Perplexity AI, le moteur de recherche entièrement alimenté à l’intelligence artificielle, est en passe de lever 500 millions de dollars supplémentaires. La startup ne cache pas ses ambitions et entend bousculer le monopole de Google dans son secteur de prédilection.
Fondée par un ancien de chez OpenAI et DeepMind
Perplexity AI a été cofondée en 2022 par Aravind Srinivas, un ingénieur indien spécialisé dans l’apprentissage profond, l’apprentissage par renforcement et les modèles génératifs. À seulement 30 ans, il revendique déjà une très solide expérience, en étant notamment passé chez OpenAI et DeepMind. Srinivas est aujourd’hui le PDG de Perplexity AI.
Alimentée par l’IA générative, la plateforme agit comme un moteur de recherche et un assistant en même temps. Elle consulte la toile en temps réel pour recueillir des informations, puis les résume dans des réponses claires et concises. Elle fournit des citations et des liens vers les sources originales, ainsi qu’une interface conversationnelle pour les questions de suivi et l’exploration approfondie de certains sujets.
Une valorisation triplée en quelques mois seulement
La startup s’apprête à lever 500 millions de dollars, ce qui porterait sa valorisation à 9 milliards de dollars, soit trois fois plus que lors de son précédent tour de table réalisé au mois de juin. Cette levée de fonds, quatrième de l’année pour Perplexity, est menée par la firme de capital-risque Venture Partners, qui détient également un siège à son conseil d’administration.
L’opération traduit le vif engouement des investisseurs pour l’IA générative, et fait de Perplexity AI l’une des jeunes pousses les plus prometteuses du secteur.
Jeff Bezos a misé sur Perplexity AI
Le modèle proposé par l’entreprise attire non seulement les capital-risqueurs, mais aussi les acteurs bien établis de l’industrie technologique. C’est notamment le cas de Jeff Bezos, qui a investi dans Perplexity AI en janvier 2024.
D’autres grands noms l’ont soutenue, à l’instar du géant des puces NVIDIA, du spécialiste du cloud Databricks et de Yann Le Cun, éminent chercheur dans le domaine de l’IA désormais directeur scientifique chez Meta.
La plateforme se base sur plusieurs modèles de langage
Perplexity a développé ses propres grands modèles de langage (LLM) pour alimenter son moteur de recherche : Sonar Large et Sonar Huge. Ils sont basés sur Llama 3, le modèle open source de Meta, puis affinés par la startup en utilisant ses propres données d’entraînement.
En outre, la plateforme s’appuie sur certains des LLM les plus populaires actuellement, à savoir GPT-4, Claude 3.5, Mistral Large, Llama 3 et Grok-2.
Une version payante
Si Perplexity AI est accessible gratuitement, un abonnement payant à 20 dollars mensuels est aussi proposé. Il garantit 500 recherches pro quotidiennes, une fonctionnalité qui offre des options avancées comme un raisonnement en plusieurs étapes pour répondre à des requêtes complexes, l’analyse des résultats de recherche et le lancement de recherches complémentaires sur la base des conclusions précédentes.
L’abonnement offre en outre un accès aux LLM les plus puissants du marché, ainsi qu’un accès facilité au support technique. Perplexity commercialise également son API auprès des entreprises.
Des fonctionnalités innovantes
La plateforme propose un onglet Discover spécifiquement adapté à l’utilisateur, et lui permet également de créer son propre espace dédié à une thématique. Celui-ci peut être partagé, ce qui peut s’avérer particulièrement utile pour les groupes de recherche par exemple. Il est aussi possible d’indiquer des sources spécifiques que l’IA doit consulter pour sa recherche. En outre, Perplexity AI est en mesure d’analyser des images, des PDF et des textes.
Polémiques avec plusieurs médias
À l’instar d’autres startups d’intelligence artificielle, Perplexity AI a suscité la colère de plusieurs grands médias américains. À commencer par Forbes qui lui a reproché, en juin dernier, de partager des extraits de ses articles sans les citer. Le New York Times est également monté au créneau, en envoyant une lettre à la startup pour l’exhorter à ne plus utiliser son contenu dans ses résultats de recherche.
Plus récemment, c’est Dow Jones, la maison mère du Wall Street Journal, et le New York Post qui sont passés à l’action. Ils ont déposé une plainte contre la plateforme pour l’utilisation de leurs articles, dénonçant un abus de propriété intellectuelle qui nuit aux journalistes. Pour sa part, l’entreprise a fait savoir qu’elle envisageait de passer des accords commerciaux « mutuellement bénéfiques » avec les médias.
Suivi en direct des élections présidentielles
Ce 5 novembre 2024, Perplexity AI a déployé un pôle spécialement dédié aux élections américaines, permettant de suivre en direct le déroulement du scrutin. Si cela n’est pas surprenant pour un moteur de recherche, Google ayant lancé la même fonctionnalité, il ne faut pas oublier que la plateforme est entièrement alimentée par l’IA.
Or, les intelligences artificielles génératives ont parfois tendance à halluciner, et donc à prétendre que de fausses informations sont avérées. Perplexity est la seule plateforme d’IA à avoir proposé un tel outil, témoignant de son ambition pour venir concurrencer les moteurs de recherche bien établis.
Perplexity évolue dans un secteur en plein renouveau, hautement concurrentiel
Et ce ne sera pas une mince affaire. Car en plus de devoir se frotter à un mastodonte comme Google, Perplexity AI doit aussi rivaliser avec les autres nouveaux venus à l’instar de SearchGPT, la toute nouvelle plateforme signée OpenAI. Les acteurs historiques, eux, incorporent aussi l’intelligence artificielle à leurs solutions, rendant le marché d’autant plus concurrentiel.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.