Le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) a dévoilé ce lundi 29 décembre son classement annuel des albums les plus vendus en France. Sans surprise, “Le Nord se souvient : L’Odyssée” de Gims surclasse toute l’industrie avec 574 787 exemplaires écoulés. Un chiffre d’autant plus impressionnant que l’album physique n’est sorti qu’en novembre, bien après sa version numérique dont la tracklist a évolué au fil des mois avec les tubes “Ninao” et “Ciel”.
En cumulant les ventes réalisées en 2024, la machine Gims totalise 669 300 unités. Du jamais vu depuis des années sur le marché français. L’artiste s’empare également des trois premières places du classement des singles. Une domination totale qui confirme son statut de poids lourd de l’industrie musicale hexagonale.
C’est bien tout ça, mais combien rapporte un tel succès commercial ? La réponse est complexe, tant les sources de revenus sont multiples dans l’industrie musicale. Mais prêtons-nous au jeu des estimations.
Sur les ventes physiques, un artiste touche en moyenne entre 0,80 € et 1,50 € par album vendu, selon son contrat avec sa maison de disques. Pour un artiste de la stature de Gims, on peut imaginer que sa part est certainement plus élevée. Mais restons sur ces valeurs. Sur 575 000 ventes, cela représente entre 575 000 € et 860 000 € de revenus directs, au minimum. Par ailleurs, son ancien album “Ceinture noire” (2018) s’est encore écoulé à 177 000 exemplaires cette année, porté par le succès viral du titre “Où aller ?”.
Viennent ensuite les “équivalents ventes” du Snep qui intègrent le streaming. Dans ce cas, on estime que 1 500 écoutes équivalent à une vente d’album. Or, Gims cumule des centaines de millions de streams sur Spotify, Deezer et Apple Music. À raison de 0,003 € à 0,005 € par écoute (là encore il ne s’agit que d’estimations, les plateformes se montrant assez floues sur leurs rémunérations), les revenus du streaming peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros supplémentaires.
S’ajoutent les droits d’auteur collectés par la Sacem pour chaque diffusion radio, télé ou en lieu public. Avec des tubes omniprésents sur les ondes comme “Ciel”, ces droits représentent une manne considérable. Les professionnels du secteur estiment qu’un disque d’or (50 000 ventes) rapporte environ 500 000 € à l’ensemble de la chaîne de production. Gims, avec plus de onze fois ce score, joue dans une tout autre catégorie.
Au total, entre les ventes physiques, le streaming, les droits d’auteur et les droits voisins, “Le Nord se souvient” pourrait avoir généré entre 3 et 6 millions d’euros de revenus bruts. La part revenant directement à Gims, après déduction des parts label, distributeur, producteurs et autres intervenants, se situerait entre 1 et 2,5 millions d’euros selon les estimations des spécialistes du secteur.
Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. L’artiste a également rempli cinq fois Paris La Défense Arena en 2025, des concerts générant des cachets pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros par soir. Sans compter le merchandising, les partenariats et les droits dérivés. En tout, la tournée lui aurait rapporté 18 millions d’euros.
Un contrat à 20 millions d’euros
Vous en voulez encore ? Contrairement à la plupart des artistes qui gardent jalousement le secret sur leurs finances, Gims a révélé, sur la chaîne du YouTubeur Loïc Bourget, avoir gagné 40 millions d’euros en 2025. Une partie correspond à tous les revenus sus-cités.
L’autre partie correspond à un contrat qui a fait trembler l’industrie musicale. Gims a signé avec le label Believe un accord qu’il qualifie lui-même de “plus gros deal jamais signé en Europe”. Montant de l’opération : 20 millions d’euros. “C’est une avance non remboursable : c’est de l’argent qu’on me donne pour fournir les sons. Que ça marche ou que ça ne marche pas”, explique l’artiste. Un risque assumé par la maison de disques, qui mise sur la capacité de Gims à continuer d’écraser la concurrence.
Et les autres ? Derrière Gims, le classement 2025 confirme l’hégémonie du rap français. Jul se hisse à la deuxième place avec “D&P à vie” (329 400 ventes), suivi de Werenoi, décédé tragiquement en mai, dont l’album “Diamant noir” reste très écouté. Seule femme du top 10, Théodora crée la surprise en se classant quatrième avec “Mega BBL” et ses 246 213 ventes, la meilleure performance féminine de l’année.
- Gims écrase la concurrence avec 574 787 exemplaires de “Le Nord se souvient : L’Odyssée” vendus en 2025, un niveau rarement atteint ces dernières années.
- Ses revenus sur les ventes sont estimés à 2,5 millions d’euros, mais Gims a aussi signé un contrat record avec une maison de disque à 20 millions d’euros.
- Le reste du top 10 est dominé par le rap français avec Jul, Werenoi et Théodora.
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