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Test du Motorola Edge 50 Pro : vraiment un bon rapport qualité-prix ?

Le Motorola Edge 50 Pro fait partie des smartphones à suivre en 2024. Le constructeur mise beaucoup sur ce modèle milieu de gamme dont il affirme avoir bichonné la partie photographique. On vous dit tout dans notre test !

L’an dernier, la famille Edge 40 de Motorola était composée de trois modèles : Edge 40 Neo, Edge 40 « tout court » et Edge 40 Pro. Ils représentaient respectivement l’entrée, milieu et haut de gamme. C’est donc fort logiquement qu’on s’attendait à retrouver cette année la même nomenclature pour la série Edge 50… cela aurait été trop simple.

L’entrée de gamme se nomme Edge 50 Fusion et le haut de gamme Edge 50 Ultra. L’Edge 50 Pro se trouve désormais coincé entre les deux et fait office de milieu de gamme.

Motorola Edge 50 Pro 12/256 Go au meilleur prix Prix de base : 699 €
Motorola Edge 50 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Disponible depuis quelques semaines pour 699 euros, l’Edge 50 Pro semble à première vue un peu cher compte tenu de son positionnement. Vaut-il tout de même le coup ?

Bof, pour son design et son ergonomie

Nous n’avons été qu’à moitié emballés par le design et l’ergonomie du Edge 50 Pro. Cela ne veut pas dire qu’il est mauvais sur ce point (loin de là), mais il reste améliorable, comme on va rapidement le voir. Ce qui est sûr, c’est qu’il bénéficie d’une excellente qualité de construction. Son châssis en aluminium parfaitement usiné et sa face avant recouverte de verre Gorilla de Corning aux bords recourbés offrent une excellente première impression.

Pas de problème non plus du côté du positionnement des touches mécaniques, ni du lecteur d’empreintes sous l ’écran : on les manipule très naturellement au quotidien. Bon point aussi : la certification IP68, toujours appréciable sur un produit pouvant être exposé aux intempéries ou chuter dans de l’eau. On apprécie également le tiroir double SIM permettant d’embarquer deux lignes, ainsi que la compatibilité eSIM (on ne peut alors insérer qu’une seule SIM physique).

Très bien tout ça, mais ça déconne où, alors ? Dans le matériau utilisé pour la face arrière. Notre exemplaire de test est recouvert d’un polymère noir à l’aspect gommeux dont la seule qualité est d’être d’un toucher à peu près agréable. On a tout de même de gros doutes sur la façon dont ce revêtement va vieillir après quelques mois.

Motorola Edge 50 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Ce qui est clair, en revanche, c’est sa capacité à capter avec talent la moindre trace de doigt, poussière ou salissure qu’il rencontre. Pendant nos quatre semaines de test, ce pauvre smartphone n’a jamais été présentable… À tel point que nous avons dû copieusement retoucher les photographies illustrant ce test afin de les rendre présentables !

Mais le coup de grâce vient sûrement de ce que Motorola appelle « l’expérience olfactive ». Pour la seconde année consécutive, le constructeur semble croire intelligent de « parfumer » l’intérieur de la boîte — et donc le smartphone — afin de lui associer une identité olfactive.

Si l’idée semble sympathique, il aurait été judicieux de choisir un jus un tant soit peu agréable, et non pas une fragrance à mi-chemin entre le déodorant de toilettes et un parfum de supermarché. Avec en prime, quelques crises d’éternuements bien sentis. Heureusement, « l’expérience olfactive » se dissipe en quelques heures, mais a nécessité une aération en bonne et due forme de notre bureau. Quant à la boîte… elle a été confinée dans un sac en plastique hermétique en attendant le renvoi de notre unité de test au service de presse.

Oui, pour son écran

En revanche, pas de problème avec l’écran de l’Edge 50 Pro, dont nous sommes rapidement tombés amoureux (on exagère à peine). Constitué d’une dalle pOLED de 6,7 ’’, il affiche 2712 x 1220 pixels (446 points par pouce) et bénéficie d’une fréquence de rafraîchissement maximale de 144 Hz.

