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Test Mario Kart World sur Switch 2 : un départ turbo qui finit en queue de poisson

Nintendo transforme sa série phare en monde ouvert avec Mario Kart World, premier titre majeur de la Switch 2. Entre innovations réussies et compromis discutables, cette nouvelle formule vaut-elle véritablement les 90 euros demandés ?

Mario Kart World débarque sur Switch 2 avec la promesse de révolutionner la formule éprouvée de la série en l’emmenant sur les routes d’un monde ouvert. Après des décennies d’évolution prudente, Nintendo prend le risque de bousculer ses habitudes avec ce qui constitue l’un des titres de lancement les plus attendus de sa nouvelle console.

Mario Kart World - Switch 2

Si certaines innovations séduisent immédiatement, d’autres choix de conception interrogent, surtout à un tarif de 90 euros demandé par Nintendo, qui fait crisser des pneus.

Un monde ouvert bucolique

Le Royaume Champignon s’étend désormais sur une carte gigantesque (et sans nom) où circuits traditionnels se mélangent dans le mode Balade. Il transforme Mario Kart en véritable monde ouvert avec ses missions, collectibles et zones à explorer. Les développeurs ont créé un espace visuellement impressionnant qui exploite parfaitement les capacités de la Switch 2, avec une absence de transition impressionnante entre le menu et la conduite.

Le problème ? Ce monde magnifique souffre quelque peu de vide. Les collectibles éparpillés et les défis techniques qui se manifestent par les interrupteurs P peineront à justifier l’exploration pour les pilotes qui ne seront pas totalement mordus de World. Pour les autres, on se surprend parfois à enchaîner les missions avec ce fameux « allez, une dernière et j’arrête » qui se transforme en heures de jeu, mais l’impression de tourner en rond finit par s’installer.

Plus frustrant encore, l’absence de mode coopératif en écran partagé pour ce mode balade. Impossible de partir à l’aventure à deux sur le même écran, ce qui va à l’encontre de l’ADN convivial de la série. Cette possibilité est réservée aux joueurs en ligne et c’est bien dommage.

Des lignes droites entrecoupées de virages

Mario Kart World introduit de nouvelles mécaniques de course qui bouleversent l’approche traditionnelle. Les circuits intègrent désormais des éléments de verticalité avec des murs et rambardes sur lesquels rouler. Un système de saut chargé permet de s’accrocher à ces surfaces pour découvrir des raccourcis inédits.

Ces additions fonctionnent globalement bien et apportent une dimension créative bienvenue. Les possibilités de trajectoires se multiplient. Cependant, la moindre erreur ou carapace reçue pendant ces acrobaties se paie cash. Souvent, suivre simplement le tracé classique avec de bons dérapages s’avère plus efficace que de tenter des cascades périlleuses qui n’offrent pas forcément de grands bonus de vitesse.

Ce nouveau gimmick amène à un grand revers de la médaille. Pour accommoder ces nouvelles mécaniques, Nintendo a élargi considérablement ses circuits. Résultat, il y a beaucoup trop de longues lignes droites qui cassent le rythme frénétique qu’on attend d’un Mario Kart. Certaines courses ressemblent davantage à des autoroutes qu’aux tracés sinueux et techniques de la série. Trop de zones, notamment dans le biome désertique situé à l’ouest de la carte, se contentent d’étendues de sable monotones également.

C’est un jeu de course ou un jeu de combat ?

Test Mario Kart World
© Robin Sabbadini pour Presse-citron / Nintendo

L’augmentation du nombre de participants de 12 à 24 pilotes simultanés change radicalement la donne. Se retrouver au milieu du peloton ne ressemble plus à une course, mais à une bataille rangée où les carapaces fusent de partout. Passer de la première à la dix-huitième place en une seconde après avoir pris un seul projectile devient monnaie courante ici.

Cette mécanique frustrante s’aggrave avec des IA beaucoup plus agressives qu’auparavant. Là où Mario Kart 8 Deluxe permettait de prendre de l’avance relativement facilement pour les bons joueurs sur les CPU en mode 150cc, Mario Kart World resserre drastiquement l’écart. Obtenir les trois étoiles en Grand Prix demande désormais une concentration de tous les instants. Pas forcément une mauvaise chose pour la difficulté, mais l’équilibrage mériterait d’être revu afin d’éviter que le jeu de course se transforme en véritable champ de bataille.

Hormis un rééquilibrage nécessaire, une bonne alternative aurait été de laisser le choix aux joueurs entre des courses de 12 ou 24 joueurs. S’il n’est pas trop tard pour intégrer cette option, on doute que Nintendo prenne cela en considération.

Le mode Survie, pépite de cette édition

Test Mario Kart World
© Robin Sabbadini pour Presse-citron / Nintendo

Heureusement, toutes les nouveautés ne déçoivent pas. Le mode Survie constitue l’ajout le plus réussi de cette édition. Vingt-quatre pilotes s’affrontent dans une série de courses d’élimination qui traverse toute la carte sans pause. Quatre participants sortent à chaque manche jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un.

Cette formule Mad Max fonctionne à merveille. L’adrénaline ne retombe jamais, l’endurance devient un facteur clé et l’utilisation intelligente de l’espace de jeu prend tout son sens.

Un casting de rêve, mais une interface à revoir

Nintendo apporte le plus gros roster de l’histoire de la série. Des personnages iconiques aux ajouts les plus farfelus (mention spéciale au Cheep Cheep sur sa moto), chaque pilote bénéficie d’animations soignées et expressives. Le système de changement de costume en pleine course après la consommation d’un Snack Turbo ajoute une dimension de surprise appréciable.

