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The Electric State : pourquoi le film le plus cher de l’histoire de Netflix est si nul

On a voulu nous faire notre propre avis sur la nouvelle superproduction de Netflix. Mais pourquoi The Electric State est si décevant ?

Ce vendredi 14 mars 2025, The Electric State a rejoint le catalogue des superproductions originales de Netflix. Pour séduire les amateurs de science-fiction, la plateforme de streaming n’a pas hésité à sortir l’artillerie lourde… Et un budget colossal.

Mais avant même qu’il soit sorti, le long métrage s’est pris une averse de critiques sévères et acerbes. Pourtant, le film se place tout en haut du classement des films les plus vus sur Netflix depuis vendredi. Alors forcément, on a eu envie de nous faire notre propre avis sur The Electric State. Est-ce aussi terrible que ce qu’on peut lire ? Malheureusement, oui…

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The “Catastrophic” State

On aurait aimé être surpris, dans le bon sens du terme, en regardant The Electric State. Mais les deux heures du film ont été pénibles à visionner. C’est particulièrement dommage parce que le long métrage part d’une idée très intéressante. Mais tout est vu, vu, vu et revu dans The Electric State. On a l’impression que les frères Russo (Avengers : Endgame ; The Gray Man) avaient une liste d’éléments à cocher pour se plier à l’algorithme de Netflix

The Electric State s’appuie sur le roman graphique Passagen de Simon Stålenhag. On plonge dans une version rétro-futuriste et dystopique des années 90. Après une guerre sans merci, les humains ont gagné grâce à un génie visionnaire et ont enfermé tous les robots et les machines (qui ont développé une conscience) dans “The Electric State”, une zone sécurisée de 250 000 kilomètres carrés. Après avoir été utilisés pour vaincre la rébellion des machines, les neurodiffuseurs, sorte de casques VR qui permettent de transférer sa conscience dans des drones robotiques, sont accessibles pour le grand public qui ne vit plus qu’à travers eux.

De son côté, Michelle pleure la perte de ses parents et de son petit frère et rejette le système. Tout bascule quand elle croise la route d’un petit robot qui renferme la conscience de ce frère qu’elle croyait mort depuis quelques années. Elle se lance alors dans un périple jusqu’à l’Electric State pour tenter de retrouver le corps de son petit frère. Sur la route, ce duo improbable va croiser bon nombre d’alliés et d’ennemis…

Si le matériel de base est très bon, les frères Russo n’ont pas su l’exploiter correctement. Le scénario de The Electric State est atrocement plat et insipide. Le film va d’un point A à un point B sans s’embarrasser de retournements de situation ou du moindre élément de surprise. Tout est convenu et prévisible et on subit un film de deux heures alors qu’on connaît la fin au bout d’une vingtaine de minutes.

Contrairement au roman graphique originel, le long métrage se sépare d’éléments plus dystopiques pour adopter un ton plus léger, à notre plus grand dam. Alors qu’il traite d’humanité, The Electric State souffre d’une absence flagrante d’âme. Quel comble ! Malgré des moments qui se veulent émouvants, on reste de marbre. Millie Bobby Brown (Stranger Things) n’arrive pas à nous toucher. Probablement la faute à des dialogues écrits sans cœur. Quant à Chris Pratt, il reprend un rôle qu’il maîtrise sur le bout des doigts, à savoir le contrebandier au grand cœur. Le long métrage est même paresseux dans sa mise en scène…

Netflix Electric State
© Netflix

The Electric State ne révolutionne rien, et c’est vraiment décevant quand on voit le budget sorti par Netflix. Pour 320 millions de dollars, nous étions en droit d’en attendre plus de ce long métrage. Mais non, c’est un blockbuster comme on les déteste. Toutes les cases sont cochées, aucun cliché n’est évité, les personnages sont victimes d’un manque cruel de personnalité pour les rendre réellement attachants… La conclusion et le message véhiculé par The Electric State sont dignes d’une parodie tant ils sont quelconques et réchauffés. Oui, on a compris, les interactions humaines et sociales sont importantes dans notre société et nous sommes tous une grande famille. C’est d’autant plus cocasse quand on sait que les frères Russo ont eu recours à l’intelligence artificielle pour de la modulation des voix (malgré un budget faramineux).

Finalement, ce sont les effets visuels qui évitent à The Electric State de subir une panne sèche. Le long métrage a soigné son esthétique et les nombreux robots présents sont variés et particulièrement impressionnants. Visuellement, c’est extrêmement convaincant, c’est joli et c’est bien fait. On y croit, et c’est peut-être cela qui est le plus frustrant. Une coquille vide, aussi jolie soit-elle de l’extérieur, reste une coquille vide.

Néanmoins, Netflix et les frères Russo ont réussi leur pari. The Electric State cartonne sur la plateforme et s’impose comme le film le plus vu à l’heure actuelle dans de nombreux pays. C’est un divertissement qui divertit, un blockbuster qui blockbuste, mais c’est aussi tout ce qui nuit à l’industrie. S’il n’était pas question du film le plus onéreux produit par Netflix, on pourrait passer au-dessus… Mais à 320 millions de dollars le métrage, on se doit de s’insurger un peu.

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Netflix
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Par : Netflix, Inc.
4.3 / 5
M15.9 avis