Je ne suis pas un grand consommateur de télévision, et de fait encore moins un spécialiste des technologies liées au petit écran.
Du coup, pas encore de téléviseur dernier cri chez moi, juste un bon vieux Toshiba à tube cathodique 55 cm modèle 1996 (avec deux péritel quand même ;-)) relié à une Freebox HD/TNT, ensemble quelque peu anachronique qui fournit cependant une excellente image.

TV LCD 16/9

Bien sûr, je ne tarderai probablement plus trop à faire comme tout le monde et à nous équiper d’un écran plat LCD - ne serait-ce que pour des raisons d’esthétique et d’encombrement - mais justement, à force de voir ce type de matériel autour de moi, je constate quelques incohérences qui, à défaut de m’agacer prodigieusement, me font au moins hésiter :

  • la plupart du temps les gens règlent par défaut leur écran en mode 16/9 alors que peu de programmes sont réalisés et donc adaptés à cette résolution. Résultat : une image aplatie, crade, déformée, pixellisée et crénelée, qui fait ressembler Flavie Flament à Mimie Mathy, et un terrain de basket à un aéroport…
    Que faire ? Ben tout simplement régler son poste en 4/3 et oublier cette daube de 16/9 qu’on nous survend depuis 15 ans. "Oui mais alors pourquoi j’ai acheté un 16/9 alors, hein ?" demande, angoissé, le consommateur. Pour préparer le futur, cher ami. Sauf que quand TOUS les programmes seront en 16/9 son téléviseur sera périmé (ou HS) depuis longtemps. "Oui mais le vendeur me dit que si je le règle en 4/3, les bandes noires sur les côtés vont s’incruster et abîmer mon écran". Peut-être, je ne sais pas. Mais ce que je sais c’est qu’on paye une soi-disant évolution technologique alors que dans les faits celle-ci se traduit par une régression : tu as le choix entre une image moche ou niquer ton écran.

  • la qualité de l’image numérique sur les écrans LCD : magnifique de loin au show-room de la Fnac, moins bien de près dans votre salon, avec les couleurs saturées, la rémanence (traînée) des images dans les scènes d’action, et la compression qui rappelle parfois un .gif carbonisé à grands coups de Photoshop. Un écran plat LCD c’est bien mais à mon avis mieux vaut éviter l’entrée de gamme et être prêt à investir un peu…
  • la TNT : sauf erreur il n’est pas possible de regarder un programme et d’en enregistrer un en numérique en même temps, en tout cas pas avec la Friboîte ni avec les décodeurs standards vendus actuellement : il faut s’équiper d’un décodeur double-tuner (bien plus cher) qui au passage va occuper deux prises péritel sur votre télé. Bien sûr vous pouvez toujours regarder un programme en hertzien pendant que vous en enregistrez un autre sur la TNT, mais comment allons-nous faire quand le hertzien aura complètement disparu ? Le problème se pose aussi apparemment pour le câble, et là pas d’alternative : certains foyers n’accèdent à la télé que par le câble…
  • La TVHD, le Blu-ray, tout ça. Super, et vas-y que je te vends du HD, c’est bon pour ton poil Coco, HD par-ci, HD par-là, l’argument de vente par excellence. Sauf que, déjà je ne vois pas trop l’intérêt de se faire une soirée avec Arlette Chabot en HD, mais surtout, vous en connaissez beaucoup des programmes en HD vous ? Ben non, forcément. Les seuls programmes en HD sont… payants, sur le câble, le satellite ou la Freebox…
    Pas de régression ici mais un truc marketing largement surévalué, en tout cas pour le moment.

Je l’ai dit au début de ce billet (d’humeur comme on dit dans la presse), je n’y connais pas grand chose dans ce domaine, mais pas besoin d’être grand clerc pour constater à quel point certaines technologies constituent une sorte de régression : je n’avais jamais aussi souvent vu des images TV de qualité aussi médiocre que depuis l’avènement du 16/9…

Le syndrôme mp3 (dans le sens d’une techno qui dégrade la qualité originelle d’une oeuvre tout en s’imposant comme le format incontournable) ?