Problème, la sélection devient un calvaire avec neuf pages de personnages à parcourir. Pourquoi Nintendo n’a-t-il pas repris le système de Mario Kart 8 Deluxe qui permettait de choisir d’abord le personnage puis son apparence ? Cette régression dans l’interface est questionnable, on espère vraiment que les développeurs proposeront prochainement une solution convenable à ce souci.

Autre point dommageable, seuls certains personnages peuvent débloquer des tenues alternatives et certains personnages cultes comme Donkey Kong manquent cruellement de costume alternatif.

Les Grand Prix réinventés, pour le meilleur et pour le pire

Map Mario Kart World
© Nintendo

La structure traditionnelle du Grand Prix subit des modifications importantes avec l’introduction d’intermissions entre les courses. Ces longues portions de routes censées connecter les circuits cassent le rythme habituel des courses ayant 3 tours d’un même circuit.

Si cela permet de casser la monotonie, les joueurs de Mario Kart de la première heure dont je fais partie ne verront pas forcément ce choix du plus bon œil. En mode course VS, il devient possible de ne rouler que sur les circuits purs, mais cette option manque cruellement en Grand Prix et en ligne. Encore une fois Nintendo aurait dû laisser le choix aux joueurs de conserver ou non ces transitions selon leurs préférences.

Le Online de Nintendo toujours largué dans le rétroviseur

Test Mario Kart World
© Robin Sabbadini pour Presse-citron / Nintendo

Les modes multijoueurs en ligne souffrent de limitations incompréhensibles. Impossible d’inviter directement un ami dans un salon public, celui-ci devra surveiller et espérer qu’une place soit libre avant que le lobby se remplisse. En cas d’échec, le pilote ayant lancé l’invitation devra quitter la course pour revenir dans une session où son ami aura peut-être la chance de le rejoindre. Les salons privés fonctionnent uniquement contre l’IA, sans possibilité d’ouvrir un matchmaking avec d’autres joueurs en ligne.

Si l’on apprécie la possibilité de nous balader pendant qu’une partie est en recherche, on regrettera les autres restrictions incompréhensibles mises en place par Nintendo. Là encore, on espère que le géant japonais corrige prochainement le tir.

Des modes secondaires qui peinent à convaincre

 

Le mode bataille continue sa lente agonie. Les arènes trop grandes et la vitesse trop lente plombent l’expérience, même entre amis. Ni la bataille de ballons classique ni le nouveau mode chasseur de pièces ne parviennent à redonner vie à cette composante historique de la série.

L’absence du mode 200cc est également rageante étant donné qu’avec ces circuits larges, il aurait d’autant plus sa place dans Mario Kart World. Cette vitesse supérieure manque cruellement pour dynamiser l’exploration du monde ouvert et certaines courses trop linéaires.

La mécanique tourne à fond sinon ?

Test Mario Kart World
© Robin Sabbadini pour Presse-citron / Nintendo

Heureusement, la réalisation technique ne déçoit pas, bien au contraire. Mario Kart World exploite parfaitement les capacités de la Switch 2 avec des environnements somptueux, des effets de particules réussis et un framerate stable même à 24 joueurs. Les changements météorologiques et les cycles jour/nuit cassent la monotonie et donnent du relief aux circuits.

La bande sonore est absolument magnifique, même si l’équilibrage entre musique et effets sonores mériterait un réglage plus fin. Comme le montre le subreddit Mario Kart, je ne suis pas le seul à vouloir avoir la possibilité de booster le volume de ces mélodies exceptionnelles avec un simple réglage entre la bande son et les effets du sonore.

La route arc-en-ciel mérite une mention spéciale, c’est tout bonnement un chef-d’œuvre visuel qui justifie à lui seul l’upgrade technique.

Il n’y a pas que Mario qui court après les pièces !

Mario Kart World
© Nintendo

À 90 euros, Mario Kart World inaugure malheureusement une nouvelle tranche de prix pour certaines exclusivités Nintendo. La firme justifie cette hausse par le contenu proposé. Certes, le nombre de personnages impressionne et le mode balade offre des heures de contenu, mais force est de constater que sans DLC annoncés (gratuits, voire payants d’ailleurs), des modes incomplets et un manque cruel de réglages proposés aux joueurs, le champignon est trop salé.

Notre avis sur Mario Kart World sur Switch 2

Mario Kart World n’est pas un mauvais jeu, loin de là. Les nouvelles mécaniques de course apportent de la fraîcheur, le mode Survie fait carton plein et la réalisation technique impressionne. Le casting pléthorique et les animations soignées mettent l’accent sur tout la personnalité des personnages de Nintendo.

Mais trop d’éléments agacent pour en faire le Mario Kart de référence qu’on espérait. Le monde ouvert manque de consistance, les courses ressemblent parfois davantage à un champ de bataille et les limitations du multijoueur déçoivent. Tout ça, c’est sans compter sur le prix prohibitif qui nous fait freiner un maximum.

Mario Kart World - Switch 2

En l’état, Mario Kart World ressemble à un chantier prometteur, mais inachevé. Le jeu est déjà bon et ne manque pas grand-chose pour devenir excellent. Reste à savoir si Nintendo corrigera le tir avec des mises à jour futures ou des DLC salvateurs qui feront de ce Mario Kart World un opus intéressant pendant toute la durée de vie de la Switch 2. En attendant, Mario Kart 8 Deluxe conserve sa place de premier au podium.

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Mario Kart World

90 €
7.4

Note Globale

7.4/10

On aime

  • Mode survie addictif
  • Nouvelles mécaniques intéressantes
  • Casting de personnages impressionnant
  • Réalisation technique au top
  • Le mode balade

On aime moins

  • Équilibrage des 24 joueurs frustrant
  • Multijoueur en ligne limité
  • Prix excessif
  • Trop de lignes droites sur certaines courses
  • Pas de promesses de DLC ou de nouvelles options