Six ans après le dernier volet, la saga Anno d’Ubisoft revient sur PC et consoles. Cette fois, direction la Rome Antique. Le joueur est mis dans la peau d’un proconsul chargé de gérer sa colonie.
Ubisoft mise énormément sur cet opus pour remettre la saga sur le devant de la scène, à l’heure où les jeux de gestion reviennent à la mode. L’ambition affichée est claire : faire d’Anno 117 une nouvelle référence qui tiendra pendant des années. Nous y avons longuement joué, voici ce que ça vaut.

Veni Vidi, Ubi
Si Anno 117 a choisi cette numérotation, ce n’est pas un hasard. L’année 117 est en effet considérée comme l’apogée de la Pax Romana ; l’Empire est au sommet de sa puissance économique, militaire et territoriale. Cette même année, l’empereur Trajan meurt, laissant la main à son successeur Hadrien. Mais tout cela, Anno 117 n’en parle pas.

Anno n’est pas une licence historique. C’est une licence qui utilise l’histoire à des fins ludiques, ce qui est bien différent. Ici, nous n’avons qu’un cadre flou afin de nous mettre dans les sandales d’un gouverneur. Ce n’est pas vraiment un souci, puisque la chose est totalement assumée : on est là pour s’amuser avant tout. Pour les joueurs en quête de véracité historique, il vaut mieux se tourner vers la scène indépendante, notamment les très bons Pax Augusta ou encore Pompei The Legacy.
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Le seigneur des Anno
Anno propose deux modes : histoire et libre. Le premier est, disons-le franchement, un peu ronflant et ne sert que de didacticiel déguisé. On aura tôt fait de le laisser de côté. Le vrai jeu se situe dans le mode libre. Le joueur est lâché sur une vaste carte, un océan parsemé d’îles, et doit construire sa cité, établir ses colonies et commercer avec ses rivaux.

Comme tout bon city-builder, le joueur doit planifier ses rues, son économie et attirer le plus de monde possible pour faire de sa bourgade une mégalopole grandiose. La particularité d’Anno se situe dans sa gestion très poussée, avec une arborescence de ressources qui vire rapidement au (passionnant) casse-tête. Par exemple, il faut du porc, du saindoux et de la lavande pour faire du savon. Et pour faire le saindoux, il faut du charbon, et donc du bois, et donc des affranchis. Sans cela, impossible de satisfaire la plèbe, et donc de les faire évoluer en equites, et donc de… Voilà ce qu’est Anno, une prise de tête constante, des centaines de ressources avec lesquelles jongler. Une sorte de tableau Excel avec une interface graphique léchée et un UX aussi clair que soigné. Et c’est pour ça qu’on adore !

Anno 117 est un jeu qui peut aspirer votre âme et vos heures de sommeil. Chaque microdécision entraîne des répercutions sur votre cité et le joueur a toujours un peu truc à régler, à ajuster, un quartier à réaménager, une catastrophe à gérer. Anno 117 peaufine une formule déjà bien établie et le fait bien. Il y apporte quelques améliorations, notamment dans le tracé des routes et dans le commerce, mais nous sommes en terrain connu. Sur ce point, c’est une réussite éclatante.
La route du Rome
Anno 117 est donc un excellent cru pour la série, mais pas sans défauts. Le premier découle indirectement de que nous évoquions dans la première partie : ce n’est pas un jeu historique. De fait, nous avons toujours la désagréable sensation que la Rome Antique n’est qu’un « skin » pour habiller un gameplay efficace. Cet Anno aurait pu se dérouler au moyen-âge, au XVIIe siècle ou en Mésopotamie qu’il n’aurait pas changé d’un iota. On regrette aussi un milieu de partie un peu ronflant. Le moment entre celui où le joueur prend ses habitudes et celui où les choses se compliquent est un peu longuet. Enfin, l’aspect guerrier est clairement gadget et peu intéressant. Dommage. Fort heureusement, on peut le laisser de côté.

Mais le plus gros défaut d’Anno 117 est aussi son plus grand point fort : sa complexité. Une complexité telle qu’elle pourrait dérouter et fatiguer les joueurs non avertis. Une partie d’Anno, c’est une charge mentale de tous les instants, où l’on doit penser sans cesse aux dizaines de micro-problèmes qui se présentent à nous. C’est prenant, mais on ressort souvent épuisé d’une partie.

En résumé, cet Anno 117 est un très bon cru qui ravira aussi bien les adeptes de la saga que ceux qui cherchent un jeu de gestion plus complexe que la moyenne. Nous, nous avons adoré.
Anno 117 Pax Romana est disponible le 13 novembre 2025 sur PC, PS5 et Xbox Series.
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