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Test de la caméra de poche Insta360 Luna Ultra : un premier essai réussi

Insta360 s’est fait un nom avec ses caméras 360 et ses caméras d’action. Il lorgne désormais sur le monde merveilleux des caméras de poche à stabilisateur intégré, domaine de prédilection de DJI. Pour son premier essai, le constructeur ne fait pas exactement dans la demi-mesure. La Luna Ultra, co-conçue avec l’allemand Leica, empile un double objectif Summicron, un capteur 1 pouce, de la vidéo 8K, un écran tactile OLED détachable et bien entendu de l’IA à tous les étages.

Sur le papier, la Luna Ultra a tout de l’avion de chasse. Mais que vaut-elle réellement sur le terrain, en vacances ou pour créer du contenu à destination des réseaux sociaux ?

Afin de le savoir, je me suis procuré un exemplaire de test et j’ai joué avec la nouvelle venue pendant près de deux mois. Vous saurez tout en lisant ce test !

Belle construction, détails soignés

Bonne surprise au premier contact : la Luna Ultra est plus compacte que je ne l’imaginais. Son format rappelle celui d’un gros marqueur genre Posca, avec cette nacelle motorisée qui dépasse en haut et les deux objectifs Leica bien en vue. Et pour tout dire, je lui trouve un air de famille avec Wall-E, le sympathique petit robot de Pixar… Ses 233 grammes lui permettent de presque se faire oublier dans une poche de veste, ou à la rigueur dans celle d’un short ample.

Mon modèle de test noir cosmique (elle existe aussi en blanc stellaire) affiche une finition exemplaire. La caméra étant plutôt courte, Insta360 fournit une sorte de mini poignée que je peux fixer sous la base. La prise en main est alors plus agréable et l’accessoire ajoute un filetage 1/4’’ standard ainsi qu’un minuscule trépied repliable afin de poser la caméra sur une table. Le pack créateur, que j’ai reçu pour ce test, comprenait aussi un « power grip », version un peu plus longue de la poignée et équipée d’une batterie supplémentaire.

Ecran détachable

Le petit écran 2’’ pivotant et tactile de technologie OLED fait office de viseur et donne accès à l’interface de paramétrage. Il est complété par deux touches de fonctions programmables, d’une glissière commandant le zoom, d’un déclencheur et d’un mini-joystick cliquable. Tout ce joli monde est fixé sur une platine détachable, formant une télécommande à retour vidéo HD. Je peux alors piloter la caméra jusqu’à une vingtaine de mètres de distance. C’est tout bête, mais personne ne l’avait encore fait sur un tel produit.

Sur le terrain, l’usage saute aux yeux dès la première prise de vue en solo. Je pose la caméra en contre-plongée au ras du sol pour un plan qui aurait normalement nécessité de me péter les vertèbres pour cadrer. Là, je contrôle tout à distance, debout, l’écran dans la main. Simple, basique. Cet écran détachable est parfait pour cadrer et déclencher. Mais pour un cadrage millimétré, il manque un peu de définition.

Rien de bien dramatique et je m’y fais bien à l’usage. Lorsqu’elle est détachée de la caméra, la télécommande est alimentée par sa propre batterie dont l’autonomie est forcément plus réduite. En utilisation intensive et en luminosité d’écran plafonnant à 75% (difficile de faire moins sous le soleil de juillet), elle a une autonomie de 45 à 55 minutes. Au-delà, il faudra la remettre en place pour recharger son accumulateur.

Deux Leica, sinon rien

Le module principal est composé d’un capteur 1’’ et d’un objectif 20 mm f/1,8 (équivalent 24×36). Le téléobjectif dispose quant à lui d’un capteur 1/1,3’’ et d’un objectif 60 mm f/2. Le passage de l’un à l’autre est commandé par la glissière. Une poussée rapide fait passer d’un seul coup de 1x à 3x (de 20 à 60 mm, donc) en sautant les valeurs intermédiaires. Pour un zoom progressif, il suffit de maintenir la pression sur la commande. Dans un cas comme dans l’autre, la Luna Ultra procure un zoom optique jusqu’à 3x, puis « sans perte » jusqu’à 6x puis jusqu’à 12x via un traitement IA.

