangas. On apprécie la possibilité d’utiliser l’appareil comme un carnet de notes à condition d’acquérir un style optionnel.
Bon point aussi pour la synchronisation avec les nuages Dropbox et Google Cloud, pour la lecture de livres audio et surtout pour la fonction de reconnaissance d’écriture manuscrite capable de déchiffrer les écritures ([(illisibles)]) à la graphie complexe. L’importation de fichiers ePub non protégés et PDF s’avère intéressante, mais on ne comprend pas pourquoi l’export des carnets de notes en PDF n’est pas proposée.
Reste la question du prix. Vendue 230 euros au lancement, la Libra Colour reste chère compte tenu de la taille de son écran. C’est le prix à payer pour utiliser une technologie aussi nouvelle que celle-ci.
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