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Test Xiaomi Redmi 10 : un bon petit soldat, tout au plus

Avec une fiche technique aussi musclée, Xiaomi tente, encore, de vouloir repousser les frontières des smartphones entrée de gamme. Alors, nouveau cador ou clone insipide ?

Plus les sorties s’enchainent, plus la gamme Redmi prend un malin plaisir à démocratiser des fonctionnalisés « premium », dans un passé pas si lointain en tout cas, sur des produits entrée de gamme. Et encore vu les prix affichés, utilisons-nous la bonne dénomination ?

Disponible en 3 coloris (Gris Carbone, Bleu Marine et Blanc Galet) et en deux versions, 4+64 Go et 4+128 Go, pour respectivement 179€ et de 199€, le Redmi 10 serait plutôt une « entrée d’entrée de gamme ». D’autant que Xiaomi n’est jamais avare d’offres promotionnelles « flash » pour booster la vente de ses nouveaux modèles, si bien qu’en étant un peu alerte, on peut encore faire baisser le prix.

Et pourtant, quand on regarde la fiche technique de ce petit dernier, il y a de quoi se frotter les yeux. Écran de 6,5 pouces FHD+, taux de rafraîchissement de 90 Hz adaptatif, capteur principal de 50 mégapixels, batterie de 5000 mAh, double haut-parleur stéréo… Alors où est le piège ?

Redmi 10 64 Go au meilleur prix Prix de base : 179 €
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Design, la philosophie du « pochoir »

Comme déjà évoqué lors de précédents tests, sur ce type de smartphone le design n’est, semble-t-il pas, une priorité majeure. Non pas que celui-ci soit bâclé ou raté, mais disons plutôt qu’il fait l’économie de la moindre originalité. Du coup, on a souvent l’impression, à quelques menus détails, que la plupart des téléphones de la marque sous la barre des 250 euros se ressemblent peu ou prou. Ce Redmi 10 n’échappe pas à la règle.

Xiaomi Redmi 10 - dos

Quoiqu’un poil imposant en main (161,95 x 75,53 x 8,92 mm), son format ne fait pas pour autant dans la lourdeur (181 g). Sur l’avant, l’écran est encadré par des bordures noires qui sont loin d’être discrètes, notamment sur le bas. À l’arrière, la finition en plastique mat, imitant le verre dépoli, ne prend pas trop les traces de doigts, mais s’avère parfois un peu glissante, notamment lors d’une utilisation à une main. Situé dans le coin gauche, le bloc photo est corpulent, sans surprise, puisqu’il abrite quatre modules. Par contre, on se serait bien passé de l’extension noire avec l’inscription « AI-CAM Photography System »… Pour finir ce tour du propriétaire, le Redmi 10 propose un capteur d’empreinte digitale, logé sur le bouton d’alimentation qui est assez réactif, un port USB-C et une prise jack.

Pour savourer du multimédia, son écran ne déçoit pas

Disons-le d’emblée, ce Redmi 10 sera le parfait allié des boulimiques de YouTube et de Netflix, des accros aux réseaux sociaux et à la navigation web de manière générale. Sa large dalle LCD au format 20:9 de 6,5 pouces FHD+ (2400×1080) est vraiment agréable d’utilisation pour ces activités. D’autant que le smartphone se pare également d’un taux de rafraîchissement adaptatif, 60 ou 90 Hz selon le contenu visionné. Et pour enfoncer le clou, il propose des haut-parleurs stéréo, ce qui est assez rare pour cette gamme de prix.

Redmi 10 - Netflix

Positionnés sur les tranches, il vous faudra faire attention à ne pas les boucher en mode paysage si vous n’utilisez pas d’écouteurs Bluetooth. La technique consiste simplement à poser le smartphone sur le haut de vos mains, ce qui se réalise très facilement et sans encombre vu le large format du mobile et son poids réduit. Même à forte puissance, les haut-parleurs ne grésillent pas, la distorsion des aigus reste minimale, le son est clair, même si parfois les basses apparaissent un peu plates. En somme, une expérience audio convaincante.

Une puissance asthmatique

Le Redmi 10 est le premier smartphone embarquant le SoC Helio G88 de Mediatek, que nous recevons en test à la rédaction. Cette puce est amenée à prendre progressivement la succession de l’Helio G85 sur les smartphones premier prix. Sur le plan des performances pures, l’évolution nous semble minime après deux semaines d’utilisation. Rien de surprenant après vérification, puisque le G88 reprend la même base CPU que son prédécesseur. 

