Avec son capteur plein format et ses dimensions compactes, le Sony ZV-E1 fait un peu figure d’OVNI sur le marché des boîtiers hybrides. Mais après plus de deux semaines passées en sa compagnie, nous pouvons le dire sans détour : il s’agit certainement de la meilleure caméra pour les vidéastes amateurs… et éclairés. Du moins pour ceux qui n’ont pas déjà craqué pour le très bon ZV-1 II.
Où acheter le Sony ZV-E1 moins cher ?
Le Sony ZV-E1 est actuellement en vente chez Sony, mais également chez tous les revendeurs habituels, avec un prix de départ calé à 2 699 € boîtier nu. Mais voici les meilleures offres du moment.
Un look séduisant, mais une ergonomie pas toujours intuitive

Le Sony ZV-E1 est surprenant à bien des égards, mais c’est bien entendu sa taille et son poids qui étonnent en premier lieu. Sony a frappé fort, avec un boîtier mesurant 121 mm de long, 71,9 mm de haut et 54,3 mm de large, pour un poids confortablement calé à 483 grammes avec une batterie et une carte mémoire.
Ces dimensions compactes rassureront sans doute les vadrouilleurs, mais attention : à ce boîtier, il faudra aussi ajouter des optiques à monture E. Et si le 20 mm f/2.8, par exemple, ne viendra pas casser les lignes du boîtier, il en ira tout autrement pour un 16-35mm f/2.8 GM, un 24-70mm f/2.8 GM ou encore un 90mm f/2.8. Des optiques imposantes qui créeront inévitablement un léger déséquilibre en main.
Toutefois, la prise en main reste confortable. La poignée n’est pas aussi profonde que celle du Sony A7 IV, certes, mais elle est suffisamment creusée pour assurer une bonne préhension. Le boîtier inspire confiance en tout cas. Robuste, il est en effet résistant à la poussière et à l’humidité.

Les boutons sont un peu déconcertants au début. Surtout lorsqu’on a l’habitude de l’ergonomie de l’A7 IV. Le Sony ZV-E1 propose en effet une seule molette, qui pourra servir à modifier la vitesse, l’ouverture ou encore la sensibilité en fonction de vos réglages.
Sony a également fait l’impasse sur le traditionnel barillet servant à la sélection des modes. Il a été remplacé par un interrupteur permettant de basculer entre les trois principaux modes de prise de vue, soit le mode photo, le mode vidéo et le mode S&Q.
Plus surprenant, le constructeur a choisi de placer le bouton d’enregistrement de vidéo non loin de cet interrupteur, et donc derrière le déclencheur. Les erreurs seront nombreuses au début et il faudra un peu de temps pour s’habituer à cette configuration. D’autant que l’on trouve aussi un autre bouton sur l’épaule du boîtier servant… à activer ou désactiver le floutage d’arrière-plan.
Le déclencheur, de son côté, est entouré de deux éléments : le bouton de mise sous tension et… une bague permettant de modifier le niveau de zoom.

Le stick, si pratique, passe évidemment à la trappe. Il faudra donc s’en tenir à la roue de sélection. Une roue cliquable donnant accès à pas mal de paramètres comme les ISO, le retardateur ou encore la compensation de l’exposition.
Cinq boutons complètent le tableau : un bouton “menu”, un bouton “C2”, un bouton “Fn”, un bouton de lecture et un bouton de suppression.
Comme toujours avec Sony, tous ces contrôles sont bien entendu personnalisables. Le mappage changera bien entendu en fonction du mode de prise de vue sélectionné, mais vous pourrez aussi faire un petit tour dans le menu pour configurer le ZV-E1 à votre convenance.
Un écran qui en met plein les yeux

Ce qui nous amène bien entendu à l’écran du boîtier. Écran qui occupe un rôle pivot.
Le ZV-E1 est en effet dénué de viseur électronique. L’écran vous servira donc à cadrer votre scène. Positionnement “vlog” oblige, Sony a monté la pièce sur une rotule. L’écran pourra donc pivoter sur lui-même pour vous aider à vous filmer, ou pour faciliter les prises de vue en plongée et en contre-plongée. Et bien sûr, il suffira de le replier contre le boîtier pour le protéger entre deux tournages.
Le constructeur a opté pour une dalle TFT de 7,5 cm avec une définition de plus d’un million de points. La luminosité en revanche est un peu poussive pour une utilisation en extérieur. En plein soleil, l’absence d’un viseur se fait cruellement ressentir.