Sa luminosité peut atteindre 2 000 nits en pointe (affichage HDR et luminosité automatique) afin de rester lisible même en plein soleil. Motorola a fait appel à Pantone — grand spécialiste des couleurs sous toutes leurs formes — afin de le calibrer et de le certifier.

Motorola Edge 50 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

C’est donc fort logiquement que les images fixes et animées offrent un excellent rendu colorimétrique si l’on choisit le mode « couleurs naturelles ». Afin de rendre le résultat encore plus flatteur, Motorola met à disposition les modes « Couleurs lumineuses » et « Couleurs éclatantes », le dernier étant idéal pour en prendre plein les yeux. Enfin, un réglage de la température du point blanc autorise un ajustement personnalisé : chacun y trouvera donc son bonheur.

Qu’il s’agisse de naviguer sur le Net, de regarder des photos, des vidéos ou de jouer, l’écran de l’Edge 50 Pro est une belle réussite. Bien vu !

Oui, mais… pour ses performances brutes

L’Edge 50 Pro est construit autour d’un SoC Qualcomm Snapdragon 7 Gen 3 et de sa fidèle puce graphique Adreno 720. Il est épaulé par 12 Go de RAM LPDDR4X et dispose d’un stockage interne de 512 Go UFS 2.2 non extensible.

Le Snapdragon 7 Gen 3 est un SoC à 8 cœurs gravé en 4 nm conçu pour les smartphones de milieu de gamme. Très bien, à un gros détail près. Le Edge 40 Pro, son prédécesseur, était équipé d’un Snapdragon 8 Gen 2. Sa puissance de calcul lui permettait de faire tourner les applications les plus exigeantes en ressources (et c’était une très bonne chose).

Ce n’est pas totalement le cas avec le Snapdragon 7 Gen 3 qui équipe le Edge 50. Au petit jeu des benchmarks, il affiche des performances inférieures de 30 % au 8 Gen 2. De mémoire de testeur, c’est la première fois que nous rencontrons un successeur moins puissant que son prédécesseur.

Cela ne veut pas dire que l’Edge 50 Pro est mauvais, loin de là. Il offre toute la puissance de calcul nécessaire pour vous accompagner au quotidien sans défaillir. Il reste fluide à utiliser, même avec une dizaine d’applications ouvertes. On pourra même s’adonner aux joies simples du jeu vidéo sans lag à condition de ne pas exiger une qualité d’affichage maximale.

En fin de compte, la seule erreur de Motorola est d’avoir intégré le nouveau venu dans la gamme Pro. Pourquoi ne pas l’avoir baptisé « Edge 50 Fusion », à l’instar du milieu de gamme de l’an dernier ? Parfois, le marketing a des raisons que la raison ignore…

Oui, pour l’aspect logiciel

On retrouve sans surprise Android 14, accompagné de la surcouche maison Moto. Elle se distingue par sa légèreté et sa pertinence puisqu’elle complète l’interface d’Android sans en changer l’esprit. Les débutants et technophobes apprécieront la présence de nombreuses aides et assistants qui fleurissent lors de la première utilisation d’une fonction sophistiquée. Rédigés en langage clair et agrémentés de dessins colorés, ils s’avèrent très utiles.

Précisons avant d’aller plus loin que Motorola garantit au moins trois mises à jour majeures de l’OS et quatre années de mise à jour de sécurité. À défaut d’être aussi spectaculaire que les propositions de Google et Samsung — 7 ans pour le logiciel et la sécurité — cela nous semble tout à fait honorable.

Motorola se repose sur la suite de logiciels Google pour les tâches bureautique et la gestion des documents : cela évite d’avoir à se frotter à des interfaces inconnues et parfois anxiogènes. Quelques applications maison offrent des possibilités intéressantes. C’est par exemple le cas de Family Space qui assure la gestion de plusieurs utilisateurs ou du très réussi Moto Secure qui surveille tous les aspects liés à la sécurité.

