Depuis que je gère ma petite entreprise, j’éprouve fréquemment une impression assez désagréable, diffuse et cependant difficile à démontrer : celle de me faire matraquer par des tarifs surévalués, au simple prétexte que ce sont des « tarifs société ». J’en ai encore subi la démonstration hier, quand je suis allé à la Poste retourner le formulaire

courrier Salauds de patrons !

Depuis que je gère ma petite entreprise, j’éprouve fréquemment une impression assez désagréable, diffuse et cependant difficile à démontrer : celle de me faire matraquer par des tarifs surévalués, au simple prétexte que ce sont des « tarifs société ».

J’en ai encore subi la démonstration hier, quand je suis allé à la Poste retourner le formulaire de changement d’adresse de ma boîte pour le suivi du courrier. Cette prestation est facturée 88 euros pour simplement faire suivre votre courrier pendant une période de 1 an. M’étonnant un peu de ce tarif, je me renseigne sur le prix de cette prestation pour un particulier : 32 euros. Pour un service absolument identique. Je demande alors au préposé une explication à cette différence de traitement, et la réponse, classique, fuse immédiatement : vous êtes une entreprise, m’sieur !

Ah bon. Donc, pour un service absolument équivalent, géré par les mêmes équipes (le gars me l’a confirmé, aucune différence), je paie presque le triple simplement « parce-que je suis une entreprise », sans aucune autre forme de justification.

Cette situation est malheureusement assez courante, notamment dans les services publics, et je suis certain que d’autres entrepreneurs pourraient citer de nombreux exemples similaires.

Pour être tout à fait objectif, il existe aussi des situations inverses, dans lesquelles les entreprises bénéficient d’un traitement de faveur. C’est plus fréquent avec les services émanant de prestataires privés, mais ce n’est pas toujours le cas : si les notions de quantités n’interviennent pas (pour l’achat d’une voiture par exemple) un particulier qui négocie un peu obtiendra en général les mêmes tarifs qu’une entreprise.

Au-delà de l’inégalité de traitement (assez incongrue au pays ou tout doit être absolument égal, de gré ou de force), au-delà des sommes, parfois anecdotiques, j’ai le vague sentiment que cette attitude qui consiste à matraquer les entreprises sans distinction, de la plus petite à la plus grande (le tarif de 88 euros est le même pour toutes) relève de réflexes culturels assez irrationnels, hérités des vestiges d’une vieille France dans laquelle l’entrepreneur est forcément riche.

Et un peu suspect, aussi, d’être entrepreneur.

 Salauds de patrons !
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.