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J’ai testé les Ray-Ban Meta : enfin des lunettes connectées dignes de ce nom ?

Qui se souvient des Spectacles de Snapchat, des Google Glasses ou des Audio Frames de Bose ? Pas grand monde, à part les inconditionnels dont l’achat prend actuellement la poussière au fond d’un tiroir. Quand j’ai vu il y a quelques mois que Ray-ban et Meta ne lâchaient toujours pas l’affaire, j’ai franchement souri. Le bide monumental en 2022 des Ray-Ban Stories ne leur avait pas suffit ?

Apparemment oui. Par curiosité, je me suis rendu dans une boutique Ray-Ban parisienne afin de jeter un œil sur le produit. Je dois reconnaître, à mon grand étonnement, que les Ray-Ban Meta (puisque c’est leur nom) m’ont impressionné. À tel point que j’ai accepté de me faire délester de 329 euros afin d’acquérir la version Wayfarer noir brillant !

Cela fait désormais quelques mois que je les utilise. Était-ce une bonne idée ? Voici le récit de mon expérience.

Un design réussi

Ray-Ban Meta
Les Meta Ray-Ban reprennent l’apparence des Wayfarer traditionnelles (l’absence de logo Ray-Ban sur les verres provient de leur remplacement par des verres de vue ne provenant pas de Ray-Ban) ©  Marc Mitrani pour Presse-citron

Les lunettes connectées sont généralement moches, lourdes et peu discrètes. Ce n’est pas le cas des Ray-Ban x Meta, dont les dimensions sont très proches de celles du modèle standard. Bien sûr, les branches sont un peu plus épaisses, mais rien de vraiment choquant. Même chose pour le cerclage des verres, qui gagne à peine plus d’un millimètre en épaisseur.

La seule véritable différence est le remplacement des rivets métalliques en façade par une caméra et un voyant. Ils restent discrets tant que l’on ne prend pas de photo ou qu’on ne filme pas. Je vous en reparlerai un peu plus loin.

Ray-Ban Meta
Ne vous fiez pas l’illusion optique : les deux étuis ont la même taille ! © Marc Mitrani pour Presse-citron

Ray Ban a aussi fait un beau boulot sur l’étui de charge : il ressemble beaucoup à celui d’origine et il reprend ses dimensions. Le bouton pression assurant sa fermeture est remplacé par un dispositif magnétique. En son milieu se trouve une LED indiquant l’état de la batterie. Celle-ci se recharge via le port USB-C logé dans sa partie basse. Enfin, un poussoir permet d’appairer les lunettes à son smartphone.

Ranger les lunettes s’effectue le plus naturellement du monde. Un mécanisme plutôt futé assure que les contacteurs, situés dans la partie inférieure du pont, seront bien alignés avec ceux de l’étui. Je trouve l’ensemble vraiment très réussi, mais je regrette que Ray Ban n’ait pas cru bon de fournir un câble USB-C, pourtant indispensable. Heureusement, j’en ai quelques-uns qui traînent sur mon bureau.

Un paramétrage initial simple à réaliser

Comme tout acheteur qui se respecte, je m’empresse de ne pas lire le mini manuel de mise en route. Je télécharge en revanche l’app compagnon grâce au QR code imprimé sur l’emballage. Baptisée Meta View, celle-ci est un modèle de simplicité. Traduite en français, elle me guide dans le paramétrage initial. Il faudra tout de même subir l’inévitable mise à jour, qui ne dure heureusement pas très longtemps (4 minutes). Dans mon cas, elle a apporté pas mal d’améliorations bienvenues dont la possibilité de filmer jusqu’à trois minutes (contre une auparavant).

Ray-Ban Meta
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Vient ensuite un tutoriel bien foutu qui explique comment piloter l’engin à l’aide des deux dispositifs intégrés à la branche droite : un petit bouton poussoir logé sur l’avant et une zone tactile prenant place en son milieu.

Enfin, l’app m’invite à lier mes lunettes à quelques applications afin de les piloter facilement. Pour l’audio, j’ai le choix entre Apple Music, Spotify et Amazon Music. Je peux aussi ajouter Calm au cas — improbable — où je souhaiterais méditer. Je suis agréablement surpris par la qualité de l’audio restitué par les deux haut-parleurs. Certes, il manque un peu de profondeur aux basses, mais dans l’ensemble l’écoute de musique ou d’un podcast s’avèrent très agréables.

