À seulement 32 ans, Lucie Basch est à la tête d’un petit empire avec Too Good To Go, l’application qui lutte contre le gaspillage alimentaire dont elle est la cofondatrice. Voici 8 choses à savoir sur cette femme d’affaires engagée, nommée « Femme entrepreneure de l’année » .
Lucie Basch a grandi dans une famille d’entrepreneurs
Née à Paris en 1992, Lucie Basch avait peut-être son destin tout tracé. Car chez elle, l’entreprenariat est une affaire de famille. « Personne n’a jamais été salarié dans ma famille », confie-t-elle dans une interview accordée à BFM Business. Tandis que ses parents évoluent dans l’entreprenariat et la profession libérale, ses grands-parents ont, eux aussi, monté leur entreprise. « Nous avons vraiment un besoin de liberté et de respect de nos convictions dans ce que nous faisons », poursuit-elle.
Il semblerait d’ailleurs que la femme d’affaires ait toujours eu un esprit de leader. « J’ai été déléguée de classe, capitaine de l’équipe de volley, c’était moi qui organisais les anniversaires surprises de mes copines, qui planifiais les activités des vacances de ma famille… », détaille-t-elle dans Les Échos.
Elle a fait ses débuts chez un géant de l’agroalimentaire
Son diplôme d’ingénieur en poche, Lucie Basch est embauchée chez Nestlé au Royaume-Uni. Elle évolue dans les usines de production et très vite, la jeune travailleuse ne se sent pas vraiment à sa place. « Je me rends alors compte que la manière dont nous produisons de l’alimentation est absurde », raconte-t-elle à BFMTV. Les chiffres sont affolants : 40 % de ce qui est produit finit à la poubelle.
Ne souhaitant pas cautionner ce système, Lucie Basch prend la décision de démissionner. Objectif : créer une solution pour lutter contre le fléau du gaspillage alimentaire. Elle en est persuadée, l’entreprise est un excellent moyen de changer les choses, et de redonner du sens à son quotidien.
Elle a vécu en Norvège
C’est à ce moment qu’elle décide de prendre le large et de partir vivre un an en Norvège. Pendant ce temps, elle réfléchit à une manière de monter son projet. Elle recherche alors des développeurs pour l’accompagner dans la conception d’une application pour combattre le gaspillage alimentaire.
Problème, elle se rend vite compte que des entrepreneurs travaillent déjà sur une solution similaire. Plutôt que de se morfondre, elle rejoint l’équipe scandinave. Too Good To Go voit le jour en 2015, puis est officiellement lancé au Danemark en 2016. Les différentes origines de ses cofondateurs jouent en leur faveur, en offrant directement une dimension internationale à la start-up.
Elle a lancé le concept de Too Good To Go en France
La même année, l’entrepreneuse revient en France et y lance l’application gratuite et ouverte à tous. Le concept est simple : les utilisateurs peuvent acheter à prix réduit des invendus alimentaires provenant de commerces locaux, qu’il s’agisse de restaurants, de boulangeries, ou de supermarchés. C’est du gagnant gagnant. D’un côté, les commerçants écoulent leurs invendus et de l’autre, les utilisateurs bénéficient d’un repas pas cher.
Les débuts sont tout de même compliqués pour Lucie Basch, qui doit notamment convaincre les commerçants de collaborer avec son entreprise. Mais la tendance s’inverse très rapidement. « Ça s’est développé plus vite que j’aurais pu l’imaginer », admet-elle.
Too Good To Go atteint des sommets
La société passe de 0 à 1 200 employés en six ans seulement. Elle compte maintenant plus de 85 millions d’utilisateurs, collabore avec 250 000 commerçants et opère dans pas moins de 19 pays, dont les États-Unis et le Canada. Too Good To Go permet de sauver 300 000 repas par jour, soit 4 par seconde.
La start-up a été confrontée à d’importantes difficultés pendant la pandémie, lorsque son chiffre d’affaires a dégringolé de 70 %. Elle en est ressortie plus forte et s’impose aujourd’hui comme le leader de la lutte anti-gaspi, preuve de sa grande résilience. Elle continue aujourd’hui de grandir, notamment au travers d’acquisitions.
Une telle croissance peut aussi avoir des impacts négatifs. En 2021, le compte Instagram Balance Ta Startup partage le témoignage d’employés actuels et anciens de Too Good To Go. Ils dénoncent des dérives et des pressions constantes. Lucie Basch reconnaît des erreurs commises dans des conditions particulières, l’entreprise ayant connu une très longue période d’hyper-croissance.
Elle a publié un livre
Too Good To Go n’est pas le seul projet de Lucie Basch pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Ce combat est aujourd’hui au cœur de ses ambitions. Le guide de l’anti-gaspi, qu’elle co-écrit avec Rose Boursier-Wyler, sort en 2019. Préfacé par le chef Thierry Marx, le livre regroupe de nombreuses astuces pour aider les lecteurs à gaspiller moins au quotidien.
Elle participe à des initiatives pour promouvoir la lutte contre le gaspillage
En 2020, Too Good To Go lance Le Pacte sur les Dates de Consommation, qui vise à clarifier la signification des dates de consommation, les harmoniser et de ce fait, réduire le gaspillage alimentaire. Il regroupe 60 signataires, dont des industriels, distributeurs, fédérations professionnelles, associations de consommateurs et de protection de l’environnement.
Deux ans plus tard, la start-up initie Mon École Anti Gaspi afin de sensibiliser les élèves à cette cause. Des kits sont mis à disposition des enseignants et des animateurs périscolaires. Ils contiennent un ensemble de ressources, incluant des vidéos de sensibilisation, des affiches ludiques, ainsi que des jeux de société. Initialement lancé pour les classes de CM1 et de CM2, le programme a été étendu en 2023 à toutes les classes de primaire.
Elle s’est lancée dans le monde de l’investissement
Depuis peu, Lucie Basch accompagne le fonds d’investissement Blisce Climate en tant que Venture Partner. Son rôle : « dénicher et soutenir les climate tech de demain ». Elle est également la présidente de Climate House, « une maison de 2000 m2 en plein cœur de Paris pour accélérer la transition de l’économie en réalignant les enjeux écologiques et sociaux » décrit une publication sur LinkedIn. Celle-ci ouvrira d’ici à la fin de l’année, et accueillera tous types de profils, allant de chercheurs, étudiants en passant par des entrepreneurs.
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“Les chiffres sont affolants : 40 % de ce qui est produit finit à la poubelle.”
Je savais qu’il y avait du gâchis mais je n’aurais jamais qu’il fut à hauteur de 40% !
Bravo à Lucie Basch. Son projet, devenu une entreprise florissante surfant sur le concept du gagnant gagnant est une réalisation admirable.