Passer au contenu

Amazon ne sait plus quoi faire face au tsunami de livres générés par l’IA

Amazon vient de modifier les règles de la Kindle Direct Publishing, sa plateforme de publications de livres – pour mieux limiter le nombre de livres écrits par l’IA. Le problème, c’est qu’il est très difficile (pour ne pas dire impossible) de détecter ce type de texte, au delà de leur qualité assez moyenne….

Depuis le lancement du modèle GPT-4 par OpenAI et de ChatGPT, jamais autant de personnes ne s’étaient improvisées auteur partout dans le monde. En conséquence, des plateformes comme Amazon font face à un véritable tsunami de livres écrits par l’IA.

Or, s’il est possible de détecter les comportements suspects (auteurs qui publient beaucoup trop d’ouvrages dans un laps de temps réduits) la question de la détection de ce type d’écrits pose réellement question. Si l’on vous en parle ce mercredi 13 décembre, c’est parce que Amazon a décidé de changer un peu les règles de sa plateforme de publication Kindle Direct Publishing.

Amazon tente de durcir (un peu) les règles (mais du bout des doigts)

Désormais, les auteurs sont tenus de dire si leurs écrits sont le fruit d’une intelligence artificielle. Et il n’est plus possible que de publier trois livres par jour par auteur. Ce qui semble déjà un chiffre hallucinant : écrire un livre quel que soit sa taille prend au mieux quelques mois, pour les auteurs de romans les plus rapides – la moyenne est d’ailleurs plutôt d’une année d’écriture, au bas mot.

Ce qui veut dire que les nouvelles règles ont en fait peu de chances d’endiguer le phénomène dans le catalogue Amazon. Or, les détecteurs de textes générés par l’IA bottent, on vous le disait, le plus souvent en touche. Dans certains cas des textes humains sont signalés comme des textes écrits par une IA, alors que dans d’autres, c’est l’inverse.

De l’aveu de OpenAI lui-même, il n’est déjà plus possible de réaliser ce type de détection de manière fiable. Et l’arrivée de modèles encore plus avancés, notamment GPT-5, devrait encore compliquer davantage ce genre de détections. Mary Rasenberger, directrice exécutive de la Guilde des auteurs américaine citée par nos confrères de Le Monde, redoute que le développement de cette pratique ne porte préjudice aux auteurs légitimes.

Pourquoi il ne faut pas se tromper de bataille

De son côté, Renaud Lefebvre, le directeur général du Syndicat national de l’édition lui aussi cité par nos confrères qualifie ces livres de “tromperie” et estime qu’ils ne devraient être ni protégés par le droit d’auteur, ni éligibles au taux de TVA réduit à 5,5%. Reste que ces réactions bien compréhensibles se heurtent à la réalité technique de ce type d’écrits très difficiles à détecter.

Or, le meilleur moyen de contrer les effets délétères de ces livres écrits par ou avec l’aide de l’IA ne serait-il pas, tout simplement, de mettre l’accent sur les notes et autres appréciations permettant d’avoir une idée de la qualité de ces écrits avant d’acheter ? Certes, il y a aussi des fraudes en la matière, notamment aux moyens de faux avis.

Mais les caractéristiques techniques de ces derniers (localisation géographique, IP, ou IP liée à un service VPN, style de l’avis, etc…) semblent offrir une surface d’actions autrement plus efficace, que de tenter d’améliorer des détections d’IA qui sont plus ou moins condamnées à échouer avec l’évolution des modèles…

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Amazon Prime Video
Amazon Prime Video
Par : Amazon Mobile LLC
4.3 / 5
M5.4 avis
1 commentaire
1 commentaire
  1. Déjà que les auteurs humains étaient noyés dans la masse des auteurs humains, mais maintenant ça devient impossible sauf à être déjà connu, les lecteurs cherchant un auteur connu en particulier.
    Et si le phénomène se développe, c’est à cause du fond kdp. Il suffit qu’un lecteur potentiel feuillette quelques feuilles pour donner quelques centimes à “l’auteur”. Donc celui – ci multiplie les faux livres par IA e qui lui permet d’avoir de bons revenus avec ses m des sans queues ni têtes.
    Elle n’est pas belle la vie ?
    Au final, plus personne n’ira publier sur Amazon.
    La mauvaise monnaie chasse la bonne comme dirait quelqu’un toujours d’actualité.

Les commentaires sont fermés.