Les communications ne sont pas oubliées. En plus de l’accès aux SMS et aux appels vocaux de mon smartphone, il m’est possible d’utiliser WhatsApp, Messenger, Facebook et bien entendu Instagram. Ces deux derniers permettent surtout de streamer un flux en direct pour ses followers. Une fois tout cela achevé, il est temps de chausser l’engin.

Do you speak French? Not totally…

Quoi de mieux pour commencer qu’un petit test des capacités audio ? Pour cela, je peux démarrer la lecture d’une playlist en passant par l’interface du smartphone puis piloter la lecture en utilisant l’assistant vocal Meta. Celui-ci s’invoque en disant « Hey Meta » ou « OK Meta », puis la commande souhaitée. Je suis un peu déçu par l’incapacité de démarrer la lecture d’une playlist directement par une commande vocale française : pour l’instant, seul l’anglais le permet.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule limitation imposée au français, la plus énervante étant l’impossibilité d’utiliser Meta AI en dehors de l’Amérique du Nord. D’après Meta, une mise à jour devrait le permettre « prochainement », ce qui devrait déverrouiller le véritable potentiel des lunettes. On pourra par exemple interroger l’IA sur ce que l’on voit au travers de la caméra ou lui poser des questions afin d’obtenir une réponse audio.

Heureusement, il reste possible de passer un appel par une commande vocale. C’est d’ailleurs Romain, notre Rédacteur en Chef, qui me sert de cobaye pour ce premier essai. Et comme j’aime le risque, je décide d’utiliser WhatsApp… J’énonce donc « Hey Meta, appelle Romain Vitt sur WhatsApp ». Avant d’exécuter la commande, l’assistant la répète, histoire de vérifier qu’il a bien compris. Un « OK » plus tard, je me retrouve en communication avec mon correspondant.

Le son est intelligible malgré les bruits environnants de mon côté. Pendant la discussion, je remarque l’apparition d’un message sur l’écran de mon smartphone : en pressant deux fois la touche de commande, mon correspondant verra le flux vidéo provenant des lunettes.

Je m’exécute et il se passe alors deux choses : Romain se rend compte que je ne suis pas du tout en train de travailler comme je lui ai dit… et le flux vidéo s’avère de bonne qualité. Après avoir râlé sur le premier point, il est impressionné par la stabilité de l’image, y compris lorsque j’effectue des mouvements brusques.

Photo et vidéo : c’est bien vu !

Je ne m’arrête pas en si bon chemin et je décide de tester les capacités vidéo et photographiques. Le poussoir logé sur la branche droite fait office de déclencheur. Un appui bref prend une photo tandis qu’une pression plus longue démarre l’enregistrement vidéo. Je peux aussi utiliser une invite vocale afin d’exécuter ces opérations.

Dans tous les cas, un retour sonore confirme la prise en compte de la commande. Meta a eu l’excellente idée d’instaurer un léger délai entre le moment où l’on presse le déclencheur et la prise de vue effective. Ainsi, ma main n’apparaît pas sur la scène capturée.

Les photos et vidéos enregistrées sont de très bonne qualité. La caméra est constituée d’un capteur de 12 Mpxl et d’un objectif ultra grand-angle produisant un résultat plaisant à regarder. Les vidéos sont shootées en Full HD, en mode portrait. Cela facilite la réalisation de stories ou de posts pour les réseaux sociaux. Afin d’éviter tout problème, Meta et Ray Ban ont ajouté un voyant blanc qui indique à mon interlocuteur qu’il est filmé ou photographié.

Ray-Ban Meta
La caméra intégré aux lunettes © Marc Mitrani pour Presse-citron

Pas la peine d’essayer de le dissimuler sous un coup de marqueur ou de peinture. Le voyant est équipé d’un capteur de luminosité qui compare celle qu’il perçoit à celle de la caméra. Si elles sont différentes, cela veut dire qu’un élément dissimule le voyant : un message indique alors que l’enregistrement d’images n’est pas disponible…

L’appareil dispose de 32 Go de stockage, quantité largement suffisante. Le transfert des fichiers s’effectue à l’aide de l’app compagnon, les lunettes lui signalant par Bluetooth la présence de nouveaux éléments. Une connexion Wifi est alors établie entre les deux appareils puis le transfert démarre. Simple, basique.

Les images et séquences vidéo peuvent ensuite être montées et partagées depuis le smartphone. Dommage que l’app Meta View ne dispose pas d’outils de retouche ou de montage vidéo. Cela aurait simplifié la création de reels, par exemple. Seules les photos bénéficient d’un ajustement automatique de l’horizon avant l’export vers l’album du smartphone.