On apprécie de même Moto Unplug qui aidera à se sevrer d’une éventuelle addiction au smartphone en limitant l’usage de certaines applications (le genre de gadget qu’on regrette immédiatement d’avoir activé). Dans un tout autre genre, Moto Connect permet la connexion (filaire ou non) à un écran, une télé ou à un autre périphérique afin de partager des informations ou de les utiliser comme extension d’écran. Pas mal du tout.

Seul véritable regret, les bloatwares restent légion et il faudra faire preuve de patience afin de les désinstaller un par un. À ce détail près, Motorola propose une surcouche cohérente, agréable et complète.

Absolument, pour son autonomie et sa rapidité de charge

L’Edge 50 Pro embarque une batterie de 4500 mAh, ce qui fait presque cheap par rapport aux 5 000 mAh et plus auxquels nous a habitués la concurrence. Qu’importe : l’autonomie s’avère bonne et l’on tient une bonne grosse journée même en abusant des bonnes choses (jeu et streaming vidéo, notamment).

Si l’on est du genre économe, on dépassera sans grand problème la journée et demie et l’on pourra même pousser jusqu’à deux journées complètes sans passer par la case recharge.

Motorola Edge 50 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

La recharge, justement, est assurée par un bloc d’alimentation TurboPower 125 Watts fourni (coucou Apple, Samsung et autres radins green-washeurs !) assurant le passage de 0 à 100 % en… 21 minutes ! Précisons qu’il n’a fallu que 7 minutes pour passer de 7 à 37 % : difficile de ne pas saluer la performance. Précisons au passage que nous n’avons pas noté de surchauffe trop importante lors de la charge.

La bonne autonomie et la vitesse de charge exceptionnelle de l’Edge 50 Pro sont d’indiscutables atouts en sa faveur. On ne peut que s’en féliciter.

Oui, pour la photographie de jour

La caméra dorsale de l’Edge 50 Pro est constituée de trois modules :

  • Module principal : 50 Mpxl (capteur 1/55 ’’, photosites 1 μm) ; objectif ouvrant à f/1,4 ; stabilisation optique
  • Ultra grand-angle : 13 Mpxl (photosites 1,2 μm) ; objectif ouvrant à f/2,2 ; autofocus
  • Téléobjectif : 10 Mpxl (photosites 1 μm) ; objectif ouvrant à f/2 ; zoom optique 3x ; stabilisation optique

La caméra frontale dispose d’un capteur de 50 Mpxl (photosites 0,64 μm) et d’un objectif à autofocus ouvrant à f/1,9.

Motorola Edge 50 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Motorola a eu la bonne idée d’implémenter un téléobjectif digne de ce nom au lieu de se contenter d’un objectif macro dont on se sert rarement. C’est ce qu’ont fait la plupart de ses concurrents sur ce segment de marché. Non pas par amour de la macrophotographie, mais pour tirer les prix vers le bas (Samsung avec les Galaxy A35 et A55, par exemple). Reste à vérifier la qualité des résultats.

Motorola Edge 50 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

En bonne ou moyenne luminosité, le module principal produit de belles images aux couleurs un peu boostées, la collaboration avec Pantone étant à ce prix. Elles restent très agréables à regarder et offrent un rendu naturel de la scène photographiée. L’objectif offre une homogénéité du piqué tout à fait satisfaisante. Tout va bien, donc.

Le téléobjectif produit lui aussi de jolies images, malgré un capteur nettement moins défini (10 Mpxl seulement). On monte sans problème jusqu’en zoom 6x, voire 10x si la scène est bien éclairée. La stabilisation et l’autofocus s’avèrent alors redoutablement précis. Avec un peu d’indulgence, on pourra se contenter des performances du zoom numérique 20x. Il en faudra beaucoup plus pour shooter en 30x, facteur de grossissement maximal disponible ici.

