C’est un record du monde qui repousse les frontières de notre compréhension des phénomènes météorologiques extrêmes. L’événement a eu lieu en 2017, lors d’une tempête dans les Grandes Plaines américaines, mais il n’a été officiellement documenté par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) que le 31 juillet 2025. La raison ? À l’époque, les moyens d’observation n’étaient pas suffisamment perfectionnés pour détecter une telle prouesse naturelle. C’est aujourd’hui chose faite grâce à l’exploitation de données issues du satellite météo en orbite géostationnaire GOES-16, utilisé par l’agence américaine NOAA.
Le chiffre a de quoi impressionner : 829 kilomètres parcourus d’un seul trait par un éclair, de l’est du Texas jusqu’aux abords de Kansas City. Pour rendre la mesure plus parlante, c’est la même distance que celle séparant Paris de Venise en ligne droite. Selon l’OMM, la marge d’erreur ne dépasse pas 8 kilomètres – une précision rendue possible par la multiplication des antennes-relais et l’analyse coordonnée de milliards de données en temps réel. On parle, dans le jargon scientifique, de “méga-éclair”, un phénomène rare dont l’extension dépasse les 100 kilomètres, bien au-delà de tout ce que l’on considérait auparavant comme possible.
L’événement en question n’est pas un cas isolé mais il dépasse très largement l’ancien détenteur du record, un éclair de 768 kilomètres repéré en avril 2020 lors d’un autre orage aux États-Unis. Cette nouvelle trajectoire record a été reconstituée à partir des signaux radioélectriques analysés par un réseau d’antennes au sol, croisés avec les images très haute fréquence issues du satellite. L’orage lui-même a duré plus de 14 heures, un laps de temps suffisant pour favoriser la formation de méga-éclairs géants.
Éclair de génie
Jusqu’à récemment, la foudre était mesurée à partir de réseaux terrestres capables de localiser la source de l’impact en détectant la différence d’arrivée du signal radio sur plusieurs antennes dispersées à la surface du globe. Mais cette méthode avait ses limites : elle ne prenait en compte que l’impact au sol ou n’était sensible qu’aux éclairs isolés.
Aujourd’hui, de nouveaux instruments embarqués sur les satellites météorologiques permettent de suivre, à la milliseconde près, la naissance, le parcours et la mort d’un éclair, même s’il ne touche jamais terre. Michael Peterson, premier auteur de l’étude, insiste sur le bond en avant permis par ces technologies :
Nous sommes désormais capables de cartographier les points chauds mondiaux des méga-éclairs et de mieux comprendre leur fréquence comme leur ampleur.
Les scientifiques envisagent déjà d’autres découvertes à mesure que la masse de données collectées continue de croître. À l’avenir, il sera possible non seulement de détecter ces éclairs géants plus rapidement, mais aussi de mieux comprendre leur rôle dans l’équilibre électrique de la planète, leur impact sur les communications ou sur la sécurité aérienne.
- Un éclair exceptionnel de 829 km survenu au Texas en 2017 vient d’être reconnu comme le plus long jamais observé
- Ce “méga-éclair” n’a pu être détecté qu’avec les nouveaux systèmes de détection satellitaire
- Sa découverte relance les recherches sur la foudre et son impact terrestre
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