Par qui Duralex va-t-il être sauvé en 2026 ? Deux ans après son quatrième redressement judiciaire, qui a transformé la verrerie en une SCOP (Société Coopérative et Participative) grâce à une reprise par ses propres salariés, la marque française de nos verres de cantine joue encore sa survie.
Trois candidats ont déposé à temps – avant le 6 août – un dossier de reprise auprès du tribunal judiciaire d’Orléans. Cela dit, la date butoir a été repoussée au 11 septembre prochain, d’autres prétendants pour acquérir l’entreprise pourraient donc se présenter, et les candidats actuels pourraient aussi revoir leur offre.
Cédric Meston : 4 entreprises françaises sauvées en 2 ans
Parmi les derniers à avoir déposé une offre, il y a Cédric Meston. Lors d’un échange sur France Inter, le serial entrepreneur de seulement 32 ans, qui a fait fortune en lançant l’entreprise HappyVore, a annoncé qu’il était intéressé par la reprise de Duralex comme il l’était, en mars 2025, pour reprendre la branche française de Tupperware.
Né en 1993 à Paris, Cédric Meston a débuté sa carrière chez McKinsey. HappyVore, l’entreprise de viandes végétales, s’appelait Les Nouveaux Fermiers à ses débuts, jusqu’en 2021. C’est trois ans plus tard qu’il quitte l’entreprise et se lance exclusivement sur la reprise d’entreprises en difficulté, en commençant par les fromages végans de chez Jay&Joy, puis son concurrent Les Nouveaux Affineurs, puis Bluedigo dans le mobilier de bureau durable et reconditionné, et enfin Sol Semilla, dans les superaliments bio.

Des Tupperware avec du verre Duralex ?
Même s’il n’a pas communiqué de détails sur son offre de reprise de Duralex, Cédric Meston avait déjà donné quelques indices en avril 2026, en évoquant sa reprise de Tupperware. Dans une interview à Challenges, il avait marqué son intérêt à « moins dépendre du plastique » et « miser davantage sur le verre et l’inox ». Une synergie possible avec la verrerie de Duralex.
La raison de ce choix stratégique ? On imagine bien l’intérêt écolo du serial entrepreneur, en cohérence avec les autres entreprises sur lesquelles il est venu en aide. Mais l’homme mentionnait aussi l’envolée des cours du plastique et les difficultés d’approvisionnement en Asie. Des éléments qui expliquerait son intérêt, pourquoi pas à produire des Tupperware avec du verre français, par exemple.
Duralex a deux autres importants prétendants : un autre entrepreneur et le groupe industriel Carlesimo
D’après des informations de Franceinfo, un autre entrepreneur serait sur le coup, et aurait indiqué qu’il était prêt à investir 5 millions d’euros pour relancer Duralex. De son côté, Cédric Meston n’a pas ajouté de détail dans son annonce publique. Peut-être devra-t-il aussi faire face au groupe français Carlesimo, qui avait fait part de son intérêt pour la verrerie en 2024 avant que celle-ci ne devienne une Scop.
Située dans le Loiret, l’unique site de production de Duralex rassemble 243 salariés. En juin, une source proche du dossier avait dressé un bilan très décevant de l’activité de la verrerie. Malgré une croissance de 7 % annoncée en fin d’année dernière, les salariés n’avaient touché que 50 % de leur dernière paie à la fin du printemps, confirmant les « tensions de trésorerie » qui ont conduit au placement en redressement judiciaire le 1er juin 2026.
En 2021, lors de sa troisième reprise, Duralex appartenait à Pyrex. Un an plus tard, avec le déclenchement de la guerre en Ukraine et la hausse des prix de l’énergie, l’entreprise se retrouvait de nouveau fragilisée. Sous son statut de Scop, Duralex avait pour ambition de refaire naître la marque en jouant sur le chauvinisme, et en rendant le verre plus tendance, avec des collections spéciales.
Si 60 % des salariés avaient investi dans la coopérative, la figure de la reprise de Duralex avait été François Marciano. Mais en avril dernier, le directeur général avait été mis à pied, tout comme son fils Antoine, occupant le rôle de directeur financier. Ceux pour qui « les compétences n’avaient pas été démontrées » voyaient gros, très gros : un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros en 2026 ou 2027, puis 39 millions d’euros en 2030.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.