C’est une histoire assez improbable qui s’est jouée ce vendredi en Argentine. Le président Javier Milei a fermement soutenu une nouvelle cryptomonnaie avant de faire machine arrière lorsque son cours s’est effondré. Il risque désormais la destitution.
Une initiative étonnante
Tout a commencé lorsque l’homme politique d’extrême droite a publié un tweet soutenant le jeton $LIBRA. Enthousiaste, le dirigeant a vanté un « projet privé dédié à encourager la croissance de l’économie argentine » et promis qu’il « financerait les petites entreprises et les entreprises argentines ».
Il n’en fallait pas plus déclencher un engouement majeur sur le marché. En moins d’une heure, $LIBRA s’envolait de près de 2000 % et atteignait une capitalisation de 4,5 milliards de dollars. Comme souvent en pareil cas, le cours de la crypto s’est très vite effondré et il a quasiment perdu tout ce qu’il avait gagné.
Plus tard, une analyse de BubbleMaps a averti que 82 % de cette crypto était détenu par un seul groupe, qui a très vite revendu pour encaisser un bénéfice, plumant au passage les partisans du président qui pensaient faire une bonne affaire.
Alors que ce projet sent désormais le souffre, Javier Milei a décidé de s’en distancier. Il a supprimé sa publication sur X (Twitter) :
Il y a quelques heures, j’ai publié un tweet, comme tant d’autres fois, en soutien à une prétendue entreprise privée à laquelle je n’ai évidemment aucun lien. Je n’étais pas au courant des détails du projet et, après réflexion, j’ai décidé de ne pas continuer à le diffuser (c’est pourquoi j’ai supprimé le tweet).
Un rétropédalage en règle, suivi d’insultes classiques pour ses opposants : « Aux sales rats de la caste politique qui veulent profiter de cette situation pour faire du mal, je veux dire que, chaque jour, ils confirment à quel point les politiciens sont bas et renforcent notre conviction de leur botter le c… ».
Malgré ce recul, il n’est pas certain que le président argentin s’en tire à si bon compte. L’opposition a en effet annoncé son intention d’engager une procédure de destitution. Cité par l’agence Reuters, Leandro Santoro, membre de l’Unión por la Patria, un parti de centre-gauche, annonce ainsi :
Ce scandale, qui nous embarrasse à l’échelle internationale, nous oblige à lancer une demande de destitution contre le président.
Une procédure qui a toutefois peu de chances d’aboutir, car il faudrait obtenir les deux tiers des votes au Sénat.
La crypto de Donald Trump fait polémique
Pour rappel, Donald Trump, un des alliés politiques de Javier Milei, a de son côté lancé sa propre cryptomonnaie peu avant le début de son mandat. Une initiative qui a beaucoup fait réagir et suscité des critiques assez virulentes, y compris de la part de membres de cette industrie. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à relire notre précédent article ici.
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