On connaissait le système ABS sur les voitures, scooters ou motos. Désormais, les vélos électriques peuvent aussi en profiter. Parmi les entreprises ayant développé des systèmes de freinage assistés, on trouve le spécialiste Shimano ou le géant allemand Bosch.
Ce dernier nous a invités à découvrir sa technologie le temps d’une matinée. Au guidon d’un vélo Kalkhoff équipé du système ABS Bosch, nous avons parcouru les rues de Paris et traversé les chemins glissants, parfois boueux, du Bois de Boulogne.
L’ABS sur les vélos électriques, est-ce vraiment aussi révolutionnaire ? Réponse dans notre essai.
Pourquoi un frein ABS sur un vélo ?
Bosch est parti d’un constat simple : beaucoup d’accidents de vélo surviennent à cause d’un système de freinage défaillant. Alors que les motards apprennent à éviter un obstacle en se déportant et freinant avec le frein avant, les cyclistes ont peu d’options. Soit ils freinent de l’arrière avec une efficacité relative et une perte de contrôle, soit ils freinent du frein avant et passent par-dessus le guidon.
Pour pallier ce problème de sécurité, Bosch a donc développé une technologie de frein ABS. Le principe reprend celui de l’automobile : le conducteur peut freiner de toutes ses forces sans craindre de perdre le contrôle du vélo ou la chute.
Comment ça marche ?

Bosch n’en est pas à son coup d’essai en matière d’ABS sur les vélos. L’Allemand avait déjà dévoilé une première version de sa technologie il y a quelques années avec un énorme boîtier sous le guidon.
Depuis, les ingénieurs ont miniaturisé le dispositif pour des raisons évidentes de confort de conduite mais aussi d’esthétique. Le système ABS Bosch se compose désormais de trois éléments :
- le boîtier ABS fixé sur la fourche, très discret
- deux disques en carbone fixés sur les disques de freins
- un afficheur Kiox et un pédalier Bosch, parties intégrantes du Bosch Smart System
L’ABS Bosch pour vélo repose sur un principe très simple : lorsque l’utilisateur freine, l’ABS détecte que la roue avant tourne moins vite que la roue arrière. Il devine alors que le conducteur freine et enclenche un système de pistons évitant de bloquer la roue.
Grosso modo, il freine et relâche la roue à une vitesse inimaginable pour obtenir un freinage efficace sans bloquer la roue. Et ça marche !
Combien ça coûte ?
Pour le moment, Bosch propose un système tout-en-un aux constructeurs de vélo. L’ABS ne fonctionne qu’avec la dernière version du Bosch Smart System et donc l’afficheur Kiox réservé aux vélos premium, son moteur électrique dans le pédalier, ainsi que les freins Magura, partenaire de Bosch dans le développement de cette technologie.
Selon les cadres de Bosch, il faut compter 400 à 500 euros de coût supplémentaire pour le constructeur de vélo, coût que l’on retrouve logiquement dans le tarif final du vélo. Le système ABS est donc réservé aux vélos plutôt onéreux.
Quels types de vélos peuvent en profiter ?
Tous les vélos. Bosch scelle des partenariats avec les fabricants pour intégrer sa technologie à divers types de vélos. Si nous avons eu l’occasion d’essayer l’ABS sur un vélo tout chemin, Bosch propose aussi son système sur d’autres types de vélos, comme les vélos-cargo ou les VTT.
En effet, la miniaturisation du système engendre aussi une perte de poids considérable (il pèse moins de 250 g) permettant aux cyclistes d’envisager sérieusement d’adopter la technologie. Bosch a en plus pensé son système de freins ABS pour convenir à la pratique du VTT. Par exemple, l’ABS ne se déclenche qu’à partir de 6 km/h ce qui autorise les « noses turn » (virages serrés en appui sur la roue avant avec la roue arrière levée).
L’ABS Bosch à l’essai

Nous avons donc enfourché notre vélo Kalkhoff dans les rues de Paris et sentiers du Bois de Boulogne par beau temps, au lendemain de quelques jours de pluie. Les chemins du bois étaient donc assez gras pour expérimenter des freinages plus risqués que sur l’asphalte.
Dans toutes les circonstances (boue, graviers, sable, bitume, herbe mouillée, racines d’arbres), le constat est le même : l’ABS Bosch est impressionnant d’efficacité. En mains, le ressenti de l’effet pompage est bien présent et rassure.
Autrefois vététiste à ses heures perdues, votre humble testeur n’a jamais réussi à prendre en défaut le système de freinage. Sur la même surface, l’arrêt d’urgence est chaque fois plus efficace avec l’ABS que sans. La distance de freinage est plus courte, le blocage des roues inexistant et, surtout, le contrôle de la trajectoire reste optimal.
Pour les vélotafeurs, l’ABS est une petite révolution qui rassure dans les trajets du quotidien, notamment dans les rues les plus escarpées de Paris au milieu d’une circulation dense. Si nous n’avons pas eu l’occasion de tester l’ABS sur un VTT, nous devinons facilement son potentiel. Même si les plus expérimentés devront s’habituer à de nouvelles sensations et un nouveau comportement du vélo.
Quoi qu’il en soit, Bosch démontre que l’ABS sur un vélo électrique est gage de sécurité aussi bien pour les trajets du quotidien que la pratique sportive. Reste que ce système a un coût non négligeable qui le réserve à un public aux finances confortables.
Comme toute nouvelle technologie, la démocratisation prendra du temps. Dans l’industrie automobile, il a fallu des années pour que l’ABS devienne un standard. Il en faudra au moins autant pour que les fabricants de vélo l’adoptent.
« Plus il y aura de vélos équipés, plus ce sera abordable » nous confiait un cadre de Bosch à l’issue de notre essai. Espérons-le, car, nous en sommes convaincus, l’ABS révolutionne le vélo électrique.
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Sur un vélo cargo ou de ville, certainement, sur un VTT sûrement pas.
Connaissez vous des motos cross ou de piste qui en sont équipées ?