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En 30 ans, la France n’a jamais vendu autant de pommes de terre, grâce à un nouveau client

Derrière ce tubercule au charme rustique se cache un marché sérieux, secoué par les cours mondiaux et nos nouvelles habitudes alimentaires. Et en 2025, la pomme de terre a la patate en France. Explications.

Longtemps cantonnée au rang d’aliment du quotidien, la pomme de terre s’impose aujourd’hui comme un enjeu on ne peut plus stratégique du secteur agricole. Entre hausse de la demande mondiale, adaptation climatique et fluctuations des prix, ce tubercule nourrit autant les assiettes que les débats économiques. En 2025, ce sont pas moins de 8,3 millions de tonnes de pommes de terre qui vont être récoltées en France.

Votre colin, avec ou sans patates ?

Il faut dire qu’en l’espace d’une vingtaine d’années, les superficies dédiées à la culture de pommes de terre destinées à la consommation ont connu une progression de 64% en France. Elles sont ainsi passées d’un peu plus de 119 000 hectares en 2010 à près de 200 000 hectares en 2025. La “faute” à la demande bien sûr, mais aussi à des baisses de rentabilité sur d’autres secteurs.

Conséquence directe de cette extension, la production annuelle devrait afficher une hausse de 12,7% par rapport à l’an dernier, une performance d’autant plus remarquable que la pomme de terre “made in France” avait déjà signé, à cette époque, son plus haut niveau depuis trois décennies.

Si la production française affiche un tel dynamisme, c’est avant tout grâce à la forte demande mondiale en pommes de terre transformées. On pense notamment aux précieuses frites surgelées, un marché porté à la fois par la bonne santé de la restauration rapide à l’américaine et par l’élargissement de l’offre destinée à la consommation à domicile, sans oublier nos précieuses chips.

Parmi les plus gros consommateurs de pommes de terre françaises, on retrouve nos voisins belges, dont la production locale ne suffit pas à satisfaire la demande. Ainsi, la moitié des exportations françaises de pommes de terre est destinée directement au plat pays. En 2015, on exportait un peu plus de 200 000 tonnes de pommes de terre vers la Belgique, contre près de 800 000 tonnes l’an dernier.

Selon l’Union Nationale des Producteurs de Pomme de Terre (UNPT) : “Il ne faut pas que les surfaces, et donc potentiellement l’offre de pommes de terre, n’augmentent plus vite que la demande, sauf à prendre le risque de déséquilibrer le marché à court ou moyen terme“.

La chute des prix qui en découlerait pourrait fragiliser les marges des producteurs et mettre en péril la rentabilité des exploitations. À long terme, ce déséquilibre menacerait l’investissement, l’emploi agricole et la pérennité d’une filière pourtant stratégique pour l’économie alimentaire.

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