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Après 65 ans, combien d’années pourrez-vous vraiment vivre sans handicap ?

Nous vivons de plus en plus vieux ; une victoire de la médecine moderne et du progrès social. Reste-t-on pour autant autonomes ?

Personne ne rêve de finir ses jours dépendant, captif de son propre corps ou de l’aide d’autrui pour se lever, se laver ou se nourrir. Une préoccupation importante pour de nombreux seniors en France, d’autant plus que la qualité de vie des dernières années est sujet à questionnement. À 65 ans, combien d’années vous restent-il réellement à vivre dans de bonnes conditions, sans incapacité sévère ?

Un sujet assez délicat, sur lequel s’est penché la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) dans ce rapport, publié en 2023. Long de cinq pages, celui-ci examine de près un indicateur de plus en plus surveillé : l’espérance de vie sans incapacité, autrement dit le nombre d’années d’autonomie qu’un Français peut encore espérer après avoir atteint l’âge de la retraite.

L’espérance de vie ne dit pas tout

En moyenne, à 65 ans, un homme peut espérer vivre encore 10,2 années sans incapacité, et une femme 11,8 années. En 2022, cela représentait pour les hommes 53 % de leurs années restantes à vivre à 65 ans, et pour les femmes 51 %, sans être paralysé dans les gestes essentiels du quotidien : marcher, s’habiller, se laver ou se nourrir de manière autonome.

Voilà pourquoi l’indicateur étudié ; l’espérance de vie sans incapacité ; est un complément important à celui de l’espérance de vie seule (« 85,3 ans pour les femmes et […] 79,4 ans pour les hommes », selon les données de l’INSEE). Selon la DREES, il est « plus subjectif » et « permet également de repérer les personnes handicapées et de calculer un indicateur d’espérance de vie sans incapacité forte », qui est, lui, à priori « moins subjectif ».

La France reste globalement mieux lotie que la moyenne européenne : « 10ᵉ rang pour l’espérance de vie à la naissance et au 5ᵉ rang pour l’espérance de vie sans incapacité » concernant les hommes, nous dit le rapport. Pour les femmes, la France occupe respectivement le deuxième et le sixième rang.

Mais ce petit avantage pourrait être fragile : après un léger rebond observé en 2021, les indicateurs ont de nouveau reculé en 2022, retrouvant à peu près leur niveau de 2020. La crise sanitaire a laissé de vilaines traces : elle a fragilisé les plus âgés, interrompu des suivis médicaux, et ralenti la prévention des maladies chroniques.

Autre aspect intéressant que pointe ce rapport : entre 2008 et 2022, la part des années sans incapacité dans l’espérance de vie à 65 ans a augmenté de 0,4 point de pourcentage par an en moyenne pour les hommes et de 0,5 point pour les femmes. Les femmes conservent encore un avantage en termes d’années sans incapacité, mais ces gains en autonomie sont observés pour les deux sexes.

Au fond, ce rapport nous renvoie à un questionnement profondément existentiel : à quoi bon vivre plus longtemps, si c’est pour passer les dernières années de sa vie enchaîné à divers troubles, en perdant son indépendance ? Se satisfaire d’une espérance de vie élevée est illusoire, si l’on ne peut garantir, en parallèle, la capacité de rester acteur de sa propre existence. On ne peut considérer la longévité comme une victoire qu’à partir du moment où celle-ci est vécue en autonomie ; ces deux notions vont de pair et ne doivent pas être dissociées.

  • À 65 ans en France, la moitié des années restantes sont vécues sans limitations majeures dans les activités quotidiennes.
  • Bien que mieux positionnée que la moyenne européenne, cette autonomie en fin de vie est fragile, avec des indicateurs qui stagnent ou reculent après la pandémie.
  • La question centrale est moins la durée de vie que la capacité à rester indépendant et actif durant ces années supplémentaires.

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Par : Gouvernement français
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