Vendredi matin j’ai cru que je devenais le personnage principal d’un thriller américain, avec suspense, parano et coups de bluff en série. Ca commence avec l’irruption dans mon bureau d’un coursier DHL qui m’apporte un pli. Comme je n’ai rien commandé récemment, ça me surprend un peu, d’autant que le truc est bien scellé, plastifié

Vendredi matin j’ai cru que je devenais le personnage principal d’un thriller américain, avec suspense, parano et coups de bluff en série. Ca commence avec l’irruption dans mon bureau d’un coursier DHL qui m’apporte un pli. Comme je n’ai rien commandé récemment, ça me surprend un peu, d’autant que le truc est bien scellé, plastifié et tout. J’ouvre un peu fébrilement l’enveloppe en espérant qu’il n’y ait pas une bombe à neutron chimique bactériologique dedans. Mais non, d’autant que le machin vient direct de Genève. Je lis, et là, KLONK, le gros coup de massue sur la tronche. Une très grosse boîte américaine me cherche des noises, via l’OMPI au prétexte que j’aurais enregistré un nom de domaine en .FR reprenant sa marque. Je précise tout de suite que cette boîte n’a aucune implantation en France, aucun site web en version française, n’est pas enregistrée dans aucun registre de commerce français ni à l’INPI, ne fait aucun business en France et est totalement inconnue du public français. Qui plus est, le nom utilisé constituant cette marque existait avant que l’entreprise demandeuse n’existe, et c’est même un terme que l’on pourrait qualifier de générique (c’est d’ailleurs à ce titre que je l’avais déposé pour un projet de blog).
La vache, quand j’ai feuilleté le dossier (au moins cent pages), j’ai vraiment eu la trouille car je m’attendais à chaque page à trouver une mention du genre « dommages et intérêts réclamés pour contrefaçon de marque : 200 millions de dollars ». Voire plus.
Bon, rien de tout cela à priori, et il semblerait que ma réponse ait réussi à les convaincre de ma bonne foi. J’attends la suite de la transaction (en gros il vont récupérer leur nom de domaine gentiment et me lâcher), mais pffft, j’ai senti le vent nucléaire du boulet, là.
Moralité, faire gaffe à ce qu’on fait (et à ce qu’on écrit aussi) : le monde du business, et à fortiori du e-business ne connait aucune frontière, et n’a que faire des paraboles à la con du style David contre Goliath.
Car dans la vraie vie, c’est toujours Goliath qui gagne.
Ce qui m’amuse quand même dans cette histoire, c’est d’imaginer que je suis aussi connu du service juridique de cette boîte en haut d’un gratte-ciel de Chicago que sur mon palier.
Ca m’apprendra à jouer au con avec un mot qui s’avère être une marque sans vérifier avant si je peux l’utiliser.

(Promis, quand ce litige sera réglé, je vous dirai de qui il s’agit. Ou pas.)

 La Firme
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.