En matière d’appareil photo, de téléviseur, d’audio et de jeu vidéo, Sony possède une légitimité et une renommée qui ne font aucun doute. Pourtant, en matière de smartphone, un objet qui est au final le condensé de ces expériences précitées, le constructeur nippon a bien du mal à faire corréler ces savoir-faire avec des ventes dignes de ce nom.
En début d’année, le constructeur nous avait gratifiés d’un Xperia Pro-I à un prix exorbitant et au positionnement semi-professionnel. Avant l’été, le Xperia 1 IV, facturé à 1399 euros, venait étoffer le catalogue haut de gamme de Sony, toujours avec un tarif plutôt élevé. Avec le Xperia 5 IV, Sony tente de faire les bons compromis pour faire baisser un peu la facture.
Version plus compacte et plus abordable du 1 IV, ce Xperia 5 IV aurait-il l’ambition de s’ouvrir à une plus large audience ? Pour y parvenir, Sony continue en tout cas de cultiver sa différence. Est-ce que les arguments du constructeur sont suffisants pour nous faire glisser son dernier smartphone sous le sapin ? La réponse dans notre test.
Oui, si vous aimez les formats compacts
Prendre en main un smartphone Xperia peut étonner la première fois tant il est à rebours des standards actuels. En effet, avec son allure compacte et son écran OLED de 6,1 pouces au format 21:9, c’est un peu le dernier des Mohicans. Malgré une telle diagonale, notre rejeton du jour se manie avec une aisance rare, que ce soit à une ou deux mains, grâce à des proportions bien pensées (156 x 67 x 8,2 mm) et un poids plutôt contenu (172 grammes). Pour vous donner une idée, l’iPhone 14 mesure 4,5 mm de largeur de plus en étant équipé de la même taille d’écran.

Le design d’ensemble ne souffre d’aucun défaut dans sa conception. En aluminium, les flancs du smartphone sont de bonne facture. Les bordures épousent parfaitement l’écran, les finitions sont irréprochables et le dos plat et mat ne retient que très peu les traces de doigts. Si vous aimez les faces arrière dépouillées, vous allez être servi.

L’ensemble des capteurs prennent place dans une barre verticale des plus discrètes recouverte d’un revêtement ZEISS T. Certains apprécieront cette sobriété poussée à l’extrême, d’autres la qualifieront d’ascétisme vieux jeu. Pour notre part, nous avons opté pour la première proposition.
Oui, pour son appareil photo polyvalent
En la matière, Sony a toujours mis la barre haute pour séduire les photographes amateurs. Que ce soit en termes de capteur ou de fonctionnalités, les smartphones Xperia proposent une expérience photographique à part. Voici la configuration matérielle du dernier né de Sony :
- Un capteur grand-angle de 12 mégapixels (f/1.7), longueur focale 24 mm, angle de prise de vue de 82°.
- Un capteur ultra-grand-angle de 12 mégapixels (f/2.2), longueur focale 16 mm, angle de prise de vue de 124°.
- Un téléobjectif de 12 mégapixels (f/2.4), lui aussi, longueur focale 60 mm, angle de prise de vue de 40°.
- Un capteur avant de 12 mégapixels.

Agréable à utiliser, le grand-angle capture des scènes avec un piqué impressionnant et une restitution des couleurs naturelles. Quelle que soit la scène, le Xperia 5 IV gère à merveille la balance des blancs. C’est encore plus visible en contre-jour. Pas une seule fois, il ne se laisse prendre à défaut. D’autant que l’autofocus permet de faire des mises au point vraiment rapides.


De son côté, l’ultra grand-angle s’avère lui aussi très à l’aise quelle que soit la situation. Il offre un recul des plus appréciables pour photographier des monuments et le niveau de détail est plutôt satisfaisant. Le centre du cliché est toujours plus lumineux que les bords, ce qui confère aux photos un aspect particulièrement chatoyant, un peu comme lorsqu’on augmente légèrement l’option vignette sur un post Instagram.

En matière de zoom, mention spéciale pour le 2,5x qui permet de se rapprocher de la scène tout en préservant un maximum la définition. Comme nombre de ses confrères, le Xperia 5 IV est à l’aise jusqu’au zoom x7,5, les résultats n’offrent quasiment aucun bruit numérique, au-delà, c’est plus difficilement exploitable. En ce qui concerne les portraits, il vous suffit d’activer le mode bokeh et il devient possible d’en réaliser avec n’importe quel capteur.