Insta360 Luna Ultra
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Une caméra à stabilisateur peut avoir tous les gadgets du monde, mais si l’image ne suit pas, cela ne sert à rien. Heureusement, la Luna Ultra tient ses promesses. Par défaut, le rendu est lumineux, légèrement saturé et un poil flatteur à la rétine, avec cette petite patte Leica reconnaissable via les profils Natural, Vivid et Chrome. Rien que de plus normal pour un produit qui vise le créateur pressé.

Dès qu’on bascule en I-Log 10 bits, l’image s’aplatit et l’on récupère une matière autrement plus riche en étalonnage. Pour les vidéastes ayant besoin de passer en post-production, c’est l’idéal. Ils apprécieront le support d’ACES (un standard colorimétrique très prisé des cinéastes) ainsi que la présence d’un time code. Pour être honnête, je n’ai pas besoin de tout cela pour mon usage.

Insta360 Luna Ultra
L’add-on grand-angle, dourni sans le pack créateur, est aimanté afin de se fixer rapidement sur la caméra © Marc Mitrani pour Presse-citron

La 8K à 30 i/s est impeccable, mais elle n’est pas forcément indispensable. Dans le cadre de ce test, je suis resté la plupart du temps en 4K. Le résultat est excellent en plein jour et en luminosité correcte. Et la nuit ? Le mode PureVideo, disponible jusqu’en 4K à 60 i/s, nettoie le bruit numérique avec une efficacité redoutable. Les scènes de rue nocturnes restent propres et détaillées, le traitement par l’IA étant à mon avis très abouti. Bien entendu, on n’est pas au niveau de ce qu’on obtiendrait avec un capteur plein format. Mais pour une caméra de poche, force est de constater que le résultat est très bon.

La présence d’un véritable zoom optique permet d’obtenir des images autrement meilleures qu’avec le zoom numérique que propose l’Osmo Pocket 4 de DJI. Rien de bien étonnant, le véritable concurrent étant l’Osmo Pocket 4P, dont la sortie est imminente.

Deep Track 5.0 : collé au sujet

Autre point très appréciable, la qualité du suivi de sujet. Baptisé Deep Track 5.0, il reprend le principe de fonctionnement des caméras 360 de la marque. Il suffit de pointer un objet ou un visage sur l’écran et la nacelle fait le reste. Le suivi ne se fait pas avoir par les obstacles courants (arbre, poteau, etc) et reste accroché à son sujet quels que soient mes mouvements.

La Luna Ultra propose différents modes (suivi automatique, avec zoom actif, de groupe, cadrage intelligent) tous aussi efficaces les uns que les autres. Bon point pour le zoom actif, particulièrement malin, qui ajuste tout seul la focale afin de garder un cadrage constant lorsque je m’approche ou que je m’éloigne du sujet.

Un micro trepied ainsi qu’un filetage 1/4” standard sont intégré à la base de la micro poignée © Marc Mitrani pour Presse-citron

La stabilisation est assurée par une nacelle mécanique 3 axes, couplée à une stabilisation électronique. Elle gomme les tremblements en toutes circonstances, y compris en zoom maxi où normalement la moindre vibration peut être fatale. J’ai marché, couru, monté des escaliers et même filmé depuis un vélo sans constater le moindre défaut dans la fluidité. En promenade urbaine comme en balade, j’ai obtenu des plans que je n’aurais jamais crus possibles sans caméra 360° ou un matériel plus conséquent.

Autonomie et audio : le bon et le presque bon

La batterie de 1 550 mAh promet jusqu’à 4 heures d’enregistrement. Dans la vraie vie, c’est un peu moins brillant sans toutefois être dramatique. En privilégiant la 4K, écran allumé et suivi actif 50% du temps, la batterie me fournit un peu plus de trois heures d’autonomie active. En ajoutant le power grip fourni avec le kit, la caméra m’accompagne pendant une bonne journée de balades ou de tournage.

