La rumeur sur la sortie en 2012 d’un iPad de 7.85 pouces ressurgit suite à l’information diffusée par un fournisseur d’écrans. Notre point de vue sur la question.

Des rumeurs à la con sur Apple, il en sort presque chaque jour, et si vous lisez régulièrement ce blog vous savez que nous évitons soigneusement de les relayer. Parmi celles qui reviennent fréquemment sur le devant de la scène, il y a celle de l’iPhone « low-cost » ou « mini », à laquelle je n’ai jamais cru une seule seconde, et celle d’un iPad avec un écran de 7 pouces.

Si cette dernière avait été formellement démentie en son temps par une déclaration de Steve Jobs en personne, la roue a tourné, et l’idée ressort de nouveau avec cette fois un peu plus de crédibilité. C’est la raison pour laquelle exceptionnellement je me risque à vous en parler, car de nouveaux éléments ont émergé récemment. Voyons lesquels.

ipad7 (le retour de la rumeur) Un iPad mini en 2012 ?

 

La fuite

Rapportée par Digitimes, elle provient d’une source qui paraitrait assez fiable, puisqu’il s’agit d’un fournisseur d’Apple, qui affirme avoir reçu commande d’Apple pour des écrans de 7,85 pouces.

However, in order to cope with increasing market competition including the 7-inch Kindle Fire from Amazon and the launch of large-size smartphones from handset vendors, Apple has been persuaded into the development of 7.85-inch iPads, the sources indicated.

In addition to purchasing 7.85-inch panels from LG Display, Apple will also buy panels from AU Optronics (AUO), indicated the sources, adding that makers in the supply chain are likely to begin production of the 7.85-inch models at the end of the second quarter of 2012.

Bien sûr nous ne possédons aucune preuve indiquant que ces allégations sont fondées, mais elles semblent sérieuses et argumentées, au point que des sites comme GigaOM, réputés ne pas être spécialement des fantaisistes, les reprennent comme crédibles.

Le marché

Si il y a de cela seulement un an l’idée d’un iPad de 7 pouces pouvait paraitre hors sujet dans le contexte de début 2011, alors que tous les grands constructeurs s’apprêtaient à dégainer leurs tablettes de 10 pouces avec le succès que l’on sait (Motorola, Samsung, HP, LG entre autres), la donne a beaucoup changé depuis, et une année vaut un siècle en temps numérique. D’abord, Steve Jobs est mort, et même si son héritage pèsera encore longtemps dans l’ADN d’Apple, ses prises de position ne seront pas éternelles. L’iPad se vend comme des petits pains, d’accord, la concurrence se prend râteau sur râteau à essayer de suivre, mais entretemps, un outsider un peu plus malin que les autres a pointé le bout de son nez, et il s’appelle Amazon. Sa tablette Kindle Fire de 7 pouces fait un malheur outre-Atlantique, et on peut imaginer que ce succès ne laisse pas Apple indifférent.

D’autre part une frange importante des adeptes de l’iPad sont toutefois d’accord pour reconnaître que ce n’est pas un appareil mobile. La majorité écrasante de l’usage que l’on en fait se limite au surf sur canapé, avec quelques exceptions nomades (avion, train, professionnel en conférence ou présentation…). Bref une tablette de 10 pouces n’est pas vraiment le compagnon de voyage idéal, du genre que l’on sort entre deux stations de métro ou à la plage. D’où quelques frustrations, et surtout la porte ouverte à des formats intermédiaires, comme par exemple le formidable Samsung Galaxy Note (5,3 pouces). Et puis d’autres « tablettes » intéressantes commencent à arriver, et notamment les eBooks à écran couleur comme le Kyobo, plus légers, moins chers et propices à une lecture prolongée. Bien sûr ce ne sont pas les mêmes machines ni la même technologie mais il faut les prendre en compte : la concurrence n’est pas toujours frontale et directe, et arrive souvent là où on ne l’attend pas…

L’iPad, le meilleur concurrent de… l’iPad

Le sujet est délicat et on peut aisément imaginer que la décision de lancer un nouveau format d’iPad a dû valoir quelques nuits blanches du côté de Cupertino : ne risque-t-il pas de cannibaliser le modèle originel, voire de dévaloriser son image premium ? D’un autre côté, n’est-il pas périlleux de laisser le champ libre à la concurrence sur un créneau où pourrait bien se jouer l’avenir des tablettes ? Si chez Apple on connait bien ses clients, on en a peut-être déduit ce que je « sens » parfois aussi autour de moi : le possesseur d’iPad 10 pouces ne sera certainement pas très difficile à convaincre de passer au 7 pouces. Soit en complément, soit en remplacement de l’autre. Pour ma part je crois que je ne réfléchirais pas très longtemps : adepte de longue date du 7 pouces (voir mon coup de cœur pour le BlackBerry PlayBook) je remplacerais probablement sans trop hésiter mon iPad 2 actuel par un 7 pouces. J’imagine déjà d’ici le plaisir de feuilleter d’une main un Flipboard sans attraper des crampes après dix minutes de lecture…

Le prix

Je place cet argument en dernière position pour deux raisons : d’une part parce-qu’il semblerait, au vu du succès de l’iPad, que le prix élevé de l’engin ne soit pas vraiment un frein à l’achat, d’autant que les concurrent font l’erreur funeste de proposer leurs tablettes aux mêmes tarifs. Un peu comme si Nissan proposait son modèle sport au même tarif que celui d’une Porsche. Pour le même prix, devinez ce que le client choisit ? D’autre part parce-que, connaissant un peu la politique d’Apple, je ne suis pas certain qu’un iPad de 7 pouces serait vendu à un prix inférieur. Si c’est la même machine et qu’il y a une demande, donc un attrait, donc un désir (les principaux moteurs du succès d’Apple), pourquoi vendre moins cher ? Cela étant, un iPad 7 pouces à 349 euros attirerait probablement une nouvelle catégorie de clients, ceux qui hésitent encore à passer à la tablette pour deux raisons : le prix et… la taille.

Tout cela bien sûr n’est qu’extrapolations fondées seulement sur une information qui n’est encore qu’une rumeur non vérifiée, mais cette fois je me sens comme Mulder en face de l’insondable profondeur du cosmos : I want to believe.

 (le retour de la rumeur) Un iPad mini en 2012 ?
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.