Cette polyvalence est vraiment appréciable. Sur les selfies, rien à dire non plus, le lissage n’est pas trop présent sur les visages et la luminosité est bien gérée. La nuit, le capteur principal nous a par contre un peu déçus. Le rendu est parfois trop sombre, notamment sur les bords du cadre. Dommage, car la colorimétrie est plutôt bonne.


L’ensemble de ces clichés ont été réalisés à partir du mode « Basic » du Xperia 5 IV. En entrant dans le mode « Pro », le smartphone propose une quantité de réglages qui raviront les photographes amateurs. Pour les novices, on s’y perd un peu au début tant les possibilités sont nombreuses. Pour tirer pleinement parti de ce potentiel photographique, il vous faudra de la patience, de la pratique et de l’envie.
Oui, pour sa capacité à nous divertir
Pour qu’un smartphone soit un excellent compagnon du quotidien pour les loisirs, il se doit de respecter un triptyque : écran, son, puissance. Le Xperia 5 IV coche, presque, haut la main toutes ses cases.
À l’avant, que dire de cette dalle OLED d’une définition FHD+ (2 520 x 1 080 pixels) ? Compatible avec la fonction HDR en temps réel et doté d’un taux de rafraîchissement maximal de 120 Hz, l’écran sublime chaque contenu quelle que soit la situation. Les contrastes s’ajustent en fonction de l’environnement, la luminosité – minimale et maximale – est exceptionnelle et les couleurs vraiment naturelles. C’est du grand art. Pour parachever ce chef-d’œuvre, Sony offre la possibilité de régler l’écran comme personne.

Au niveau sonore, c’est également le pied. Tout d’abord, en bon audiophile, le constructeur japonais est le seul sur le segment haut de gamme à proposer une prise jack et une telle panoplie de codecs audio (Hi-Res, LDAC, Bluetooth LE Audio…). Disposés autour de l’écran, en haut et en bas, et non sur les tranches, les deux haut-parleurs offrent un son stéréo clair et puissant. En mode paysage, l’immersion est vraiment présente puisque nos mains ne biaisent pas le rendu. Lors d’un film ou d’une série, les basses ne noient jamais l’ensemble, notamment les médiums. Un vrai délice pour nos esgourdes.

En matière de puissance, Sony fait confiance à un SoC que nous n’avons plus besoin de présenter, le fameux Snapdragon 8 Gen 1. Vous connaissez la chanson, cette puce véloce vous permettra d’à peu près tout faire sans ralentissements. Pour du gaming sur des jeux 3D puissants, veillez tout de même à mettre les graphismes en mode moyen pour éviter une chauffe trop rapide.
C’est en effet le défaut bien connu de cette puce, elle fait rapidement monter en température les smartphones. Dommage que Sony ne se soit pas tourné vers le plus récent SoC 8+ Gen 1 qui gère mieux ce problème de production de chaleur et qui équipe déjà quelques smartphones en cette fin d’année.
Non, pour son interface logicielle
Livré sous Android 12, le Xperia 5 IV s’étoffe d’une surcouche constructeur très légère. Que ce soit dans le volet de notification, le tiroir d’applis ou l’écran d’accueil, on est très proche d’Android Stock. La prise en main est donc plutôt intuitive, mais elle manque cruellement de personnalisations graphiques. C’est plutôt frugal. Autre point qui pourrait frustrer certains d’entre vous, il n’existe pas de gestionnaire de photo, il faudrait passer par Google Photo.

