Mise à jour : suite à la publication de cet article, un nouveau rebondissement est intervenu dans l’affaire de Jean-Daniel Taverney. Le facteur licencié après 42 ans de service a finalement été réembauché par La Poste Suisse. Il a repris du service en août au Centre de tri de Daillens, au service des colis endommagés. Le principal intéressé est toutefois tenu au silence par un accord de confidentialité, de même que le syndicat Syndicom, qui assurait sa défense, et l’employeur. Cette réintégration annule le projet de procédure devant le Tribunal de prud’hommes. Selon les termes de l’accord entre les parties, « une solution a pu être trouvée au sein même de La Poste grâce à un poste vacant ». L’employeur maintient toutefois que « les décisions prises à l’époque par La Poste en matière de droit du travail étaient correctes et fondées sur des motifs objectifs ».
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Licencié à 60 ans et après 42 ans de métier. C’est ce qui est arrivé à Jean-Daniel Taverney qui a passé toute sa carrière à se dévouer à sa mission de service public. Cela n’a pas ému son employeur, qui a décidé de le limoger en février dernier.
Le média 24 heures se fait l’écho de ce facteur, salarié de La Poste Suisse : « On me reprochait de monter dans les étages pour y apporter les colis. Pour mon employeur, c’était une perte de temps. Mais je ne me suis pas conformé aux consignes. Pour moi, les premiers perdants de l’attitude de La Poste se trouvent du côté de la clientèle ».
De fait, selon les consignes adressées aux postiers, qu’ont pu consulter nos confrères, il est prévu que « la présence d’un digicode ou d’une fermeture à clé de l’entrée principale implique le dépôt de colis dans le hall principal, près des boîtes aux lettres ». Mais, selon lui, de nombreux vols étaient signalés et, par acquis de conscience et dans l’intérêt des clients, il préférait monter à l’étage. Il signale aussi que, pendant longtemps, c’était au facteur de choisir ce qu’il devait faire.
La Poste se défend
Dans le courrier qui accompagne le licenciement, l’employeur détaille ses griefs : « Nous vous avons adressé un avertissement, puis un ultime avertissement, en raison du non-respect du processus X/Y et à l’expression répétée de votre désaccord de manière non constructive. »
En attendant, son licenciement passe très mal. Virginie Zürcher, syndicaliste à Syndicom depuis 2020 et coresponsable de la région Suisse romande depuis juin 2025, commente à cet égard :
Le renvoi de Jean-Daniel Taverney est un symbole du climat qui règne dans l’entreprise. Une partie des employés, surtout les anciens, subissent une perte du sens de leur travail en tant que service public. Et on ne peut que le déplorer.
De son côté, la direction de La Poste Suisse rejette l’idée que le licenciement soit lié à l’engagement syndical de l’employé. Elle défend aussi son processus décrié : « Il permet d’assurer un service fiable et prévisible pour la clientèle, tout en tenant compte de l’évolution des volumes (le nombre de lettres pourrait diminuer de 34 à 39 % d’ici 2030, Ndlr). Il ne consiste pas à « sauter » de manière arbitraire des adresses, mais repose sur des règles définies de distribution selon le type d’envoi. »
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