Très bonne autonomie

Comme je m’en doutais, l’autonomie électrique dépend de l’usage fait des lunettes. Chargée à 100 % au début de la journée, la batterie plafonne à 40 % en début d’après-midi. J’ai passé quelques appels audio, un en vidéo de 15 minutes et écouté 90 minutes de musique. Sans oublier, bien entendu, la réalisation d’une bonne trentaine de photos et d’une demi-douzaine de séquences vidéo, l’ensemble étant transféré au smartphone en wifi.

Ray-Ban Meta
La LED remplaçant le bouton pression indique l’état de charge © Marc Mitrani pour Presse-citron

L’autonomie s’avère donc plus que correcte et je ne suis pas loin de penser que les quatre heures d’utilisation vantées par Ray-Ban sont proches de la réalité. Détail agréable, l’étui peut fournir huit charges complètes aux lunettes : de quoi voir venir pendant un long week-end !

Ce que je pense des Ray-Ban Meta

Une chose est sûre : je ne regrette pas mon achat. Mes Ray-Ban Meta sont de belles et agréables lunettes. Je peux m’en servir au quotidien afin d’écouter de la musique sans être coupé de mon environnement, recevoir vocalement les notifications de messages de mon smartphone ou répondre aux appels téléphoniques.

La partie vidéo est sans conteste une réussite, surtout pour un produit aussi compact. L’autonomie s’avère appréciable et l’étui de charge particulièrement bien conçu.

Seules ombres au tableau, le peu de commandes vocales disponibles pour les francophones ainsi que l’impossibilité d’accéder aux fonctions liées à l’IA. À en croire Meta, ceci n’est que temporaire et j’attends donc avec impatience la mise à jour promise pour « bientôt »…

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Ray-Ban Meta

Dès 329 €
9.1

Design & ergonomie

9.0/10

Qualité audio

9.0/10

Autonomie

9.5/10

Rapport qualité-prix

9.0/10

On aime

  • Design réussi
  • Qualité audio
  • Qualité photo & vidéo
  • Bonne autonomie

On aime moins

  • Peu de commandes reconnues en français (pour l'instant)
  • pas d'accès à l'IA de Meta (pour l'instant)
12 commentaires
12 commentaires
  1. Bonjour,
    J’aimerais savoir comment vous avez pu mettre des verres de correction. Par quel prestataire êtes vous passé ? Je n’ai pas réussi à trouver un moyen d’être sûr qu’on puisse m’y mettre des verres à ma vue si jamais j’achetais ces lunettes.

    1. Bonjour,
      Merci d’avoir lu mon test 🙂
      Je suis passé par mon opticien habituel (Afflelou) qui commercialise aussi ces lunettes (enfin, qui essaye de les commercialiser, il n’arrive pas à se faire livrer). De mémoire, cela m’a couté 60 euros pour des verres de base corrigeant la myopie. Il faut juste que votre opticien soit formé à la manipulation de ces montures qui ne peuvent être chauffées.

  2. Article avec Quelques fautes toujours …

    Et pourquoi ? ne pas ajouter dans la colonne des négatifs : les 3minutes seulement par vidéo (on voit bien qu’avec 1 minute auparavant c’est juste une limitation logicielle absconse)

    1. Bonjour,
      Si vous constatez des fautes, n’hésitez pas à les signaler afin qu’elles soient corrigées.
      D’après Ray-Ban, la limitation de la durée d’enregistrement est présente afin d’éviter toute surchauffe pouvant entrainer des dysfonctionnements. Fixée à une minute à l’origine, elle a été étendue à 3 minutes suite à des optimisations du logiciel interne qui a permis de réduire la consommation électrique (et donc de limiter la chauffe).
      Cela dit, 3 minutes c’est déjà très long, surtout en un seul plan séquence !

      1. On sait que c’est une raison fallacieuse « la surchauffe » (( ou «  la question de droit »)) … et c’est pareil sur les appareils photos (vidéos) mais comme ce n’est plus accepté par les consommateurs… cette limitation est en train de sauter… encore faut-il aussi que vous : essayeurs / journalistes and co .. fassent pencher la balance de NOTRE côté (celle du consommateur final) lors de vos tests « critiques » .. et pour ça vous êtes toujours trop complaisants (vous et vos confrères) et vous abondez encore dans leur sens, en me répondant tout fier « c’est la surchauffe …et puis 3 minutes c’est déjà beaucoup (trop) pour un plan vidéo »
        Incroyable.
        Vous avez une tribune pour faire bouger les choses alors soyez acteurs au lieu d’être spectateurs.