Comme d’habitude, Sony fournit d’emblée une ribambelle d’applications Pro dans le domaine de la musique, de la photo, de la vidéo et du cinéma. Bien que complet, cet écosystème est vraiment difficile à prendre en main pour un non-initié. Les réglages foisonnent de partout, les possibilités sont multiples et les interfaces pas toujours des plus ergonomiques. C’est comme si vous ouvriez Photoshop la première fois de votre vie.
On sent le potentiel, mais on est tout d’abord complètement déboussolé. Les vidéastes amateurs, les photographes aguerris et les mélomanes assumés se régaleront, pour les autres, le temps d’apprentissage sera presque décourageant. Cet élitisme poussé à son paroxysme est un choix de longue date pour Sony. Il est cependant dommage que le constructeur ne livre pas quelques tutoriels maisons afin de séduire plus largement les foules autour de son smartphone.
Non, pour son autonomie et sa charge
Sur le papier, le Xperia 5 IV fait honneur à son rang de smartphone haut de gamme avec sa batterie de 5 000 mAh. Dans les faits, le smartphone déçoit un peu. Avec un taux de rafraîchissement à 120 Hz et un écran lumineux à 80% du temps, le smartphone tient une journée avec une utilisation standard.
Le week-end, en l’utilisant un peu plus, notamment pour de la vidéo et du jeu vidéo, nous avons dû le charger légèrement en début de soirée pour qu’il puisse nous accompagner jusqu’au coucher. Le Xperia 5 IV se situe donc dans une moyenne basse en matière d’autonomie.

Pour la charge, cela se complique encore un peu plus. Tout d’abord, Sony ne fournit aucun bloc secteur et quelque soit ce que vous avez sous la main, il se contentera d’une puissance maximale de charge de 30 W. En utilisant un chargeur de 33 W, nous avons mis plus d’une heure et demie pour le charger de 2 à 90%, ce qui en soit nous paraît une petite éternité.
La marque nous a pourtant indiqué que son smartphone serait capable de retrouver 50 % de batterie en 30 minutes. Est-ce qu’un chargeur officiel Sony réduirait presque de moitié nos calculs ? Difficile d’y croire, impossible de le confirmer en l’état
Non, pour son prix (sauf super promotion)
Disponible en France depuis le mois de septembre 2022, ce Sony Xperia 5 IV a été commercialisé au prix de 1 049 euros. Le smartphone se décline en trois coloris (Noir, Vert et Blanc écru) et dans une seule configuration, 8 Go de mémoire vive et 128 Go d’espace de stockage, extensible jusqu’à 1 To via une carte microSD. Cette année encore, Sony nous refait le coup d’un positionnement tarifaire ambivalent.

Finitions, écran, audio, capteurs photos…Oui, le Xperia 5 IV est un produit haut de gamme dans sa proposition. Pour autant, quand on voit le rapport qualité prix par exemple du dernier Google Pixel 7 Pro… le positionnement du dernier rejeton de Sony laisse plutôt circonspect.
Pour que le grand public puisse s’initier aux particularismes de la famille Xperia, il faudrait un prix plus intéressant. C’est notamment le cas en ce moment chez Sosh et Orange, qui proposent jusqu’au 29 décembre, le smartphone seul pour…699 euros. À ce prix, on ne peut que vous le conseiller, s’il repasse en dessous de 800 euros en 2023, idem. Au-delà, seuls les aficionados de Sony et les créatifs amateurs y trouveront totalement leurs comptes.
Notre avis sur le Sony Xperia 5 IV
Avec ce Xperia 5 IV, Sony nous fait du Sony pur et dur. Comprenez par là que le constructeur nous livre un smartphone pratiquement irréprochable en termes d’écran, de puissance, de son, de photo et de design. Son autonomie moyenne et sa charge lente sont à déplorer, mais ces défauts ne sont pas propres à Sony. On lui pardonne donc à moitié.
Par contre, ce qui nous embête un peu plus, c’est cette propension de Sony à rester, trop, élitiste. Sur son marché de niche, un smartphone pour les semi ou pro de la photo et de la vidéo, le Xperia 5 IV est le meilleur de tous. Pour les cinéphiles et les mélomanes, c’est un smartphone que l’on peut sans problème mettre sous le sapin.
Et les autres ? Pour tous ceux qui aimeraient entrer petit à petit dans ces univers, la marche paraît presque trop haute. La faute à une impression d’ensemble très « Pro » qui oublie clairement ceux qui ne le sont pas. À son prix de lancement, il risque donc de frustrer le grand public plus qu’autre chose. En promotion, la question se pose. Avez-vous la patience et la curiosité pour le prendre en main afin d’en tirer tout son potentiel ? À vous d’y réfléchir et de choisir en connaissance de cause.
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