Du coup, le Redmi 10 encaisse les usages basiques (navigation web, réseaux sociaux, e-mail…), mais commence vraiment à balbutier dès qu’on le sollicite trop rapidement ou trop longtemps. D’autant que ses 4 Go de RAM ne l’aident pas trop. Pour qu’il reste à peu près docile, pensez régulièrement à fermer les applications en arrière-plan. Sinon vous subirez des saccades, des ralentissements et vous aurez parfois la désagréable expérience de voir l’écran se figer quelques secondes en sortant d’une application. Frustrant.

Redmi 10 - jeux

Logiquement, il faudra faire l’impasse sur les jeux 3D ou les applications gourmandes en ressources. Cependant pour des jeux basiques en 2D, il s’en sortira s’il n’est pas dans le rouge niveau batterie. En dessous de 20%, il affichait de nombreuses lenteurs sur notre partie d’Evoland 2.

Alors à quoi bon faire tout un pataquès autour de cette puce Helio G88 ? La nouveauté est ailleurs. Contrairement au G85, ce nouveau SoC peut faire tourner les écran Full HD+ à 90 Hz, il est moins énergivore et il est capable d’exploiter les capteurs photos supérieurs à 48 Mpx. Dit ainsi, on comprend mieux certains aspects de la fiche technique de ce Redmi 10.

Endurant, mais (très) long à la recharge

Une mauvaise habitude sur les smartphones entrée de gamme. D’un côté, ils ne peuvent faire tourner des applications trop énergivores, du coup ils affichent logiquement une autonomie plus que décente si la capacité de la batterie est au rendez-vous. De l’autre, ils ont toutes les peines du monde à se recharger.

Redmi 10 - Lifestyle

Nous le vérifions ici de nouveau. Malgré une utilisation de Netflix pour un épisode complet de «Squid Game » avec une luminosité à 60%, malgré une demi-heure de jeu sur Evoland 2 dans les transports et malgré une utilisation occasionnelle de Spotify et intensive des réseaux sociaux, il a réussi à tenir plus d’une journée et demie. Conclusion, il est généreux dans l’effort.

Par contre, pour la recharge, il est loin d’afficher une vitesse stellaire. Xiaomi a beau mettre en avant sa recharge rapide de 18 W, il nous a fallu près de 2h12 minutes pour le ramener à 100% et au bout de 30 minutes, il affichait péniblement 27% de batterie. Conclusion, il est mollasse dans sa récupération.

Photo, son arme de séduction massive

Pour séduire le profane technologique, Xiaomi barde son Redmi 10 d’un module photo avec quatre objectifs à l’arrière.

  • Un grand-angle : capteur principal de 48 MP, f/1,8 ;
  • Un ultra grand-angle : capteur de 8 MP, f/1,8 ;
  • Un objectif macro de 2 MP, f/2,4;
  • Un capteur de profondeur de 2 MP, f2,4.

Nous ferons l’impasse sur les deux derniers. En effet, si vous êtes des habitués de nos tests, vous savez déjà ce que nous en pensons.  Les capteurs macro sont inutiles et les capteurs de profondeur, surtout quand ils sont aussi modeste, améliorent marginalement la qualité des portraits. D’autant qu’un bon algorithme serait capable d’en faire tout autant.

Dans de bonnes conditions de lumière, il est difficile de reprocher quelque chose au capteur principal. Les couleurs sont fidèlement retranscrites, la gestion des zones d’ombre s’avère net et sans bavure et même les halos de lumière sont bien maitrisés. Franchement, nous sommes impressionnés.

En situation de plus faible luminosité, il ne déçoit pas trop non plus. Le cliché de la Cathédrales de Reims montre que même par temps gris, la photo ne perd pas en détails.

Redmi 10 - photo

Seul hic, la gestion de la mise au point automatique en faible luminosité est parfois erratique. Prenons l’exemple des trois photos de la bibliothèque Carnegie, toujours à Reims. Lorsqu’on réalise la mise au point sur le ciel, l’ensemble éléments du bas s’assombrisse, notamment sur les bords. Si la mise au point est réalisée sur la bibliothèque, le ciel devient surexposé. En se référant à la mise au point automatique, le résultat devient acceptable, mais en contre-partie le ciel, qui était d’un bleu plus profond avec quelques nuages, perd de son naturel.