Bon point pour la charge rapide, qui nécessite un bloc d’alimentation Power Delivery, mais qui permet de passer de 0 à 80 % en une vingtaine de minutes, soit le temps d’une pause. Le stockage interne de 47 Go est très appréciable, mais il vaut mieux le compléter par une microSD (jusqu’à 1 To) pour éviter tout problème pendant un long tournage.

Insta360 Luna Ultra
Le micro externe fourni dans le pack creéateur disoise d’une bonnette amovible et d’un écran e-ink couleur permettant de le personnaliser © Marc Mitrani pour Presse-citron

Les quatre micros intégrés produisent un son tout à fait acceptable en intérieur ou dans un environnement extérieur calme. Dès qu’il y a du vent, la protection anti-vent montre vite ses limites. C’est sûrement pour cela que le pack créateur comprend un exemplaire du Mic Pro, le nouveau micro sans-fil de la marque. Directement compatible avec la caméra (pas besoin d’ajouter un récepteur), il dispose d’un écran E-ink couleur permettant de le personnaliser à l’aide d’une image. Il est fourni avec une bonnette anti-vent traditionnelle et surtout efficace.

Insta360 Luna Ultra
Le power grip du kit créateur peut aussi être acquis séparément. © Marc Mitrani pour Presse-citron

Comme les autres caméras du constructeur, la Luna Ultra utilise l’app compagnon Insta360 : je retrouve donc rapidement mes repères pour générer des vidéos, les monter manuellement ou recourir à l’IA. Si l’app devient de plus en plus riche, elle ne se complexifie pas pour autant. J’apprécie les modèles de montage Flash Cut, mais surtout les possibilités d’édition manuelle qu’elle fournit.

Les vidéastes les plus avancés pourront passer par Insta 360 Studio, le logiciel Mac / PC dédié au montage, particulièrement efficace si l’on enregistre en LOG. Précisons pour finir que la Luna Ultra est compatible avec le Cloud Insta360 : les vidéos qu’elle génère peuvent y être téléchargées automatiquement lorsqu’elle est branchée à un chargeur.

 

Mon avis sur l’Insta360 Luna Ultra

Pour un coup d’essai en terre inconnue, la Luna Ultra a tout d’une réussite. Insta360 ne s’est pas contenté de copier l’Osmo Pocket de DJI, mais a enrichi la formule d’ajouts pertinents pour les créateurs de contenus. C’est par exemple le cas du double objectif avec téléobjectif et de l’écran-télécommande qui facilite la réalisation de séquences à des angles inhabituels. Bon point aussi pour la stabilisation irréprochable et pour la qualité des séquences produites en faible luminosité.

Aussi séduisante soit-elle la Luna Ultra n’est pas (encore ?) parfaite. Le pare-vent mériterait une mise à jour afin d’être vraiment efficace et la mini-télécommande détachable gagnerait à avoir une meilleure autonomie.

Vendue 929 euros en pack créateur comprenant un micro sans fil, un add-on optique grand-angle, un power grip et une housse de transport et quelques accessoires, (729 euros en pack de base), la Luna Ultra est un peu plus chère que le DJI Osmo Pocket 4P dans une configuration équivalente. Elle brille en revanche par une application compagnon que je trouve plus aboutie que ce que propose DJI et une grande simplicité d’utilisation. Si vous cherchez une excellente caméra à stabilisateur de poche pour vlogguer et voyager léger sans sacrifier la qualité, elle mérite très sérieusement d’être considérée.

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Insta360 Luna Ultra

729 euros
9.5

Note Globale

9.5/10

On aime

  • Qualité d'image
  • Stabilisation
  • Ecran détachable
  • Simplicité d'utilisation

On aime moins

  • Pas de tropicalisation
  • Pare-vent améliorable