Mais cet écran a une autre fonction : il permet lui aussi d’accéder à certains réglages.
Par défaut, il affichera en effet des boutons pour gérer le zoom, changer le mode de prise de vue, modifier le microphone, activer le CineVlog ou la reconnaissance faciale. Mais en appuyant sur la touche Fn, vous ferez en plus apparaître un bandeau regroupant 12 boutons totalement personnalisables.
Ce menu pourra aussi être appelé par le biais d’un balayage du bas vers le haut. Vous pourrez alors prendre la main sur le mode de mise au point, par exemple, ou même sur la balance des blancs, le profil de couleur, la stabilisation ou même l’effet peau douce. Un effet à désactiver… et à oublier.
En vous débrouillant bien, vous aurez donc accès à la plupart des réglages du boîtier. Cela étant, parfois, vous aurez quand même besoin de vous rendre dans les menus.
Fort heureusement, ils se montrent relativement clair. Sony n’a d’ailleurs pas eu besoin d’aller chercher très loin. Il a en effet repris le menu de l’A7 IV, de l’A7S III ou même de l’A1 et de l’A9, avec une présentation en accordéon structurée autour de 8 thématiques principales.
Une connectivité suffisante

Peu de choses à dire sur la connectique, si ce n’est qu’elle est complète. Tous les ports sont regroupés sur la tranche gauche, protégés par deux languettes en plastique durci.
Tout en haut, nous trouverons donc la prise micro et un connecteur USB Type-C. Point important, si le ZV-E1 embarque un microphone doté de trois capsules, il sera préférable de vous tourner vers des solutions dédiées comme le très bon DJI Mic par exemple, que nous avons pu tester à sa sortie. En bas, deux autres connecteurs nous attendent : une sortie micro HDMI et une prise casque.
Le Sony ZV-E1 pourra en effet sortir de la 4K sur un écran externe pour plus de confort. Et en prime, il propose le WiFi 802.11 a/b/g/n/ac et le Bluetooth 4.2. Il sera donc possible de le connecter à un smartphone ou une tablette pour le piloter à distance, au travers d’une application mobile dédiée : Imaging Edge. Application au fonctionnement parfois un peu chaotique, par ailleurs.
Un très beau capteur pour le Sony ZV-E1

Le Sony ZV-E1 ne fait aucun compromis au niveau du capteur. Le boîtier embarque ainsi un capteur plein format CMOS Exmor R de 12,1 millions de pixels déjà utilisés sur les A7S III et FX3. La sensibilité est comprise entre 80 et 102 400 ISO, avec un mode étendu allant de 40 à 409 600 ISO. Les amateurs de prises en vue en basse luminosité auront donc de quoi faire. D’autant que les résultats suivent. À 6400 ISO, l’image est certes un peu plus lissée, mais elle reste pleinement exploitable.
En vidéo, le ZV-E1 permet de sortir des séquences en 4K UHD à 60 images par seconde et, surtout, en 4:2:2 10 bits. Sony propose également plusieurs profils colorimétriques comme le CineVlog, le S-Cinetone ou encore le S-Log3. De notre côté, c’est principalement ce profil que nous avons utilisé durant ces semaines de test. Vous pouvez d’ailleurs voir un échantillon sur ma chaîne YouTube personnelle. Toutes les vidéos publiées ces deux dernières semaines ont été tournées au ZV-E1.
Les résultats sont en tout cas proprement remarquables. Dynamique, piqué, sensibilité, le ZV-E1 est très difficile à prendre en défaut. Mais surtout, il se montre d’une flexibilité à toute épreuve. Il est à l’aise dans toutes les conditions lumineuses possibles, même en intérieur ou en pleine nuit.

Mais attention tout de même, car le ZV-E1 est un boîtier exigeant. Il faudra donc prêter la plus grande attention aux optiques utilisées. Et nous en avons utilisé principalement trois : le 16-35mm f/2.8 GM, le 24-70mm f/2.8 GM et le 90mm f/2.8 Macro G. Des cailloux proposés entre 1 000 et 2 000 euros pièce… et qui ne seront donc pas à la portée de toutes les bourses.
Une mise au point redoutable

La mise au point fait partie des critères les plus importants pour les vlogueurs. Ces derniers travaillent le plus souvent seuls et ils n’ont pas la possibilité d’avoir recours aux services d’un cadreur. Ils ont donc besoin d’un bon autofocus.
Sony n’a fait aucun compromis ici non plus. L’autofocus du ZV-E1 se montre redoutable, même en basse luminosité et une simple tape sur l’écran rotatif suffit à le bloquer sur le sujet. La mise au point se fera ensuite directement sur l’oeil… y compris si le visage sort du cadre quelques instants.