Signalons un défaut assez énervant de l’interface de prise de vue qui nous a fait rater plusieurs photos. Le déclencheur ne répond plus si d’aventure on effleure l’écran lors d’une prise de vue. Cela devient particulièrement pénible lorsqu’on utilise l’appareil en format paysage, ses bordures incurvées rendant un contact accidentel très facile. Espérons qu’une mise à jour logicielle vienne corriger cela rapidement.

L’ultra grand-angle donne lui aussi entière satisfaction en extérieur. Bien sûr, on pourra toujours lui reprocher un petit manque de piqué sur les bords de la scène raisin que l’apparition de quelques aberrations chromatiques (franges violettes) sur les scènes contrastées. Pour cela il faudra examiner attentivement l’image en zoom 100 % sur un écran informatique. Rien de vraiment gênant, donc.

Motorola Edge 50 Pro
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Le mode portrait est quant à lui bien pensé. Il produit un bokeh artificiel convaincant, y compris sur les scènes complexes. De son côté, la macrophotographie s’avère de bonne facture si l’on prend soin de bien positionner l’objectif face au sujet, sinon gare au flou.

Les choses se gâtent en prise de vue nocturne ou en mode nuit. Le résultat reste tout à fait acceptable avec le module principal, même si une légère perte de détail apparaît sur les zones sombres. Le téléobjectif produit des images correctes, mais souffre un peu de la définition relativement faible de son capteur. En mode nuit, on constate une perte de détail si l’on zoome sur l’image ou si on la recadre.

Le résultat fait encore illusion sur les réseaux sociaux jusqu’à ce qu’on passe au zoom numérique. Le rendu de l’image est alors plus proche d’un tableau pointilliste que d’une photographie. Enfin l’ultra grand-angle, pourtant bon en pleine lumière, déçoit lui aussi par un manque flagrant de piqué en mode nocturne.

Motorola Edge 50 Pro 12/256 Go au meilleur prix Prix de base : 699 €

L’avis de Presse-citron sur le Motorola Edge 50 Pro

Positionné en milieu de gamme, le Edge 50 Pro de Motorola est un smartphone réussi sur bien des aspects. Son écran, par exemple, fait partie des meilleurs de la catégorie et produit une image agréable en toute circonstance. Son autonomie s’avère bonne et l’on apprécie surtout l’impressionnante vitesse de charge (de 0 à 100 % en 21 minutes).

Son appartenance à la gamme « pro » laissait supposer l’utilisation d’un SoC haut de gamme, comme ce fut le cas l’an dernier avec l’Edge 40 Pro. C’est n’est pas le cas, Motorola se rabattant sur le Snapdragon 7 gen 3, dont les performances sont 30 % inférieures à ce que proposait le Snapdragon 8 gen 2 de l’Edge 40 Pro. Cela ne l’empêche pas d’être un compagnon très agréable au quotidien.

En revanche, l’appellation « Pro » se justifie bien plus dès qu’il s’agit de photographie. Les images produites en plein jour ou en luminosité moyenne sont très bonnes en ultra grand-angle, avec le module principal ainsi qu’avec le téléobjectif optique. Il faudra toutefois composer avec une perte de qualité en faible luminosité ou en mode nuit, notamment avec le téléobjectif dont le capteur 10 Mpxl montre vite des limites.

La réponse à notre question initiale est plutôt positive : l’Edge 50 Pro vaut son prix, car il est globalement équilibré. Certes, on peut trouver plus puissant à un prix inférieur chez Xiaomi avec le Poco 6 Pro, mais la qualité photo est alors moindre. Si elle vous importe beaucoup, alors l’Edge 50 Pro devrait vous satisfaire si vous n’êtes pas un incorrigible noctambule !

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Motorola Edge 50 Pro

699 €
8.5

Ecran

8.5/10

Performances & interface

8.0/10

Autonomie & charge

9.5/10

Appareil photo

8.5/10

Rapport techno-prix

8.0/10

On aime

  • Ecran
  • Qualité photo de jour
  • Autonomie et rapidité de charge
  • Surcouche Moto

On aime moins

  • Finition noire mat pas terrible
  • Qualité photo de nuit
  • Bloatwares à gogo