        Et, pour vos coquilles et fautes d’orthographes ou/et de syntaxes … mais c’est dans chaque article … donc à moins de proposer une édition collaborative .. on y passerait la nuit à vous les signaler en commentaires.

        Améliorez plutôt votre procédure de relecture. D’autant qu’il existe des outils. Donc pour un médium comme le vôtre je ne comprends pas cette inertie et votre complaisance (toujours) à rendre des copies illisibles…?!

        Quand l’ia vous aura tous remplacer sans doute.

        1. Si vous trouvez que nous sommes “illisibles”, allez donc voir la concurrence : tout le monde y gagnera.
          Manifestement, vous n’avez aucune connaissance en physique et en thermo-dynamique, mais de nombreuses en évaluation au doigt mouillé.
          Il ne s’agit pas d’être complaisant envers un constructeur, mais simplement de rendre compte d’une réalité physique. Les composants chauffent lorsqu’ils sont utilisés, que cela vous plaise ou non. Cette chauffe dépend de beaucoup de facteurs que vous ne connaissez pas (ou que vous faites semblant de ne pas voir). En vrac : les conditions d’utilisation, la température extérieure, la finesse de gravure des puces, leurs répartitiions sur le PCB, l’optimisation du logiciel d’exploitation des composants, etc…
          Je rends compte dans mon test de ce que je constate. Quand un constructeur me raconte n’importe quoi, je le dis clairement. Ce n’est pas le cas ici.
          Et OUI, 3 minutes en plan séquence est une très longue durée en vidéo. c’est un fait. Commencez par utiliser une caméra et vous comprendrez.
          Enfin, je vous suggère de vous relire avant de vous plaindre des coquilles et des fautes présentes dans nos tests. Apprenez à accorder un verbe et on en reparlera ensuite.

  3. Bonjour je pense qu’il y a quelques fautes dans votre article :
    Vous n’avez pas parler de la de la compatibilité exclusive à certains appareils Samsung iPhone et les pixel ce sont les seules compatibles pour connecter les lunettes correctement de plus c’est pas en connexion Wi-Fi que les photos se transfèrent mais en bluetooth.
    Je les ai acheté avec les verres correctifs monochrome à 750 € optical center.
    Pour les points positifs l’audio et la vidéo sont magnifiques et le fait de passer des appels quand ça marche.

    1. Bonjour,
      Merci d’avoir pris le temps de lire mon test 🙂
      J’ai testé les lunettes avec un iPhone 15 Pro max, mais aussi avec deux smartphones Honor (200 Pro et Magic V2) ainsi qu’un Xiaomi 14 Ultra : je n’ai rencontré aucun problème de compatibilité.
      Je vous confirme que le transfert des fichiers s’effectue bien en Wifi 6. Le smartphone doit se connecter au point d’accès créé par les lunettes (dans mon cas, il se nomme “RB Meta 0016-2”). La connexion Bluetooth est utilisée pour le streaming musique/audio, pour la communication entre les deux appareils et pour l’envoi du mot de passe Wifi lors du paramétrage initial.
      Vous pourrez trouver plus de détails sur l’usage fait du Wifi sur le site de Ray-Ban ou dans l’application Meta View.

  4. Je possède ces lunettes et j ai trop souvent un message erroné après une séquence video qui m’annonce: “la camera était obstruée “ il doit s’agir d’un bug car la séquence a bien été enregistrée tout de même. Cela arrive depuis environs 2 dernières mise a jour. C’est frustrant car l’on se demande chaque fois si l objectif n est pas sale et donc séquence réellement non enregistrée ce qui n est pas le cas.

  5. Je possède ces lunettes et j ai trop souvent un message erroné après une séquence video qui m’annonce: “la camera était obstruée “ il doit s’agir d’un bug car la séquence a bien été enregistrée tout de même. Cela arrive depuis environs 2 dernières mise a jour. C’est frustrant car l’on se demande chaque fois si l objectif n est pas sale et donc séquence réellement non enregistrée ce qui n est pas le cas. J’ai fait mettre des verres correcteurs progressifs solaires a ma vue par mon opticien habituel il m’a dit qu’il fallait effectivement pas chauffer ces montures donc il etait au courant. Et pourtant il ne vendait pas ses montures rayban meta , ils suffit donc de tombzr sur un opticien qui s’intéresse a son metier et pas a un vendeur de savonnette comme il y en a trop souvent partout

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