Mais ce n’est pas le plus intéressant. Sur ce point spécifique, le ZV-E1 se rapproche beaucoup du Sony A7R IV. Comme lui, il ne s’en tient pas aux visages humains et son autofocus pourra aussi reconnaître des animaux, des insectes, des voitures, des trains ou même des avions. Avec un suivi tout aussi efficace que pour notre regard.
Les adeptes de la mise au point manuelle ne sont pas oubliés pour autant. Le boîtier propose plusieurs outils dédiés, comme une carte de mise au point ou encore le focus peaking. Dans ce cas précis, l’utilisateur aura même le choix de la couleur et de son intensité.
Une stabilisation efficace

La stabilisation se montre globalement efficace. Le ZV-E1 propose trois modes : standard, active et dynamique active. Attention, car si vous optez pour l’un des deux derniers profils, des crops successifs seront automatiquement effectués dans l’image.
Un compromis certain, mais qui permet aussi de gagner en stabilité. Le mode dynamique active s’avère redoutable en déplacement.
Cela étant, en plus de ces modes, le boîtier intègre une autre fonction bien pratique : le suivi automatique du sujet. Après l’avoir activé, le ZV-E1 sera capable de recadrer l’image comme s’il suivait le sujet. Un mode assez bluffant, mais qui a aussi ses limites. Le recadrage ne sera fait que sur des actions lentes. Un déplacement rapide suffira à perdre le boîtier.
Et la chauffe, alors ?

La chauffe a parfois été un problème chez Sony. Le meilleur exemple restant sans doute celui du NEX-7. Un boîtier extrêmement efficace, très plaisant à utiliser, mais qui avait la fâcheuse tendance à monter très vite en température… avec tout l’inconfort que cela représente.
Le ZV-E1 est bien entendu loin de pouvoir rivaliser avec l’A7S III ou la FX3 sur ce terrain. Cela étant, en activant l’option permettant de repousser l’extinction du boîtier en cas de chauffe, il sera possible de tourner sans interruption pendant plus d’une heure en 4K et à 25 images par seconde… et autour des 50 minutes à 50 ou 60 images par seconde. Le tout en S-LOG3 et en 4:2:2 10 bits.
Une limite qui n’en est pas vraiment une pour les vidéastes et vlogueurs, mais qui sera sans doute plus handicapante pour les streameurs. Car oui, techniquement, le ZV-E1 peut être utilisé pour le streaming grâce à son connecteur USB Type-C.
Un boîtier (un peu) entre deux mondes

Le ZV-E1 a des atouts incontestables, mais il semble aussi un peu perdu entre deux mondes.
Prenez le cas de la compacité. Il s’agit d’un atout, du moment que l’on sait choisir ses optiques. Avec un 24-70mm f/2.8 GM, le boîtier sera effectivement déséquilibré. Même chose avec un 16-35mm f/2.8 GM. Il sera donc tentant de se tourner vers une optique pancake comme le 24mm f/2.8 G de Sony, mais on perdra du même coup en qualité d’image. La distorsion et le vignettage seront plus marquées sur ce caillou.
Même constat du côté des fonctions. Par défaut, le ZV-E1 appliquera effectivement un effet peau douce aux prises de vue. Un effet désactivable, certes, mais qui n’a pas vraiment sa place sur un boîtier tourné vers des utilisateurs exigeants. Des utilisateurs qui trouveront sans doute aussi curieux la fonction de floutage d’arrière-plan, et ce même si elle peut s’avérer pratique dans certains cas bien précis… comme la présentation de produits.
Le stockage risque également de faire tiquer. Le boîtier s’en tient en effet à un seul slot SD. Il ne sera donc pas possible d’étendre son stockage, ni même d’enregistrer ses rushes en simultanée sur deux cartes pour limiter les risques. Le plus rageant étant qu’il y avait clairement de la place pour un deuxième slot.
Des choix curieux, mais qui n’enlèvent rien aux qualités intrasèques du boîtier. Un boîtier d’une rare efficacité et qui permettra aux vlogueurs de rentrer dans une toute nouvelle ère. Du moins à condition d’y mettre le prix. L’autonomie reste correcte et équivalente à celle de l’A7 IV.
Avec un ticket d’entrée fixé autour des 2 699 € boîtier nu, le ZV-E1 n’est pas ce que l’on pourrait appeler un boîtier abordable. Un vrai problème quand on sait que le très bon Sony A7 IV est proposé pour sa part… à 100 € de plus.
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