Le 22 mars, un vol régional d’Air Canada a percuté un camion de pompiers sur la piste de l’aéroport LaGuardia, à New York. Ce dernier, qui traversait la piste pour répondre à une autre alerte, n’a pas pu être arrêté à temps malgré les appels désespérés du contrôleur aérien.
Un choc brutal, le nez de l’appareil s’étant complètement écrasé, causant la mort des deux pilotes, Antoine Forest et Mackenzie Gunther, sur le coup. Une quarantaine de passagers ont pour leur part été hospitalisés, certains dans un état très grave.
Michael Rousseau, le PDG d’Air Canada depuis 2021, a logiquement pris la parole dans une vidéo pour présenter ses condoléances aux proches des victimes. Mais il a commis une très grave erreur : il s’est uniquement exprimé en anglais.
Air Canada President and CEO Michael Rousseau provides a video statement on the tragic accident involving Air Canada Express AC8646: pic.twitter.com/ZwFibpOkj2
— Air Canada (@AirCanada) March 23, 2026
Une langue, une identité
Car au Canada, le français et l’anglais sont les deux langues officielles du pays. Et au Québec, province francophone où Air Canada a son siège, à Montréal, la question linguistique est profonde, identitaire et historique.
Depuis les années 1970, le Québec défend farouchement sa langue face à la domination de l’anglais. La loi 96, adoptée récemment, impose d’ailleurs aux entreprises de plus de 25 salariés de certifier le français comme langue de travail principale. Air Canada, elle, est légalement tenue de servir ses clients dans les deux langues en vertu de la Loi sur les langues officielles.
Parler uniquement anglais après la mort d’un pilote francophone est donc considéré comme une faute grave. Le Premier ministre, Mark Carney, n’a pas mâché ses mots, jugeant que Rousseau avait fait preuve d’un manque de « discernement » et de « compassion ». Les excuses du PDG, qui s’est dit « profondément attristé » par la situation, n’ont pas suffi à inverser la tendance. Il vient d’annoncer son départ à la retraite, qui surviendra d’ici à la fin du troisième trimestre 2026.
Ce n’était pas la première fois que le dirigeant suscitait une telle polémique. En 2021, déjà, l’ancien Premier ministre, Justin Trudeau, l’a publiquement critiqué pour avoir prononcé un discours quasi entièrement en anglais… à Montréal. Rousseau avait alors promis de progresser en français, en suivant 300 heures de cours. Elles n’ont visiblement pas eu l’effet escompté.
- Le PDG d’Air Canada a présenté ses condoléances uniquement en anglais après un crash mortel.
- L’une des victimes étant francophone, cet agissement est considéré comme une grave erreur.
- Il a annoncé quitter son poste dans la foulée, son successeur devra absolument être bilingue.
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