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Voici le seul pays au monde qui résiste aux Tesla et aux électriques

Et pourtant, ce pays est l’un des plus gros acteurs dans l’automobile.

La voiture électrique connaît un essor mondial porté par des constructeurs innovants comme Tesla, BYD mais également des acteurs historiques comme Renault ou Stellantis. Parmi les acteurs de référence, Tesla se distingue par ses performances et son image de marque. Le dernier modèle du groupe américain, le Model Y, a même battu tous les records de ventes dans sa catégorie. Mais il est un pays où ce succès ne se confirme pas : le Japon.

Le Model Y, un carton planétaire

Le Tesla Model Y est un SUV compact électrique, lancé en 2020 aux États-Unis et en 2021 en Europe. Il reprend la base technique de la berline Model 3 mais offre plus d’espace et de modularité. Il se décline en plusieurs versions avec des autonomies allant de 400 à 600 km et des tarifs bien plus abordables que les précédents Model S et X.

Ce modèle a rapidement conquis les clients de Tesla au point de dépasser la Model 3 en termes de ventes. Au premier trimestre 2023, le Model Y a été la voiture électrique la plus vendue au monde – avec plus de 267 000 unités écoulées sur la période. Il a dominé la concurrence en Chine, aux États-Unis, en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni.

Le Japon, un cas unique

Face à ce raz-de-marée, il y a pourtant un pays qui résiste. Le Japon, deuxième marché automobile mondial derrière la Chine n’a pas succombé à la tentation du Model Y. Et pour cause : les Japonais ne sont pas fans des voitures électriques en général.

En mars 2023, il ne s’est vendu que 10 400 voitures électriques au Japon rappellent nos confrères de l’Automobile Magazine. C’est 3 fois moins qu’en France alors que le marché japonais est… 3 fois plus important. La part de marché des électriques dans l’archipel est insignifiante (moins de 2% de parts de marché) et c’est la Nissan Sakura, une petite citadine locale (non disponible en France) qui a été la plus vendue dans ce segment. Pour Tesla, le Japon ne représenterait donc que quelques milliers d’unités par an, alors même qu’elle en a écoulé 1,3 million au total sur l’année 2022.

Les raisons de ce désamour sont multiples. D’une part, les constructeurs japonais ont misé sur l’hybride plutôt que sur l’électrique pur. Toyota, leader mondial et précurseur sur ce segment avec la mythique Prius, n’a pas encore lancé de modèle 100 % électrique sur son marché domestique. Mazda, Suzuki ou Honda sont aussi en retard sur cette technologie. Seul Nissan propose une gamme électrique avec la Leaf ou l’Ariya.

D’autre part, les consommateurs japonais ont des besoins spécifiques en matière de mobilité. Ils privilégient les hybrides pour les longs trajets, car ils offrent une meilleure autonomie et une moindre dépendance aux infrastructures de recharge. Pour les déplacements urbains, ils optent pour les kei cars, ces petites voitures à faible consommation et à faible fiscalité. Les électriques sont donc perçues comme trop chères, trop encombrantes et trop contraignantes.

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13 commentaires
13 commentaires
  1. Les Japonais ont des contraintes automobiles que ne partagent aucun autre pays (comme décrit dans le dernier paragraphe) et aucun des VE actuel ne répond à ses contraintes. Les Tesla et leur format US encore moins….

  2. A Tokyo et autres préfectures à forte densité, pour acheter et immatriculer un véhicule, il faut PROUVER qu’on a de quoi le stationner.

    Quand on n’a pas de place chez soi, il faut fournir un contrat avec une société de parking qui coute une BLINDE.

    Or, même quand on a une place de parking, celle ci est souvent trop petite pour accueillir un model 3 ou Y.

    D’où l’intérêt là-bas des Keicars, ces micro citadines qui se garent sur ce qu’on considère au mieux en France comme un lopin à tomates cerise 😉

  3. Et au final on peut peut-pêtre aussi ajouter qu’une voiture électrique dépend de … centrales électrique. La catastrophe de Fukushima a peut-être calmé les ardeurs ?

  4. Ils devraient résister à Tesla encore un moment, comme à toutes les autres marques non japonaise d’ailleurs ! Seules les petites voitures ont leur place là-bas, les Teslas sont exclues d’office !
    Les constructeurs japonais sont comme Stellantis et d’autres, ils n’ont pas voulu voir venir la transition énergétique, ils ont préféré maximiser leurs revenus plutôt que de développer des vraies solutions pour l’avenir sans pétrole… Enfin Toyota a quand même travaillé sur la voiture à hydrogène mais pas de bol le reste du monde à choisi les VE à batterie, car aucun pays n’ira se ruiner dans un réseau de distribution d’hydrogène qui serait une catastrophe énergétique et écologique !
    Les japonais seront bien obligés d’y venir sinon bye bye 👋

  5. Beaucoup d’inexactitudes dans l’article… et dans les commentaires, sans doute par méconnaissance du marché japonais. Celui-ci n’est d’ailleurs pas le deuxième marché automobile après la Chine mais évidemment le troisième, après les Etats-Unis (et bientôt le quatrième, vu le niveau et la progression du marché indien).

    Par ailleurs, la notion de voiture citadine sous prétexte qu’elle est petite est un point de vue strictement européen (il suffit d’aller ce serait-ce qu’une fois aux Etats-Unis pour s’en rendre compte). Au Japon, les keicars (keijidosha) sont en réalité peu fréquentes dans les grandes villes mais majoritaires à la campagne où le pouvoir d’achat est plus bas mais la voiture indispensable. On peut donc, ici, parler d’une catégorie de voitures “campagnardes” et non de “citadines”.

    Parmi les raisons du faible marché des électriques au Japon, on peut déjà citer l’interdiction de bornes ultra-rapides pour des raisons de sécurité. Mais aussi les aides gouvernementales qui ne sont pas aussi disproportionnées que dans certains pays d’Europe, donc moins incitatives. Par ailleurs, le gouvernement n’a pas annoncé un marché totalement électrique à l’horizon 2035, mais électrique et thermique. Les Japonais n’ont donc aucune raison particulière de se ruer sur les électriques. Cela n’a par ailleurs bien sûr rien à voir avec les problèmes liés à Fukushima.

    Quant au titre de l’article, il est égo-centré sur l’Europe : la majorité des pays du monde résiste aux Tesla ! Si elles sont (très) nombreuses en Amérique du Nord, en Europe et en Chine, elles sont tout aussi rares en Inde, en Amérique du Sud… et en Afrique bien sûr, où plus de 40% de la population n’a de toute façon pas accès à l’électricité…

    1. Petite correction dans mon texte précédent :

      Par ailleurs, le gouvernement n’a pas annoncé un marché totalement électrique à l’horizon 2035, mais électrique et hybride (à la place de thermique…).

Les commentaires sont fermés.