Le capteur ultra angle s’en sort avec les honneurs. Il arrive à conserver un niveau de détails suffisant, mais par contre il dénature parfois les couleurs. Étrange.

Dès que la luminosité se fait rare, utilisez directement le mode « Nuit ». En effet, ce dernier s’avère vraiment efficace pour un smartphone de ce prix. Déjà, il est rapide, à peine 3 secondes, ce qui nous évite de jouer trop longtemps à 1,2,3 soleil lors de nos prises de vue. Ensuite, il améliore la plage dynamique de manière globale. Enfin, les détails gagnent en finesse sur certains endroits du cliché. 

Stratégie commerciale, la fragmentation à ses limites

Dire que Xiaomi inonde le marché des smartphones depuis maintenant deux ans est un doux euphémisme. Il suffit de faire un tour sur le site du constructeur pour s’en rendre compte. Rien que pour la gamme Redmi, il existe vingt smartphones. Des déclinaisons 5G et 4G, des versions Note ou Pro en veux-tu en voilà. En mars dernier, Xiaomi avait dévoilé à la presse plus de dix smartphones, tandis que pour le mois d’octobre s’annonce d’ores et déjà chargé (Xiaomi 11T Pro 5G, Xiaomi 11 Lite 5G NE, Xiaomi 11 T…). C’est du jamais-vu.

Cette stratégie s’avère pour le moment totalement payante tant au niveau médiatique qu’économique. Et surtout, en proposant plusieurs téléphones pour un budget précis, le consommateur a l’impression d’avoir un choix infini. C’est du gagnant-gagnant, mais jusque quand ? Aussi ambitieuse soit-elle, cette stratégie s’avère dangereuse sur le long terme.

En effet, les avancées technologiques ne suivent pas la même courbe que les baisses des prix. Si bien, que les smartphones milieu et haut de gamme auront bientôt du mal à justifier leurs prix. De plus, à trop vouloir sortir de modèle, il est difficile d’atteindre toujours l’excellence. Du coup, le mobile qui aura le malheur d’être tout juste moyen sera rapidement éclipsé par son prédécesseur ou son successeur, meilleurs que lui. C’est le cas ici. Malgré toute sa bonne volonté le Redmi 10 n’a pas les épaules pour concurrencer le Redmi Note 10.

Redmi 10 128 Go au meilleur prix Prix de base : 199 €
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Notre avis sur  le Xiaomi Redmi 10

Après deux semaines d’utilisation, le Redmi 10 ne nous prend pas au dépourvu puisqu’il dit, à peu près, ce qu’il fait. Il arbore un écran bien calibré, un appareil photo plutôt bon et une autonomie costaud, le tout pour un prix qu’on peut difficilement faire plus doux. Dommage qu’il soit autant à la peine au niveau de sa puissance et qu’il se recharge comme un escargot. 

Au final, son design résume à lui seul notre impression globale. “Sans esbroufes”, “honorable mais sans originalité”, “dans la moyenne”, “comme beaucoup d’autres”. Clone de nombreux autres, à peu de choses près, smartphones de la gamme Redmi, il ne fait finalement pas d’erreur incommensurable. Il a juste la malchance de ne pas surnager dans l’offre pléthorique de Xiaomi. Moralité. À force de tirer les prix vers le bas tout en gonflant les fiches techniques, l’utilisateur devient logiquement de plus en plus exigeant.

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Xiaomi Redmi 10

199€
7.8

Écran et audio

9.0/10

Performances

6.5/10

Autonomie et recharge

7.0/10

Appareil photo

8.5/10

Rapport techno-prix

8.0/10

On aime

  • Un appareil photo équilibré
  • Un écran bien calibré
  • Une expérience audio agréable
  • Une autonomie correcte

On aime moins

  • Une puissance aux abonnés absents
  • Une recharge grabataire
  • Un design trop commun
1 commentaire
1 commentaire
  1. en lieu et place de Xiaomi redmi 10 renommer le Xiaomi bug 10 ainsi vous serez plus proche de la vérité, très très déçu par le smartphone ainsi que le sav. à classer au rayon smartphone jetable

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